A Marseille, la rue ne désarme pas face à l’extrême droite

Plusieurs centaines de citoyens se sont rassemblés ce mercredi aux Réformés à l’appel de syndicats, collectifs anti-fascistes et de soutien aux migrants. Ils ont dénoncé la venue de Marine Le Pen qui tenait son dernier meeting de campagne et ses thèses d’extrême droite, à quelques kilomètres de là au Dôme.

« Je n’avais jamais manifesté avant contre le Front national, mais en entendant ses propos, contre l’immigration, encore une fois, je me suis décidée » confie Corinne, un peu avant l’heure du rendez-vous fixé à 18h, et lancé à l’appel d’une quinzaine de structures, associations et collectifs « anti-fascistes ». Des dizaines de personnes convergent bientôt, qui un écriteau siglé des Jeunesses Communistes désignant le FN comme « les chiens de garde du capital », qui cet autre panneau « migrant-e-s bienvenu-e-s, fachos dégagez ». Le ton est vite donné.

Décortiquer et décrypter les idées et les faux-semblants

« J’ai l’impression que le jour fatidique approche, reprend Corinne, mais j’espère me tromper, j’ai aussi l’impression que, quelque part, ils ont déjà gagné… ».

Une opinion que partage dans un certain sens Joël, pour qui« l’anti-fascisme est une tradition familiale. Même si elle ne passe pas cette fois-ci, ces idées avancent puisque tout le monde court derrière… ici et partout en Europe » constate-t-il amèrement. Les convictions bien ancrées n’empêchent en rien de porter un regard lucide sur cette situation « très préoccupante » selon Houssna et Mathilde. « Si ce n’est pas cette fois-ci, ce sera la prochaine… » craignent les deux jeunes femmes. A constater, par exemple, « la prolifération de propos racistes assumés par de plus en plus de personnes… ».

Combattre l’extrême droite, c’est d’abord, « décortiquer et décrypter ses idées, et les «politiques» en règle générale, ne le font pas assez, comme s’ils avaient décidé, pendant cette campagne de la laisser faire, pour se disputer la place de deuxième » déplorent-elles. Pour ce dimanche, leur choix n’est pas encore fait « naturellement, je voterai Hamon, mais quand je regarde les sondages, je pense plutôt Mélenchon »  réfléchit encore Mathilde.

A la bataille des urnes, immédiate, à quelques jours de la première échéance, s’en ajoutent bien d’autres, sur divers terrains, que les représentants des diverses organisation à l’initiative de la manifestation vont détailler tour à tour. Pour le collectif syndical de Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes (Visa 13) regroupant des militants et sections de la CGT, FSU, Solidaires et de la CNT-SO, « le combat se mène contre ses idées, à l’année, dans le monde du travail », et il s’emploie notamment à démonter les faux-semblants « sociaux » du FN auprès des salariés ; une lutte forcement « internationale » souligne pour sa part le collectif Nosotros, car « le vrai visage de Marseille est fait de diversité, et il est multiculturel ».

Car cette même bataille se joue dans les quartiers, comme à la Plaine face au groupuscule d’extrême droite, dans des arrondissements comme le 13-14 tenu par un lieutenant de la candidate frontiste, avec, pour autre exemple, l’objectif affiché de « soutenir la cause des migrants, de les accueillir et de se mobiliser contre les expulsions » rappelle le collectif Migrants 13.

Un travail de longue haleine, porté par des valeurs communes qui s’opposent, jour après jour, à l’extrême droite. Sans concession aucune.

Photo de garde : La Marseillaise
Sylvain Fournier
Article tiré de La Marseillaise 
le 20 avril 2017

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