Du Traité de Rome à la déclaration de Rome, 60 ans d’une histoire de l’Europe

Samedi 25 mars, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne vont célébrer les 60 ans du Traité de Rome. Le traité qui a donné naissance au marché commun. En 1957 comme aujourd’hui en 2017, l’Europe est à la croisée des chemins. Soit elle trouve les moyens de rebondir soit elle prend le risque de sombrer.

L’Europe est née le 25 mars 1957 à Rome, il y a 60 ans. Dans les années mille neuf cent cinquante, la reconstruction du champ de ruines des lendemains de la Seconde Guerre mondiale est loin d’être achevée. L’Europe balbutie mais la vision et la détermination de quelques grands hommes politiques comme Jean Monnet en France, Konrad Adenauer en Allemagne ou le Belge Paul-Henri Spaak ont permis dès 1952 de fonder la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Autrement dit de mettre en commun l’acier dont on fait les canons. Six pays participent à l’aventure : la France, l’Allemagne, l’Italie et les trois pays du Benelux : Belgique, Pays-Bas et Luxembourg. La CECA est un succès qui pondère l’échec, deux ans plus tard en 1954, de la CED (la Communauté européenne de défense) du fait du refus français de créer une armée européenne.

L’intervention des troupes soviétiques à Budapest en 1956 et le rembarquement précipité des troupes franco-britanniques au lendemain de la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Gamal Abdel Nasser accélèrent une prise de conscience du déclin des nations européennes.

Tout pousse alors les pays d’Europe occidentale à se rapprocher et à se ressaisir. Les artisans de la CECA se remettent au travail et neuf mois de négociations plus tard deux nouveaux traités voient le jour instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) et la Communauté économique européenne (CEE). Ils sont signés solennellement à Rome, le 25 mars 1957 scellant la réconciliation définitive des ennemis d’hier et lançant le marché commun.

Périr ou rebondir

Au fil des ans et de traité en traité, la Communauté économique européenne est devenue l’Union européenne, les 6 pays fondateurs sont devenus 28 (bientôt 27 pour cause de Brexit). Avec Schengen, les Européens circulent sans entrave d’un bout à l’autre du continent, l’euro s’est imposé comme une monnaie commune, les étudiants plébiscitent Eramus.

L’Union européenne est incontestablement une réussite mais de sombres nuages obscurcissent toutefois son horizon. Sa bureaucratie technocratique est de plus en plus contestée. Elle est perçue par bon nombre de citoyens comme une partie du problème plutôt que comme un élément de la solution face aux difficultés qui s’accumulent comme l’atteste la montée des populismes. La crise économique et financière qui a atteint son point culminant en Grèce et celle des réfugiés ont fini par semer le doute sur la capacité de l’Union européenne à surmonter une crise existentielle.

Avec l’élection de Donald Trump, les velléités de Vladimir Poutine, la menace jihadiste ou le réchauffement de la planète, le monde redevient incertain aussi à Rome, ce 25 mars 2017, les 27 dirigeants européens (les Britanniques ne sont pas conviés) vont comme il y 60 ans décider de leur avenir. Ils sont pour l’heure divisés sur leur vision d’un destin commun entre ceux de l’Est qui veulent renforcer le rôle des nations dans l’Europe et les grands pays occidentaux qui souhaitent un approfondissement de l’intégration… même à quelques-uns, d’où l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. On peut imaginer sans peine que la Déclaration de Rome, point d’orgue politique de la cérémonie des 60 ans du Traité de Rome, sera suffisamment consensuelle pour rassembler les Vingt-Sept mais également résolument volontariste pour ne pas exclure ceux qui veulent aller plus loin dans le domaine de la défense, la sécurité, la zone euro, l’harmonisation fiscale ou sociale. Périr ou rebondir, telle est aujourd’hui l’alternative qui s’offre aux Européens.

Photo de garde : Getty Images
Daniel Desesquelle
Article tiré de RFI  le 24 mars 2017

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