Débat présidentiel 2017 – Notre grand récit pour revivre et décrypter les moments forts de l’émission

A cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les cinq candidats favoris dans les sondages se sont affrontés trois heures durant, lundi 20 mars, sur le plateau de TF1. Passes d’armes, idées fortes, moments clés, intox : voici ce qu’il fallait retenir du premier grand débat de la campagne.

Quel président serez-vous ?

FRANÇOIS FILLON

« Je voudrais être le président (…) qui libérera les Français de la bureaucratie, des réglementations, et qui les bloquent dans leur vie. Je serai le président qui placera la France sur un chemin qui la (…) protégera contre désordres et violences intérieures et extérieures. (…) J’ai un projet, préparé de longue date avec des milliers de Français, que je mettrai en œuvre avec une majorité cohérente et stable que je suis le seul à pouvoir avoir. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Je serai le dernier président de la Ve République car, sitôt élu, je convoquerai une assemblée constituante et elle redéfinira les règles – ce sera la fin de la monarchie présidentielle. (…) Je serai le président écologiste dont on a besoin pour relever le défi climatique de notre époque (…), le président social qui se donne pour but d’éradiquer la misère (…), le président d’une France insoumise en France, en Europe, dans le monde et, enfin, je serai le président de la paix. »

EMMANUEL MACRON

« J’ai été ministre : je me suis senti utile, j’ai vu ce qui bloquait mon pays, des règles hors d’âges dépassées. J’ai quitté le gouvernement, la fonction publique, pour dépasser un clivage ancien. (…) Notre pays est aujourd’hui face à une menace, face à des transformations radicales (…), face à des doutes. Ceux qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes d’hier n’y arriveront pas demain. Je porte un projet qui a confiance dans le pays, son énergie. »

MARINE LE PEN

« Je ne souhaite pas être la vice-chancelière de madame Merkel. (…) L’indépendance nationale, c’est le droit de décider pour soi-même, de défendre ses valeurs et ses traditions et de se réarmer contre la concurrence internationale déloyale. (…) Il est urgent de remettre en place de l’intégrité nationale, de lutter contre filière les fondamentalistes qui pullulent (…) et de lutter contre le communautarisme qui entraîne un recul du droit des femmes dans la République. »

BENOÎT HAMON

« Quel peuple voulons-nous être le 7 mai au soir ? Belliqueux ou fraternel, soucieux du monde que nous laisserons ou obsédé par les profits de court terme, ou autoritaires ? Quel message voulons nous adresser au monde : la paix et la coopération ou la concurrence et le nationalisme ? (…) Je serai un président honnête et juste : cela suppose d’être libre et indépendant par rapport à l’argent et aux lobbies. Cela suppose d’assumer les grandes révolutions. (…) Je tournerai la page des vieilles promesses épuisées, et je vous proposerai un futur désirable. »

Changer les programmes ou augmenter les moyens humains ?

FRANÇOIS FILLON

Il souhaite une école « qui enseigne les fondamentaux » et consacre « 75 % du temps à l’apprentissage des fondamentaux ».

MARINE LE PEN

Elle renchérit en prônant « 100 % » du temps consacré aux fondamentaux, dont 50 % à l’apprentissage du français, et dit vouloir supprimer l’apprentissage des langues d’origines.

JEAN-LUC MÉLENCHON

Il estime que c’est inutile, car « tout le monde parle français à l’école, et comment on apprend le français sinon en le pratiquant ? »

BENOÎT HAMON

Il veut concentrer les moyens nouveaux sur les classes de CP, CE1 et CE2 (notamment en zones prioritaires), car « c’est là où se joue l’apprentissage des fondamentaux ».

EMMANUEL MACRON

Il propose lui aussi de concentrer les efforts dans les ZEP, en assurant que 20 % des élèves arrivent en CM2 sans savoir lire, écrire ou compter correctement.

Pourquoi c’est inexact
Le chiffre de 20 % correspond non pas aux élèves incapables de lire, mais à ceux qui ne peuvent pas « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles (implicites), repérer les effets de choix formels ».

Que faire pour renforcer les forces de l’ordre et la justice ?

