Marseille – Les internes dénoncent une réforme bâclée

La réforme gouvernementale visant à réduire les années de formation des futurs médecins séniors, sème colère et indignation. Mardi, plusieurs manifestations ont rassemblé plus de 1000 internes sur le territoire et plus d’une centaine à Marseille.

« Une réforme inapplicable, de dernière minute, faite en coin de table » commentait hier, depuis la capitale Olivier Le Pennetier, président de l’Intersyndicat national des Internes (Isni), avant de rejoindre la manifestation parisienne et d’être reçu par le ministère de l’Education, en soirée.

Au même moment, le rassemblement prenait fin vers midi à Marseille, où une centaine d’internes grévistes participaient localement à une action similaire. « On est soutenus par de nombreux médecins, professeurs et libéraux », précise Justin Breysse, interne en seconde année, chargé de mission à l’Isni.

Ce qui fâche ici et partout dans les hôpitaux de France, gagnés par les mesures d’austérité c’est, outre les propos contradictoires au fil des rencontres avec le gouvernement, « la menace réelle sur la qualité de la formation telle qu’elle sera soumise demain (sic) au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) », confie J. Breysse à propos du projet visant le 3ème cycle des études médicales, qui prévoit de diminuer d’un an, la formation des internes en services cardiologie, néphrologie et hépato-gastro-entérologie.

Médecine « malformée »

Une réforme prévue pour la prochaine promotion de novembre 2017 qui, selon le président de l’Isni : « instaurerait un « statut d’assistant de 3e cycle » en 4e année, alors que les postes d’assistants sont actuellement réservés aux praticiens ayant terminé leur internat ». Déterminés à défendre « la médecine la plus efficace qui nécessite donc la formation la plus efficiente », les internes mobilisés veulent poursuivre le mouvement de grève, si la situation, qui n’a pas évolué depuis le 7 avril dernier, demeure. Dans un courrier à la ministre de la santé Marisol Touraine, O. Le Pennetier alarmait alors : « La réforme du 3ème cycle ne doit pas léser les internes, actuellement en cours de formation et doit garantir des conditions d’exercice de l’étudiant au cours de la phase 3 ».

Exigeant « la sanctuarisation du nombre de postes de post-internat, l’autonomie supervisée pendant la phase 3, la reconnaissance de la phase 3 comme un an permettant à l’accès au secteur 2 et une revalorisation salariale en fonction du travail effectué », le président de l’Isni qui redoute les réunions peu fructueuses, demande en outre : « Une garantie de la prise en compte des revendications consensuelles des associations des jeunes spécialistes concernant leur maquette ».

A l’heure des négociations tardives, en cours hier soir, J. Breysse informe sur les conséquences d’une telle réforme : « C’est simple, un médecin mal formé soignera forcément mal plus tard »…

Houda Benallal
Article tiré de la Marseillaise  le 19 avril 2017

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