Benoît Hamon obtient le retrait de l’écologiste Jadot

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Après une dernière journée d’intenses tractations et réflexions autour d’un projet d’accord, le candidat écologiste annonce son retrait de la course à l’Elysée au profit de Benoît Hamon. Un vote doit entériner cet accord qui ravit le candidat socialiste, bien que Jadot ne soit crédité que de 2% des intentions de vote. 
« Il n’y aura pas d’alliance » expliquait fermement le candidat écologiste sitôt désigné. C’était avant la chasse aux parrainages et la difficulté à émerger dans une campagne faisant peu de place aux débats de fond. Un accord a été trouvé avec le candidat socialiste, annoncé au 20h de France 2.  Le candidat écologiste renonce à sa candidature, et soumet le texte définitif au vote des électeurs de la primaire écologiste. Selon Europe Écologie-Les Verts, ce vote, électronique, se tiendra sur 48 heures entre vendredi et dimanche.
La précédente consultation de ces quelque 17.000 électeurs avait donné lieu à une approbation massive (89,7%) de l’ouverture de discussions avec Benoît Hamon mais aussi avec le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
L’accord est d’abord programmatique, avec une sortie du nucléaire « en vingt-cinq ans » a dit Jadot -ça laisse du temps- mais aussi la fin du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes assure-t-il, en dépit du referendum intervenu. La proportionnelle ? « C’est dans l’accord », a encore assuré Yannick Jadot. Selon LCP, l’accord prévoit aussi que les 10 députés sortants EELV ne seront pas opposés à des candidats socialistes aux législatives.
Un tel accord était dans les tuyaux depuis l’élection de Benoit Hamon à la primaire du PS. « Trouver les conditions de l’incapacité d’un rassemblement aujourd’hui, c’est une forme d’irresponsabilité historique » avait de son côté lancé le vainqueur de la primaire écologiste sur France 5 il y a quatre jours,  rappelant que la gauche « européenne, sociale et écologiste » a désormais « la possibilité qu’on n’imaginait pas il y a quelques semaines de créer l’espérance et de gagner ».
David Cormand, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, ajoute un argument : « si la logique de la VIe République est mise en place très rapidement, comme on le veut tous, ça neutralise l’enjeu du nom qui est sur le bulletin à la présidentielle », visant implicitement Jean-Luc Mélenchon.
Nous avons eu des discussions intéressantes sur le fond avec EELV et un certain nombre de positions communes », répondait récemment Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche et soutien de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui assure avoir « mis en garde » EELV, sur la nécessité d’avoir un accord très précis avec le PS.
L’accord  demande encore à être validé par les militants d’EELV à partir d’aujourd’hui. Tous les militants ne seront pas sur cette ligne. Ainsi, les signataires de la motion interne L’imprévu, à l’aile gauche du parti et troisième au dernier congrès (16%) animée notamment par Mathieu Béchu Diaz, conseiller fédéral d’Alsace, Élise Lowy, membre du bureau exécutif de EELV et Chekra Kaabi, membre du bureau du Conseil fédéral, rappelle la défiance d’EELV à l’égard du Parti socialiste, et dénonce un « accord sans aucun rapport de forces afin de sauver quelques sièges de parlementaires. On ne peut pas ressasser sans cesse que l’on ne montera pas une nouvelle fois dans la soute du vieux car diesel du PS et y monter. C’est à se demander si aucune leçon du passé et de l’échec de 2012 ne semble avoir été tirée». Ils  disent « non à un accord à deux avec le PS sans la France insoumise ».
Crédité de 2 à 3% des intentions de vote, Yannick Jadot ne devrait pas encore, avec ces chiffres, permettre à Benoit Hamon de dépasser Emmanuel Macron, François Fillon ou Marine Le Pen dans les intentions de vote. Le ralliement suggère néanmoins une dynamique de rassemblement chez Benoit Hamon, au bénéfice plus politique qu’arithmétique. Il reporte sur Jean-Luc Mélenchon, qui talonne de très peu Hamon dans les sondages (13% selon Louis Harris, contre 14 pour le candidat PS dans ce même sondage), une responsabilité dans la recherche d’un rassemblement des forces de gauche. Or, le candidat de la France insoumise, qui liste sur son blog les raisons de considérer qu’à ses yeux «il est bien surréaliste de lire que j’ai « fermé la porte » (à Benoit Hamon NDLR) quand c’est exactement le contraire qui se produit », redit l’essentiel :  «ma lettre est sur la table. J’attends la réponse et le rendez-vous café qui va avec ». Pour l’heure, le café refroidit.
Photo de garde : AFP

Lionel Venturini
Article tiré de l’Humanité  le 23 février 2017

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