MARINE LE PEN

« La police à besoin d’être réarmée en effectifs et en matériel, mais aussi psychologiquement. L’intégralité de la chaîne pénale doit suivre, il faut créer 40 000 places de prison. »

FRANÇOIS FILLON

« On ne pourra créer des postes sans limites (à cause de l’endettement). Je propose qu’on supprime les tâches administratives : ça permettrait de mettre 5 000 policiers sur le terrain. Je propose que la police municipale de terrain soit armée. Personne n’a construit 40 000 places de prison en 5 ans compte tenu des contraintes : j’en propose 16 000. »

BENOÎT HAMON

« Je commencerai par rétablir la police de proximité en créant 5 000 postes de gendarmes et de policier. Je veux qu’il y ait une forme de surrémunération dans ces territoires où il est plus difficile d’exercer son métier. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« En l’espace de 10 ans, nous avons voté 15 lois sécuritaires et personne n’a fait le bilan (…) Il faut en finir avec cette logique d’affrontement, d’escalade, il faut en revenir à une logique de gardien de la paix, c’est à dire de refus des méthodes qui pourrissent la vie quotidienne, comme le contrôle au faciès. »

EMMANUEL MACRON

« Il faut créer une police quotidienne car on a besoin de créer un rapport d’autorité. Maintien de la paix, mais aussi d’autres formes d’intervention, comme un pouvoir d’amende immédiat (par les forces de l’ordre) face aux petites infractions qui viennent engorger la justice dans procédures longues. (…) Il faut aussi que toutes les peines prononcées soient exécutées. »

Il y a en France une situation « d’explosion de l’insécurité ». Marine Le Pen

Pourquoi c’est exagéré
La candidate du FN semble passer un peu vite du sentiment d’insécurité qui reste élevé (notamment du fait des attentats successifs depuis janvier 2015) à une « explosion » des statistiques pour le moins contestable. Selon les grands indicateurs disponibles, il est difficile de parler « d’explosion ».

Faut-il abaisser la majorité pénale à 16 ans ?

FRANCOIS FILLON : OUI

BENOIT HAMON : NON

MARINE LE PEN : NON

EMMANUEL MACRON : NON

JEAN-LUC MÉLENCHON : NON

Faut-il ouvrir ou fermer les frontières ?

BENOÎT HAMON

« Nous n’avons pas été à la hauteur (…) de l’hospitalité que nous devions à l’égard des réfugiés. C’est pour cela que je veux (…) un visa humanitaire pour éviter les drames en Méditerranée (et) permettre aux demandeurs d’asile de travailler. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Vous pouvez inventer des quotas, des tickets… Mais vous les jetez à la mer? Vous les frappez ? Ce n’est pas sérieux. (…) Les gens ne partent pas de leur pays par plaisir : l’immigration est un exil forcé. (…) Si nous étions dans leurs conditions, nous partirions nous aussi. »

EMMANUEL MACRON

« Un migrant a fui un régime et s’est mis en danger, il s’est battu pour la vie de ses proches. En vertu de nos principes, nous nous devons d’en accueillir. »

FRANÇOIS FILLON

« J’ai un désaccord profond avec Emmanuel Macron qui, à Berlin, a félicité Angela Merkel pour la politique qu’elle a conduite (…). Il y a une partie de ces hommes et femmes qui fuyaient la guerre en Syrie, mais l’immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde. »

Pourquoi c’est faux
En 2015, plus de la moitié des demandeurs d’asile dans l’Union européenne venaient de trois pays en guerre : Syrie (29,9 %), Afghanistan (14,2 %) et Irak (9,7 %).

MARINE LE PEN

« Je veux arrêter l’immigration légale et illégale, avec un solde de 10 000 personnes pour l’immigration légale. (…) Il faut couper toutes les pompes aspirantes de l’immigration. »

Pourquoi c’est compliqué
Nos confrères de Libération ont déjà montré la proposition de Marine Le Pen de ramener le solde migratoire annuel à 10 000 personnes par an était quasiment impossible à mettre en oeuvre. Cela supposerait notamment d’empêcher les étrangers mariés avec des Français(es) de venir en France (38 000 en 2013)… une idée radicale que la candidate du FN se refuse à reprendre à son compte.

– Vous croyez que les migrants discutent (des allocations sociales) avant de partir ?
– Mais évidemment ! Ils gagnent en France cinq fois plus que ce qu’ils gagnent chez eux en travaillant. ”Marine Le Pen répond à Jean-Luc Mélenchon

La laïcité – Faut-il changer la loi ?

