Corée – Double menace sur la péninsule

Les rapports entre le régime nord-coréen et les États-Unis sont de plus en plus tendus, et font planer le risque d’une escalade incluant la Chine, protecteur historique de Pyongyang.

La menace américaine qui plane sur la Corée du Nord fait surtout trembler au Sud. À Pyongyang, la population est tenue depuis soixante ans dans un isolement total, et les rodomontades de la propagande officielle mettent les Coréens du Nord à l’abri de tout sentiment d’appréhension.

Et la démonstration de force à laquelle la population a assisté, samedi, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur en 1953 de cette dynastie de dictateurs dont Kim Jong-un est l’héritier, aura encore renforcé ce sentiment d’invulnérabilité. En revanche, à Séoul, on craint le pire.

Si les États-Unis de l’imprévisible Donald Trump frappaient une cible nord-coréenne, il ne fait guère de doute que Pyongyang riposterait en se vengeant sur la Corée du Sud, ou même sur le Japon, largement à portée de missiles. Et on imagine ce que pourrait être la riposte pour un pays dont les moyens conventionnels sont faibles, mais qui dispose de missiles à tête nucléaire.

La menace est pourtant réelle. La nouvelle administration américaine a dépêché au large de la péninsule le porte-avions USS Carl Vinson et la flottille qui l’accompagne. Cela, après que Donald Trump eut affirmé qu’il entendait « traiter le problème ». Depuis la frappe sur une base syrienne et le largage d’une bombe surpuissante sur une position de Daech en Afghanistan, on sait ce que cela veut dire.

Mais la question nord-coréenne est complexe, d’abord en raison des capacités de riposte de Pyongyang, mais aussi parce qu’il faut compter avec la Chine, protecteur historique de la Corée du Nord depuis la fin de la guerre qui avait abouti en 1953 au partage de la Corée.

Or, la Chine souffle le chaud et le froid. Après avoir tenté de faire pression sur son encombrant allié en proclamant un embargo sur les importations de charbon, elle s’en est prise aussi à Séoul, décidant la fermeture de magasins sud-coréens installés en Chine.

Même si l’épouvantable dictature nord-coréenne ne risque pas de trouver de soutien en Europe, l’impulsivité de Donald Trump, capable d’agir de façon unilatérale, inquiète de nombreuses capitales.

Enfin, dernier paramètre : il ne faut pas attendre de réaction hostile au régime dans ce pays entièrement clos. Non seulement en raison d’un système policier et d’une répression implacables, mais aussi parce que la population est réduite à assurer sa survie. « Je ne savais rien de l’empathie ni de la tristesse. On nous formait dès la naissance à ne pas être capables d’éprouver des émotions humaines », témoignait en 2012 l’un des rares évadés de cet enfer (Rescapé du camp 14, Belfond).

Denis Sieffert
Article tiré de Politis le 18 avril 2017

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