« Si les adultes ne réagissent pas face à Le Pen, à nous de le faire ! »

Une centaine de lycéens ont battu le pavé parisien, jeudi, à la fois contre l’affiche du second tour de la présidentielle et le danger représenté par le FN. Des établissements ont aussi été bloqués
« Ni Marine, ni Macron, ni patrie, ni patron », ont scandé jeudi une centaine de manifestants dans les rues parisienne. « On ne les met pas dans le même sac : le FN est plus dangereux. Mais, aucun n’a de bonnes idées pour le pays », explique Mayla, 16 ans, devant son lycée Maurice Ravel. Comme elle, des élèves ont bloqué leur établissement, jeudi matin. Le rectorat de Paris en recense une « vingtaine » mobilisés, dont quatre totalement bloqués (lycée Bergson, Voltaire, Renoir et Joliot). Un sit-in pacifique est aussi organisé depuis lundi par des élèves du lycée Buffon, dans le XVème arrondissement.
A 16 ans, Yasmine a défilé de la place de la République jusqu’à la Porte de Vincennes, point d’orgue de la protestation. Avec une centaine de manifestants, elle a alors été encerclée par une cinquantaine de CRS. Une dizaine de fourgons de forces de l’ordre ont stationné sur la place. « On ne sait pas pourquoi ils ont décidé de faire ça, on manifestait dans le calme », témoigne cette élève. Des gaz lacrymogènes ont aussi été tirés sur les manifestants aux alentours du boulevard Beaumarchais (XIème arrondissement), suite à des heurts.
Pour Yasmine, descendre dans les rues est « important » car « le FN est le parti de la haine et du racisme ». Et son amie Coraline de poursuivre : « Le Pen veut diviser les Français et sortir de l’Europe. Je tiens à rester européenne. »
Pour autant, la qualification de l’ancien ministre de l’Economie ne les satisfait pas. « J’aurais préféré que ce soit Mélenchon », affirme avec conviction Yasmine, qui regrette de ne pas avoir l’âge de voter. « Comme Le Pen, Macron va aggraver les inégalités entre les riches et les pauvres », estime pour sa part Rose, 16 ans, qui a forgé sa conscience politique en manifestant contre la loi El Khomri et les violences policières, lors de l’affaire Théo.
A Rennes aussi, un millier de protestataires sont descendus dans les rues du centre-ville. Avec le mot d’ordre « On vaut mieux que ça », slogan entendu dans les cortèges contre la loi Travail. Cette génération souhaite poursuivre les mobilisations jusqu’au 7 mai et au-delà, si l’héritière de Montretout remporte le scrutin. Et Rose de lancer : « Si les adultes ne réagissent pas face à Le Pen, à nous de le faire ! »
Photo DR
Lola Ruscio
Article tiré de l’Humanité  le 27 avril 2017
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