EMMANUEL MACRON

« La laïcité est un bouclier et en aucun cas une arme qui pointe du doigt. (…) Le burkini est un problème de trouble à l’ordre public, sous le contrôle de juges administratifs. mais pas un problème de théorie. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« La laïcité n’a pas besoin qu’on en rajoute. (…) Encore faudrait-il qu’elle ne serve pas de prétexte pour s’en prendre à une religion (…) car on a le droit d’être musulman en France tant qu’on n’empiète pas sur les règles et la liberté des autres. »

BENOÎT HAMON

« Je suis pour la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905 (…) Une femme s’habille comme elle le veut et ne devrait se voir imposer sa tenue au motif qu’elle serait indécente, comme celle qui porte un foulard doit être protégée elle aussi. »

MARINE LE PEN

« Il faut lutter contre le communautarisme (…), la pression de ces revendications vestimentaires et alimentaires incessantes. Je veux une règle qui s’applique s’applique à tout l’espace public, dans le code du travail (…). Le voile est un acte de soumission de la femme. »

FRANÇOIS FILLON

« On a connu cette situation avec les autres religions : la religion a mis des siècles à accepter les règles de la République. (…) Les musulmans eux-mêmes doivent se révolter contre la montée de l’intégrisme et aider à [en] extirper leur religion. Cela suppose une forme de contrôle administratif : contrôle des prêches des imams, pas de financement de l’étranger du culte musulman, dissolution des mouvements qui combattent la République. »

Faut-il garder ou enterrer la VRépublique ?

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Une démocratie fonctionne s’il y a consentement à l’autorité. Les Français n’y consentent plus. (…) Notre peuple peut se refonder en refondant sa Constitution car une Constitution, ce ne sont pas juste des mesures techniques et institutionnelles, mais une façon d’écrire la société dans laquelle on veut vivre. (…)
Nous avons besoin de rafraîchir les règles et les normes sur lesquelles nous nous appuyons [dont] la règle verte : on ne prendra pas à la nature plus ce qu’elle ne peut reconstituer. (…) L’association Anticor a préparé des mesures de moralisation : je les appliquerai toutes. »

BENOÎT HAMON

« Nous vivons dans démocratie intermittente : nous votons, disparaissons et réapparaissons cinq ans plus tard. (…) Je suis favorable à un 49.3 citoyen, (…) au vote blanc, à une assemblée parlementaire construite sur des bases proportionnelles. (…)
La démocratie c’est aussi la moralisation de la démocratie : je tiens à ce que, sur ce terrain-là, nous soyons intransigeant sur influence lobbies et argent. (…) Cette campagne a été polluée par l’argent, nous en souffrons aujourd’hui pour la qualité du débat que nous avons eu. »

EMMANUEL MACRON

« Nous sommes dans une entreprise de vrai renouvellement démocratique, avec des hommes et femmes de la société civile et de la vie politique. (…) Quand on a 32 000 donateurs, on ne dépend de personne. (…) Je prends l’engagement de n’être tenu par personne. Le financement est transparent. (…) Il faut supprimer les conflits d’intérêts en s’assurant qu’un parlementaire qui ait des fonctions de conseil ou soit rémunéré par des intérêts. »

FRANÇOIS FILLON

« La Ve République (…) a une forme de stabilité qui (…) n’est pas inutile dans un monde aussi dangereux que le nôtre. (…) Le président de la République ne doit pas tout faire, il ne doit pas remplacer à la fois le premier ministre et les ministres car c’est ce qui se passe depuis plusieurs années et cela fausse le fonctionnement de la Ve depuis plusieurs années. (…)
Il faut moderniser la Ve République avec la plus grande prudence. (…) Je confierai [à une commission] le soin de faire des propositions la transparence et la moralisation de la vie politique. »

MARINE LE PEN

« J’aime bien la Ve République, je trouve qu’elle marche bien, mais la Constitution doit être révisée : priorité nationale, élargissement du référendum, proportionnelle à toutes les élections, baisse du nombre de sénateurs et députés (…). Je crois à la révolution de la proximité qui permettra la démocratie du contrôle pour les Français. (…)
Ce qui me choque, c’est le pantouflage : on est formé dans les grandes écoles de la République pour devenir fonctionnaire, on devient banquier puis on redevient politique. »

Faut-il élire les députés à la proportionnelle ?

