«Appel des solidarités» – 500 propositions à disposition des candidats

Près de 80 associations, donc Greenpeace, Emmaüs, Osez le féminisme ou encore la fondation Hulot veulent peser sur les débats publics. Une liste d’idée a été publiée sur Internet, et les citoyens sont invités à rejoindre le mouvement.

Tôt ce jeudi matin, ils ont rhabillé la réplique parisienne de la statue de la Liberté. Le doigt en l’air, elle porte un grand drap blanc orné d’un«présent !» inscrit en bleu. C’est le mot d’ordre de «l’appel des solidarités» lancé aujourd’hui par près de 80 associations, parmi lesquelles Greenpeace, SOS Racisme, Emmaüs ou encore Osez le féminisme. L’objectif de l’initiative est d’«essayer d’insuffler un supplément d’âme dans cette campagne», selon la formule de Nicolas Hulot, qui en est l’un des porte-voix. De «donner une reconnaissance et une visibilité» à la «communauté solidaire», dans un monde où «les inégalités se tendent», disait-il ce matin sur France Inter. Et d’ajouter : «La situation est critique, il y a une violence latente. […] Est-ce que la solidarité est une option ou une condition à la paix sociale, à la paix dans le monde ?»

En invitant les citoyens à se manifester (en envoyant «présent» par SMS, en signant l’appel en ligne ou en se photographiant le doigt levé) l’idée est de «se compter», explique Thierry Kuhn, le président d’Emmaüs, à Libération. S’il dit ne pas avoir d’objectif chiffré, la démarche vise, à terme, à «peser sur l’action du gouvernement». «On ne s’adresse pas directement aux candidats à la présidentielle, précise Kuhn. Mais ceux qui souhaitent puiser dans nos propositions, allez-y, hein, on est open source !»

«Solutions convergentes»

Les associations ont en effet d’ores et déjà formulé 500 propositions, consultables sur Internet. Certaines sont familières, comme l’instauration d’un «revenu de base», présente dans le programme de Benoît Hamon, ou la limitation de l’écart des salaires de 1 à 20 au sein des entreprises, défendue par Jean-Luc Mélenchon. D’autres sont moins concrètes : «Arrêter de détourner les yeux et faire de la lutte contre l’exclusion une priorité.» «Toutes ces structures associatives ont une expérience et une compétence susceptibles de nourrir les candidats, considèrent les organisateurs. On veut en quelque sorte aider les politiques à être réhabilités, à se réconcilier avec les citoyens.» Ces derniers peuvent apporter leur pierre à l’édifice en partageant leurs idées sur une plateforme. En septembre, les parlementaires fraîchement élus se verront remettre le projet comportant une centaine de mesures.

Un autre rendez-vous est prévu dans un an, pour «voir ce qui aura changé», indique Thierry Kuhn, pour qui la réunion de 80 associations«très diverses» relève de l’inédit : «Il s’est passé quelque chose aujourd’hui.» Dans le viseur de ces dizaines de structures figurent aussi bien les perturbateurs endocriniens que la mauvaise répartition des richesses, les politiques jugées insuffisantes en matière d’accueil des migrants ou les inégalités hommes-femmes. Kuhn : «Il faut le reconnaître humblement, les associations avaient peut-être tendance à être un peu trop cloisonnées.» Or, comme le précise la fondation Nicolas-Hulot, «nos causes sont différentes mais nos analyses sont identiques et nos solutions convergentes».

Citoyens «exigeants»

Pour Thierry Kuhn, c’est «une espèce de parlement citoyen, de parlement de la société civile» qui pourrait voir le jour avec cet «appel des solidarités». «C’est collectivement qu’on doit peser, on ne croit plus à l’homme providentiel». C’est pourquoi le mouvement ne soutient«aucun candidat». Et Kuhn de rappeler qu’«on sort quand même d’un quinquennat où, alors même qu’on a travaillé avec le gouvernement au début, on a été fortement déçus. Et c’était un gouvernement de gauche, donc a priori proche de nos idées». Les associations appellent donc les citoyens à rester «exigeants» et à agir si les orientations du futur gouvernement se révèlent contraires au principe de solidarité. Les moyens d’action, eux, seront décidés le moment venu.

Photo de garde : REUTERS – Stéphane Mahe
Elise Godeau
Article tiré de Libération  le 22 mars 2017

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