Mélenchon et Iglesias – « La voilà, l’Europe à laquelle on se réfère ! »

Pendant que la foule chantait « El pueblo unido jamas sera vencido », Jean-Luc Mélenchon est monté sur une estrade en compagnie de Pablo Iglesias, le leader de la formation espagnole Podemos, et de Marisa Matias, membre du Bloco de Esquerda, au Portugal. A quelques heures de la clôture de la campagne du premier tour, le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, avait donné vendredi rendez-vous à ses soutiens pour un apéritif festif au belvédère de Belleville. « Si ce n’est pas l’Europe que vous voyez là alors qu’est-ce que c’est ? Dans nos trois peuples, il y a l’idée qu’une autre coopération est possible, et cette idée avance. Si vous voulez savoir à quelle Europe on se réfère et bien la voilà, c’est celle-ci, l’Europe des rebelles, l’Europe des travailleurs, l’Europe de ceux qui inventent », a lancé Jean-Luc Mélenchon, évoquant au passage Oskar Lafontaine, de Die Linke en Allemagne, et citant le premier ministre grec Alexis Tsipras. « Si nous l’emportons, vous savez bien que ça va desserrer l’étau autour de la gorge des grecs », a-t-il indiqué.
« De tous les côtés, le monde nous regarde. Vous n’avez pas idée de tout l’espoir que ça soulève partout. Si on y arrive, ce ne sera pas qu’une victoire pour la France et l’Europe mais pour le monde entier », a poursuivit le candidat, très vite conforté par Marisa Matias. « Vous n’êtes pas seuls. Il y a cette Europe des insoumis qui est là. Nous sommes là pour les peuples. Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui pense vraiment à la France, qui pense vraiment aux solidarités, qui pense vraiment aux droits des femmes. Nous sommes là, et nous serons là demain pour un avenir en commun », a lancé la portugaise dans un bon français.
C’est alors que Pablo Iglesias a pris la parole sous les cris de « Si se puede ». « J’ai écouté les trois autres candidats qui font face à Jean-Luc Mélenchon pour le 2e tour. J’ai un mot pour les définir chacun. Le banquier Macron, c’est le marketing. Fillon, c’est la corruption. Et Le Pen, c’est la peur. Je crois que la France et l’Europe n’ont besoin ni de marketing, ni de corruption, ni de peur. Mais elles ont besoin de liberté, d’égalité et de fraternité, trois mots que j’utilise pour définir l’objectif de Jean-Luc Mélenchon ! » Sous les vivats, le secrétaire général de Podemos a lancé à la foule : « Vous pouvez vous sentir fiers comme Français d’être les héritiers de la Révolution française. Ce que nous a enseigné la Révolution française, c’est que quand le peuple se mobilise il peut transformer les privilèges de quelques uns pour en faire des droits pour tous. »
« L’Europe a besoin d’un président de la République française comme Jean-Luc Mélenchon. C’est nécessaire pour notre souveraineté, c’est nécessaire pour les droits des travailleurs, c’est nécessaire pour que tous les Français paient leurs impôts en France, et c’est aussi nécessaire pour les droits de l’Homme. Le monde entier vous regarde, vous êtes l’espoir. Allez la France ! Nous avions besoin de Sanders aux Etats-Unis et nous avons besoin de Mélenchon en France ! » a continué le leader, qui s’exprimait dans un espagnol que la grande majorité de l’assistance semblait comprendre avant même que le traducteur ne commence son office. « Pero aqui todo el mundo entiende el espanol. No necesitamos traducir ! », a plaisanté Jean-Luc Mélenchon.
« Nous pourrions avoir un magnifique second tour en nous débarrassant de Le Pen tout de suite. Ce serait si bon pour l’image, pour la réputation de notre pays. Nous pourrions avoir un vrai choix au second tour », a souhaité le candidat de la France insoumise, avant d’indiquer qu’en 2002, « il n’avait manqué que deux voix par bureau de vote pour que Jospin ne se qualifie au second tour. C’était une autre époque mais ça nous rappelle que chaque voix compte ! » Soulignant l’honneur qui a été le sien de « marcher devant, comme d’autres avant moi et comme d’autres le feront après moi », se disant prêt à gouverner le pays, et estimant devoir « reprendre des forces pour les quinze jours qui viennent », le candidat a souligné que ses soutiens dans cette campagne « ont œuvré pour l’intelligence collective, et pour un peuple conscient sans lequel il n’y a pas de révolution citoyenne ». Alors que la foule scandait une fois de plus « liberté, égalité, fraternité », Mélenchon est parti en lançant : « A dimanche ! »
Photo de garde : Emmanuelle Corne

Aurélien Soucheyre
Article tiré de l’Humanité le 22 avril 2017

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