FRANÇOIS FILLON : NON

BENOIT HAMON : OUI

MARINE LE PEN : OUI

EMMANUEL MACRON : Une dose

JEAN-LUC MÉLENCHON : OUI

« J’ai admiré vos pudeurs de gazelle : quand vous dites que la campagne a été polluée par les affaires de certains d’entre vous, il n’y a que deux personnes concernées. Les trois autres, nous n’avons rien à voir avec tout ça. » Jean-Luc Mélenchon, en référence aux affaires de François Fillon et de Marine Le Pen.

Faut-il abandonner rapidement le nucléaire ?

BENOÎT HAMON

« Je souhaite que nous fermions les nucléaires en fin de vie (…) Il faut d’abord investir dans les énergies renouvelables, ce qui nous offrira souveraineté, indépendance et davantage de sécurité. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« On n’a jamais dit qu’on allait appuyer sur un bouton et arrêter le nucléaire : ce qui est irrationnel est de croire que ça va continuer comme ça sans problème. (…) 18 réacteurs atteignent les 40 ans dans le mandat et il faut 100 milliards pour les recaréner : je préfère prendre 50 sur cette somme pour énergies renouvelables. (…) Il faut tourner la page de l’agriculture chimique et passer à agriculture paysanne. »

Pourquoi c’est inexact
Le candidat s’est mélangé les pinceaux : les 100 milliards d’euros correspondent au coût estimé de la rénovation de l’ensemble des 58 réacteurs français en activité. Pour le carénage des 18 réacteurs qui dépasseront les 40 ans avant 2022, on arrive plutôt à 30 milliards…

EMMANUEL MACRON

« Le nucléaire est la production d’énergie la plus décarbonée. Il faut réduire notre dépendance au nucléaire mais le faire d’une manière économiquement sensée. (…) La pollution de l’air est un problème de santé publique : je propose de rapprocher les fiscalités du diesel et de l’essence et (…) engager un investissement massif pour la rénovation énergétique des logements. »

FRANÇOIS FILLON

« On a une énergie nucléaire moderne, sûre : il faut continuer à la moderniser et que ces réacteurs construits avec l’argent des français continuent de produire de l’énergie et de la sécurité. (…) Il faut développer une filière française d’énergies renouvelables (…) et mettre en place très vite un prix de la tonne de carbone à 30 euros pour forcer à décarboner notre économie sans tarder. »

MARINE LE PEN

« On parle d’écologie mais le modèle économique de la France, c’est le modèle du libre-échange intégral : il n’y a pas plus anti-écologique. (…) Je suis pour les circuits-courts, produire au plus près, consommer des produits de l’agriculture française. (…) On importe des produits dont on ne sait pas comment fabriqués et ne respectent pas les normes qui pèsent sur nos agriculteurs. (…) Il y a un vrai problème de santé publique dans cette absence de contrôle. »

Comment relancer l’économie et faire baisser le chômage ?

FRANÇOIS FILLON

« Pourquoi tout le monde doit travailler 35 heures ? il y a pleins d’entreprises où des salariés voudraient travailler plus (…). Ce sera un sujet de négociation sociale et une manière d’augmenter le volume d’heures travaillées, qui est en France le plus bas par rapport aux grandes économies mondiales. (…)

Pourquoi c’est contestable
Cet argument n’est valable pour pour les temps complets. En intégrant les temps partiels et les indépendants, les Français n’arrivent qu’en 10e position (sur 28) du classement européen du temps de travail.

Je veux baisser les charges sur les salaires »

EMMANUEL MACRON

« Je veux résolument aller plus loin que la loi El Khomri. (…) La loi fixe un cadre, des principes fondamentaux : il faut donner aux entreprises la possibilité d’avoir le temps de travail qu’elles veulent. (…) Je propose de baisser la fiscalité des entreprises, les cotisations sociales et salariales et l’impôt sur les sociétés. »

BENOÎT HAMON

« J’inciterai entreprises et branches à réduire temps de travail en contrepartie de baisses de cotisations sociales et patronales. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Comment crée-t-on de l’emploi ? En remplissant le carnet de commande. Pour remplir le carnet de commande (…) Il faut une politique de la demande, avec 100 milliards d’investissements dans l’économie du future. (…) Plus vous avez d’investissements et plus vous produisez avec moins de temps de travail. (…) Je ne suis pas d’accord pour un code de travail par entreprise : c’est pourquoi j’abrogerai la loi El Khomri. »

MARINE LE PEN

« On peut discuter temps de travail mais les responsables politiques cherchent à culpabiliser les Français : ils ne travaillent pas assez, les chômeurs ne cherchent pas assez, et puis après tout le trou de la sécu c’est de la faute des malades… (…) Il faut revenir à un Etat stratège, il faut un patriotisme économique. L’Etat doit avantager les entreprises françaises dans la commande publique. »

« Je ne propose pas de supprimer 35 heures dans la loi. Si le problème fondamental de l’économie française est là, j’ose espérer qu’en temps que premier ministre vous l’auriez vu. » Emmanuel Macron à François Fillon.

