Marseille – Remue-méninges sur la 6e République

Le mouvement citoyen France Insoumise poursuit sa campagne. En vue, la marche du 18 mars à Paris. Abolir la monarchie présidentielle débute par « la maternelle de la démocratie », soit re-crédibiliser la parole politique. Il y avait débat à Marseille.

La marche nationale pour une 6e République aura lieu le 18 mars à la Bastille à Paris. La France Insoumise (FI) veut en effet « abolir la monarchie présidentielle » et « amener dans cette discussion, et cette bataille, des personnes qui sont aujourd’hui loin de la politique ». Gagner l’élection passe par l’obtention d’une majorité. Raquel Garrido, avocate au barreau de Paris, garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle, était à Marseille samedi dans le cadre d’un week-end d’actions intitulé « Imaginons la Constituante ».

Projection du documentaire primé Merci patron ! de François Ruffin, suivie de son intervention à la cérémonie des César, puis ateliers de fabrique de la démocratie au théâtre Mazenod. Les 200 citoyens attendaient sagement (3/4 d’heure de retard) la prise de parole. Il n’en fut rien. La France Insoumise casse les codes. La salle est alors divisée en deux pour former des groupes thématiques dont le droit de préemption des salariés dans une entreprise pour fonder une Scop, la révocation des élus entre les élections, le droit de vote à 16 ans, ou encore, faut-il comptabiliser les votes blancs ? Interrogée en marge des ateliers, Raquel Garrido explique le principe : « Les citoyens sont tous aptes à délibérer et à produire ces libertés, ces grands droits qui doivent régir notre vivre ensemble. »

On fabrique de la délibération

L’objectif visé est clair. « Dans ce type d’ateliers un déclic se produit. Sur un sujet où les personnes ne se sentaient pas légitimes, en réalité elles s’expriment. On y fabrique de la délibération, de l’avenir en commun, quelque chose de positif, d’enthousiasmant et très concret. Pour nous, c’est à la fois une méthode de campagne pour gagner l’élection et une tâche historique qui nous incombe, car on ne peut plus faire de la politique dignement dans le cadre de la 5e République. »

Le groupe qui planchait sur le vote blanc a tranché : « Oui, nous avons trouvé une solution. Si les suffrages blancs atteignent 30% on annule les élections. » A côté, il s’agit du droit de vote à 16 ans : « Comment on pourrait évaluer les critères de compétences pour voter ? », questionne dubitative une jeune femme. « Invariablement, les politiques ne mettent rien dans leur programme pour les jeunes. Si on le met à 16 ans ça les obligera », dit un participant. « Car ça représentera un nouveau champ électoral », réplique son voisin.

Raquel Garrido ne se présente pas aux législatives mais à la Constituante après le référendum si JLM 2017 advient. Fini le système uninominal à deux tours, place à des listes paritaires propositionnelles avec bulletins. Les personnes ne voulant pas choisir pourront voter par « tirage au sort » et cette proportion de votes, issue des urnes débouchera sur une organisation basée sur le principe des jurés d’Assises. Cette rupture assumée, la France Insoumise la puise dans son rejet de « la culture de l’impunité des hommes et femmes en politique qui rejaillit sur toute la classe politique ». Une impunité « systémique  qui produit du dégoût » et de l’abstention. Donc commencer par « le b.a ba, la maternelle de la démocratie et re-crédibiliser la parole politique ».

« Qui est le souverain ? Le peuple. Mais il ne l’est pas car en France la 5e République ne permet pas à la souveraineté d’émaner de la société elle-même. » Ainsi une partie du peuple est « véritablement expulsée de la démocratie », souligne l’avocate. « Les pauvres, les chômeurs, ceux qui gagnent le moins, les moins diplômés. Notre travail à nous c’est de les ramener dans la politique et, ce faisant, avoir l’espoir de générer une majorité qui combatte et gagne contre les tenants du nationalisme ethnique et contre ceux du capitalisme ultra-libéral. »

Quant aux relations avec les partis de l’ex-Front de gauche pour les législatives, la FI cherche « des espaces plus larges, plus inclusifs qui nous permettent de toucher plus de monde », réfutant par exemple la systématique « prime au sortant ». « Et là, on touche du doigt les problèmes de la FI avec les partis. Tous ont un réflexe un peu classique de défense de leurs intérêts « partidaires », ce qui est bien normal. »

Photo NF
Nathalie Fredon
Article tiré de la Marseillaise . le 13 mars 2017

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