T. Lepaon – « Aux salariés de dire comment ils veulent vivre et travailler »

Lepaon-salaries
Dans l’Humanité Dimanche.  Après la prestation sur TF1 d’un François Hollande gardant obstinément le cap à droite, le secrétaire général de la CGT réaffirme celui de son organisation : un syndicalisme de lutte et de transformation sociale pour que les travailleurs reprennent la main sur leur vie et inventent un nouvel âge de la démocratie dans les entreprises. Il invite tout le monde du travail à participer aux mobilisations annoncées.

«La semaine dernière, le président de la République a encore une fois démontré son incapacité à fixer des perspectives, à changer de cap, alors que la situation économique et sociale atteint un seuil critique et périlleux pour le “vivre ensemble”, les fondements des valeurs de la République. Le pays n’a besoin ni de boîte à outils, ni d’un processus de simplification qui s’apparente davantage à une déréglementation organisée, ni de “facilitateurs” pour entreprises. Pour retrouver confiance et espoir, le monde du travail est en attente de courage politique et d’audace. Les salariés ont besoin de voir reconnues leurs capacités, de pouvoir s’exprimer, de bien travailler et d’agir !

Tout se passe comme si l’intérêt à court terme des possédants devait l’emporter, quoi qu’il arrive, sur celui des travailleurs, sur celui du pays.

Quand une politique ne marche pas, il faut en changer, ici comme en Europe. Il faut en terminer avec cet assistanat patronal institutionnalisé sans contreparties, financé par notre travail, nos impôts, nos cotisations sociales. C’est ce que dénonce la CGT dans sa campagne contre le coût du capital. La prétention de la CGT, c’est de faire en sorte que les travailleurs se mêlent de leurs affaires et que la France renoue avec les principes fondateurs de notre modèle social, la recherche de l’intérêt général et la justice sociale. Réhabiliter le travail, c’est le reconnaître comme moyen d’épanouissement et d’émancipation. C’est aussi le revaloriser en augmentant les salaires, en créant des emplois. C’est également en finir avec le mal-travail, concourir au financement de la Sécurité sociale par une politique de prévention, d’éducation et de promotion sociale.

Lepaon-salaries-1

« NOUS APPELONS À MANIFESTER LE 18 NOVEMBRE POUR LA FONCTION PUBLIQUE ET LE 6 DÉCEMBRE POUR L’EMPLOI. »

Contribuer à un développement humain durable, faire du neuf, impose prioritairement de lutter contre les inégalités sociales et de santé, de rechercher en permanence le progrès social pour toutes et tous. Cela passe par l’intervention des salariés eux-mêmes pour dire comment ils veulent vivre et travailler.

En établissant les liens entre les enjeux du travail, de la santé et des solidarités tout au long de la vie, s’affirme la pertinence de la reconquête de la Sécurité sociale et, dans son prolongement, de la construction d’une sécurité sociale professionnelle. Cette avancée, que la CGT propose depuis des années, ouvrirait la perspective de garanties collectives et de droits nouveaux attachés à la personne. Ainsi, la CGT revendique un nouveau statut du travail salarié qui instaure de la liberté, de la démocratie, de la sécurité et de la solidarité dans les relations de travail.

Il est temps d’inventer un nouvel âge de la démocratie au travail fondée sur des droits nouveaux pour tous les salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise. L’exercice de la démocratie ne peut pas s’arrêter aux portes du travail. Le droit d’expression, celui de s’organiser, de se défendre et d’être représenté, doit être effectif pour chacune et chacun.

La CGT réaffirme sa détermination à se tourner vers les salariés, à rassembler le monde du travail pour promouvoir de véritables solutions de relance de l’économie.

Plus que jamais, nous appelons les salariés, les retraités et les privés d’emploi à s’investir dans les mobilisations à venir : le 18 novembre dans la fonction publique et le 6 décembre pour l’emploi aux côtés des travailleurs précaires et privés d’emploi. La CGT appelle également les 5,2 millions d’électeurs des fonctions publiques à faire, le 4 décembre prochain, le choix du service public, le choix d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. Seule l’irruption du plus grand nombre sur le terrain social, dans l’unité la plus large, sera déterminante pour que ça change.

Photo : Bertrand Guay/AFP

Article tiré de l’Humanité  le 14 novembre 2014

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s