Le temps de travail hebdomadaire

FRANÇOIS FILLON : L’augmenter

EMMANUEL MACRON : L’augmenter au cas par cas

MARINE LE PEN : Le maintenir

BENOIT HAMON : Le baisser

JEAN-LUC MÉLENCHON : Le baisser

« Je ne voulais pas intervenir dans ce débat d’ultralibéraux pour savoir qui aura la plus violente solution. Je parle d’Emmanuel Macron et de François Fillon. Chacun propose une loi El Khomri puissance mille. » Marine Le Pen

Comment améliorer la situation financière des Français ?

FRANÇOIS FILLON

« Sur le smic, je veux mettre en place un forfait pour que les salariés aient une vraie augmentation de pouvoir d’achat. Je veux augmenter le plafond du quotient familial car c’est aussi une mesure de pouvoir d’achat, qui encourage la famille. »

BENOÎT HAMON

« Le revenu universel, dans la forme que je propose, permettra d’augmenter de 200 euros le smic net sans toucher au smic brut pour une personne vivant au smic. »

EMMANUEL MACRON

« Je suis pour le salaire décent ; je ne fais pas partie des gens qui proposent de baisser le salaire, je suis pour que heures supplémentaires puissent être rémunérées. »

MARINE LE PEN

« J’augmenterai de 20 % le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, car il n’est pas possible de les laisser vivre de cette manière. Je mets en place une prime de pouvoir d’achat, que je finance par une contribution sociale à l’importation de 3 %. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Avec 14 tranches (d’imposition), toute personne qui gagne moins de 4 000 euros paiera moins d’impôts qu’avec le système actuel. (…) Je ne veux plus une seule allocation chômage ou retraite inférieure au seuil de pauvreté (…) Je souhaite la cantine gratuite. »

Le revenu universel

BENOIT HAMON : OUI
EMMANUEL MACRON : Bonne idée mais NON
JEAN-LUC MÉLENCHON : Bonne idée mais NON
FRANÇOIS FILLON : NON
MARINE LE PEN : NON

« Soyez bons joueurs ! » Marine Le Pen, taclée par ses adversaires lorsqu’elle vante les bienfaits économiques du Brexit… qui n’a pas encore eu lieu.

Rapprocher ou repousser l’âge de départ à la retraite ?

BENOÎT HAMON

« Je propose que justice soit faite à ceux qui ont eu un métier pénible, qui auront une espérance de vie plus courte et qui doivent partir plus tôt car ils en profiteront moins que les autres. On renforcera le compte pénibilité pour accélérer le départ à la retraite pour ceux qui ont eu un métier pénible et la possibilité de transférer les trimestres. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« On revient à la retraite à 60 ans et aux 40 annuités. Comment ça se paie ? Il suffit que les femmes soient payées comme les hommes et à partir de là les cotisations sociales équilibreraient le régime. »

MARINE LE PEN

« Avant de demander aux Français de faire des efforts, il faudra que je sois convaincue qu’on ne peut pas faire d’économies ailleurs. »

FRANÇOIS FILLON

« On continue l’évolution jusqu’à 65 ans au rythme – ce qui nous mettra exactement au niveau de nos voisins. Grâce à ça, on sécurisera le financement des retraites, sinon les pensions baissent. (…) Ensuite on pourra les augmenter. »

EMMANUEL MACRON

« Je ne propose pas une énième réforme, mais une réforme en profondeur comme dans les pays scandinaves. (…) Les actifs financent les retraites et un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tout le monde quelle que soit votre catégorie ou votre situation. Ensuite on prend en compte la pénibilité par secteur et par branche. »

Quelles priorités pour améliorer la santé des Français ?

