Macron ou « l’économie en marche arrière »

Les économistes atterrés analysent le programme de Macron. La seule différence avec Fillon : le rythme des réformes. Entretien avec Henri Sterdyniak.

Les économistes atterrés publient une note de décryptage sur le programme d’Emmanuel Macron. Entretien avec l’un des rédacteurs, Henri Sterdyniak.

Votre analyse générale de ce programme présenté comme « progressiste » ?

Ce n’est qu’un programme néo-libéral dans la ligne que réclame la classe dirigeante avec baisse des dépenses publiques et sociales, flexibilité, réduction d’impôts pour les entreprises et les plus riches. La seule différence avec celui de François Fillon est que les mesures seront prises plus progressivement.

Vous le dites aussi dans le fil de la politique de F. Hollande ?

Un Hollande qui très rapidement a choisi de considérer qu’il fallait céder au Medef en espérant qu’il accepte un jour d’investir en France. Il y a eu le pacte de responsabilité, le CICE, la loi Travail…

Vous pointez le « fédéralisme tutélaire » voulu avec l’Europe ?

La grande idée des classes dirigeantes est de s’appuyer sur l’Europe pour imposer des réformes structurelles. Mais comme l’Allemagne ne va pas bouger, l’harmonisation fiscale sera la suppression de l’ISF et celle sociale passera par une destruction du droit du travail. C’est la même histoire que sous Hollande : il n’y a pas d’autre choix que de réduire les déficits, la seule différence est que cela se joue désormais entre un patronat version Fillon et un patronat allié aux classes moyennes modernistes. Mais les classes populaires en seront les grandes victimes.

Votre analyse du programme de la France insoumise, n’est-il pas différent ?

Totalement différent. Mais la France isolée aura du mal. Car sortir des normes européennes suppose d’être prêt à ouvrir une crise en Europe. Il faudra ensuite réussir la relance avec un pacte productif qui nécessite que le patronat joue le jeu. Or le risque est que ce patronat chauffé à blanc par le Medef entre dans une stratégie d’obstruction. Pour y parvenir, cela demande un rapport de force qui ne me semble pas là. Ceci dit, je préfère un programme qui commence par dire qu’il faut produire en France et explique comment le faire , qui prône une relance de la production par la planification écologique et un système bancaire rénové…

Photo archives LM
Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise . le 10 mars 2017

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