Eric Coquerel – « Notre adversaire c’est Fillon, Macron et Le Pen »

L’orateur national de la France insoumise participera ce mardi 28 mars à une réunion publique de soutien à Jean-Luc Mélenchon à Grabels.

Depuis la marche pour la 6ème République et le débat télévisé, la candidature de Jean-Luc Mélenchon semble avoir pris de l’ampleur. Le ressentez-vous dans les meetings  ?
Oui, partout. Le 18 mars, on était dans un contexte précis : on savait depuis longtemps que cette marche devait être un moment important de la campagne. Par contre, on n’avait pas prévu qu’auparavant la campagne serait volée pendant des semaines par les affaires Fillon et Le Pen. Finalement, cette date a permis un redémarrage de la campagne à un niveau global. Dans cette dernière ligne droite, ces 130 000 personnes, le « souffle du 18 mars », cette marée humaine qui s’est répandue dans les rues de Paris, suivie par le débat où Jean-Luc a dominé à la fois sur la forme et sur le fond - parce qu’on a un programme « L’avenir en commun » qui est prêt depuis des mois ce qui en fait un atout considérable - ça nous a donné un élan. Aujourd’hui on réussit partout, on en est à 40 000 signatures sur la plateforme en dix jours, on voit un peu partout des gens qu’on ne connaissait pas se proposer pour distribuer des tracts ou coller des affiches, et les meetings, comme à Rennes ce week-end, non seulement ne désemplissent pas mais débordent à l’extérieur. On sent bien qu’il y a quelque chose qui est en train de se passer et c’est là-dessus qu’on compte pour aller au second tour.

Justement, y a-t-il a encore une chance que la gauche soit au second tour  ?
Nous, on le pense. On est très prudent avec le terme de gauche parce que le quinquennat de François Hollande a compliqué l’utilisation d’un terme qui ne peut pas recouvrir des forces qui vont de Manuel Valls à Jean-Luc Mélenchon. En tout cas, il y a la possibilité qu’un candidat qui porte des valeurs d’émancipation, de partage des richesses, de souveraineté populaire, de planification écologique, donc, pour aller vite, des valeurs de gauche telles que nous les entendons, soit au deuxième tour. On le pensait, on le pense de plus en plus fort.

Qu’est-ce qui rend impossible l’unité entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon  ?
C’est le quinquennat de François Hollande qui rend impossible l’unité d’une gauche qui irait de ceux qui ont gouverné ce pays pendant cinq ans à ceux qui l’ont combattu. Les électeurs ne s’y retrouveraient pas. La preuve c’est que ce que nous ne voulions pas est en train d’arriver à Benoît Hamon. Sa candidature est écartelée entre ceux qui tous les jours hésitent à rejoindre Macron et ceux qui ont voté pour lui à la primaire et se retrouvent sur les mêmes bases que nous. Ce que nous avions prévu se réalise au détriment de Benoît Hamon. Sa campagne a du mal parce que lui-même n’a peut-être pas su faire le bon choix au bon moment. Mais on n’a pas envie de rentrer en concurrence avec lui. L’important n’est pas de savoir qui sera le quatrième ou le cinquième mais de savoir qui ira au deuxième tour. De là l’idée d’un pacte de non agression avec lui. Il n’est pas notre adversaire. Notre adversaire, c’est Fillon, Macron et Le Pen.

Qu’est-ce qui pourrait faire revenir vers Mélenchon un électorat ouvrier qui est aujourd’hui attiré par Marine Le Pen  ?
Ne tombons pas dans le panneau que nous tend le Front national qui veut laisser penser que le vote ouvrier est aujourd’hui majoritairement pour Marine Le Pen. Depuis plusieurs années, le vote ouvrier est majoritairement l’abstention. Il y a toujours eu un tiers des ouvriers votant à droite aux élections, ce sont des gens qui se radicalisent vers Marine Le Pen. Pour nous, il s’agit moins de reconquérir le coeur de l’électorat de Marine Le Pen que tous ceux qui aujourd’hui sont indécis, ne savent pas s’ils vont aller voter parce qu’ils ont été déçus tant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande. Je ne crois pas à la version qui voudrait que l’électorat de Marine Le Pen soit un électorat de gauche déçu, c’est un électorat de droite principalement et quelques personnes égarées. Ce sont surtout les abstentionnistes que nous voulons convaincre d’aller voter.

Avec quels arguments  ?
Notre programme, « L’avenir en commun », que Jean-Luc Mélenchon présente meeting après meeting en prenant au sérieux les gens qui sont en face de lui, en prenant le temps pédagogique nécessaire pour l’expliquer. On veut montrer qu’il n’y a pas que deux voies dans le pays : poursuivre le même type de politique (concurrence, compétitivité, restriction des dépenses publiques, politiques qui s’en prennent toujours au prix du travail), ça c’est monsieur Macron ; ou la voie du tous contre tous de madame Le Pen à travers une vision très xénophobe et raciste du pays. Il y a une troisième voie  : définanciariser ; considérer que la question du climat est tellement importante que ce n’est pas le marché qui peut la résoudre ; considérer qu’il faut passer à la 6ème République parce qu’on voit bien qu’on n’arrivera à rien avec la 5ème République. Elle consiste à dire que, certes, il faut transformer l’Union européenne et que pour ça il faut un plan B pour mettre la pression sur des pays comme l’Allemagne pour faire réellement changer les choses. Toutes choses qui sont au programme de Jean-Luc Mélenchon et que nous sommes les seuls à dire.

Propos recueilli par Marine Desseigne
Article tiré de la Marseillaise  le 28 mars 2017

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