BENOÎT HAMON

« Les maladies chroniques sont liées à nos modes de vie (…) Elles peuvent être évitées par des politiques environnementales qui s’attachent à ce qu’on interdise les perturbateurs endocriniens que l’on trouve dans produits de consommation courante. (…) Ce n’est pas par la coercition qu’on imposera l’installation de médecins dans les déserts médicaux, mais par l’incitation. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Le véritable échec (…), c’est que pour la première fois depuis longtemps, l’espérance de vie tout court (…) recule, car on travaille plus longtemps (…) et on est agressé par des facteurs nouveaux. (…) Il faut faire une sécu intégrale qui rembourse 100 % des dépenses de santé. Cela veut dire qu’on rapatrie dans la sécurité sociale les complémentaires. »

FRANÇOIS FILLON

« Il faut des médecins généralistes, et pour qu’il y en ait il faut les payer correctement. (…) Il faut laisser de la liberté aux médecins et donner de l’autonomie aux hôpitaux pour qu’ils s’adaptent afin de mettre en place un vrai maillage du territoire avec des structures pour les petites urgences et des maisons de santé dans les centres importants. »

EMMANUEL MACRON

« Je suis pour une plus grande autonomie des acteurs de santé et un décloisonnement entre médecine de ville et médecine hospitalière. Il y a un tiers des départements sans continuité dans les soins. La solution, c’est des maisons de santé qui assurent cela avec un personnel mieux rémunéré. »

MARINE LE PEN

« Je veux préserver la sécurité sociale, que François Fillon voulait privatiser. (…) Il y a plein d’économies à faire dans le domaine de la santé, comme par exemple les médicaments à l’unité. »

« Je souhaite que soit inscrit dans la loi un droit à l’euthanasie (…). Il me semble qu’aujourd’hui les Français aspirent à choisir librement quand sont atteints d’une maladie incurable le moment où quittent la vie. » Benoît Hamon, appuyé par Jean-Luc Mélenchon

La France doit-elle continuer ses interventions militaires ?

BENOÎT HAMON

« Toute intervention militaire de la France doit se faire dans le cadre des Nations unies. Avec l’élection de Trump et les prétentions de la Russie, l’Europe doit prendre le relais de l’Amérique et la France doit porter à 2 % du PIB la dépense militaire. »

MARINE LE PEN

« Je ne veux pas forcer nos soldats à aller faire des guerres que l’on n’a pas décidées. Les militaires sont dans la désespérance, l’armée est à l’os, l’effort doit être immédiat et le budget porté à 3 % à la fin du quinquennat. »

FRANÇOIS FILLON

« C’est juste impossible ! Les milliards de dépenses s’accumulent depuis le début de l’émission. »

MARINE LE PEN

« On donne 9 milliards d’euros par an à l’UE ! »

C’est vrai
D’un point de vue strictement financier, la France a versé 22,6 milliards d’euros au budget européen en 2015, et reçu 14 milliards d’euros, principalement au titre de la politique agricole commune (PAC).

JEAN-LUC MÉLENCHON

« L’Europe de la défense, c’est l’Europe de la guerre, je veux être le président de la paix et faire une conférence de sécurité de l’Atlantique à l’Oural. Il faut qu’on rediscute de toutes les frontières issues de l’ancienne Union soviétique. Rien ne sert de se montrer armé jusqu’aux dents contre la Russie, mieux vaut discuter. »

FRANÇOIS FILLON

« Nous mêmes nous avons modifié des frontières, le Kosovo par exemple.

Pourquoi c’est plus compliqué
François Fillon compare l’annexion de la Crimée par la Russie avec l’indépendance du Kosovo intervenue en 2008 après une guerre féroce avec la Serbie, qui a conduit à une intervention militaire internationale. Cette indépendance divise la communauté internatIonale. La Cour internationale de justice (CIJ) a estimé en 2010que « l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel ».
Parce que nous sommes des occidentaux, nous pensons que nous pouvons tout faire, envahir l’Irak, régler l’ordre dans toute une partie du monde… Il faut moins engager les armées que ne l’a fait Hollande. La lutte de la France contre Daech est un échec, nous aurions dû la conduire avec la Russie et les partenaires du Proche-Orient. »

EMMANUEL MACRON

« Il y a eu un manque dans notre débat : on a peu parlé d’Europe et de finances publiques. Je suis le seul à me conformer à nos engagements européens. Je défends l’indépendance de la France loin de vos grands rêves. J’ai des désaccords avec certains sur l’interventionnisme. »

« Emmanuel Macron a un talent fou : il a parlé sept minutes sans avoir rien dit. Un peu de ceci, un peu de cela… Je trouve cela très inquiétant. » Marine Le Pen

Comment combattre la menace djihadiste ?

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Aujourd’hui, les actes terroristes sont pour l’essentiel le fait de l’islamisme politique, qui se bat pour l’accès aux ressources (gaz, pétrole), la religion est un prétexte. Face aux attentats, on doit tout faire pour rester grouper et châtier ceux qui collaborent avec l’ennemi comme l’entreprise Lafarge. »

BENOÎT HAMON

« Dire qu’en changeant de gouvernement il n’y aurait plus de terrorisme serait absurde. Arrêtons la lune de miel avec le Qatar ou les Emirats arabes unis. Il faut aussi augmenter l’aide au développement à 0,7 % du PIB pour aider les pays les plus pauvres, renforcer le renseignement territorial sur le territoire. Mais on ne répond pas par la déchéance de nationalité, on essaie des politiques d’éducation. »

MARINE LE PEN

« Il faut retrouver la maîtrise de nos frontières, interdire les organisations islamistes, expulser les étrangers fichés S, établir la déchéance de nationalité, lister les organisations ennemies de la France : Al-Nosra, Etat islamique Boko Haram… interdire les financements étrangers de l’islam. Tout n’a pas été fait contre le terrorisme islamiste. »

FRANÇOIS FILLON

« On est en présence un mouvement totalitaire en train de déstabiliser une grande partie du monde. L’Egypte n’a échappé à ce fondamentalisme qu’en mettant au pouvoir une forme de dictateur que le gouvernement français considère comme formidable. C’est une guerre de longue durée, pour la décennie qui vient. Notre sécurité passe par des instruments judiciaires : punir l’intelligence avec l’ennemi, retirer la nationalité française à ceux qui tournent leurs armes contre la France… »

EMMANUEL MACRON

« Il faut lutter contre le terrorisme en Syrie, en Irak avec la coalition et avec une solution diplomatique pour permettre la paix et une construction étatique, en emprisonnant ceux qui reviennent des théâtres armés, en renforçant le renseignement qui a été déstructuré, avec une meilleure coopération internationale et en utilisant les données numériques. »

« Conduire cette lutte (contre Daech) aux côtés du régime de Bachar Al-Assad, cela dit beaucoup sur le président que vous allez être ! » Benoît Hamon à François Fillon

Conclusion

FRANÇOIS FILLON

« L’enjeu de cette élection c’est l’alternance, un veritable changement de politique. Je suis le seul candidat qui peut la rendre possible. (…) J’ai pu commettre des erreurs, j’ai des défauts (qui n’en a pas ?) mais j’ai de l’expérience. »

BENOÎT HAMON

« Je vous propose un vote utile, un vote qui vous est utile, un vote utile à vos enfants, à vos petits enfants. Nous avons pris trop longtemps l’habitude de nous rendre aux urnes pour voter contre,pour voter par dépit, par déprime, par élimination. »

MARINE LE PEN

« La plupart des promesses faites ce soir ne pourront pas être mises en œuvre car l’Union européenne nous cadenasse. Il est temps de retrouver la protection de la nation. J’organiserai un référendum et respecterai votre décision. Je vous appelle à la liberté, à remettre la France en ordre. »

JEAN-LUC MÉLENCHON

« Le monde entre dans une saison des tempêtes, au sens propre – avec le changement climatique – et au sens figuré – avec la montée de guerres. Nous ne pouvons pas affronter cette situation pieds et poings liés par la chaine de l’argent. La cupidité doit céder la place à la vertu. »

EMMANUEL MACRON

« Je souhaite profondément réconcilier les vues car notre pays se divise bien souvent sur la peur (…). Notre pays a de l’énergie (…) Mon projet libère, en redonnant plus de marges de manœuvre à ceux qui veulent créer, entreprendre et prendre leur part de risque et qui en même temps protège, donne accès à la justice, au droit, à l’éducation, à la culture. »

Maxime Vaudano, Agathe Dahyot, Adrien Sénécat, Anne-Aël Durand et Alexandre Pouchard
Article tiré du Monde . le 21 mars 2017

 

 

 

 

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