Pour le 1er mai, plusieurs mots d’ordre, un même refus du Front national

Si l’unité syndicale n’est pas la règle pour cette journée internationale des travailleurs, le danger que représente le parti lepéniste fait en revanche consensus. Du côté de la CGT, FO, FSU et Solidaires, on défilera en outre pour réclamer des mesures de progrès social.

« Progrès social », « solidarité et fraternité entre les peuples », « paix »… Ce 1er mai sera une énième occasion pour le monde du travail de réaffirmer avec force ces aspirations. Vient s’ajouter ce lundi celle du « refus de l’extrême droite ». Entre-deux-tours de la présidentielle oblige, l’édition 2017 de la fête internationale des travailleurs prend inéluctablement un relief particulier. Donnant lieu à des mots d’ordre et à des rassemblements aux contours différents selon les organisations syndicales.

« Reculs sociaux »

Ainsi, contrairement au 1er mai 2002, lors duquel CGT et CFDT étaient côte à côte, avec d’autres, dans les cortèges, celles-ci ne sont pas cette fois parvenues à trouver un terrain d’entente. Dans la capitale comme dans la plupart des villes, elles défileront chacune de leur côté. Objet du désaccord : la volonté de la CFDT de réduire cette date emblématique au seul appel à faire barrage au FN en votant pour Emmanuel Macron le 7 mai. Ce à quoi la majorité des autres syndicats ne s’est pas résolue. à Paris et dans de nombreuses villes en province, les troupes de Laurent Berger se retrouveront donc dans des rassemblements avec la Fage et l’Unsa. Unsa qui, sur la même position que la CFDT, indique dans les Bouches-du-Rhône : « Comme lors du second tour des régionales de 2015, l’Union départementale appelle expressément à barrer la route au FN, en votant pour Emmanuel Macron. »

Les autres organisations n’en sont pas moins préoccupées par une éventuelle accession de l’extrême droite au pouvoir. FO se déclare « opposée génétiquement au racisme, à la xénophobie et à l’antisémitisme », tandis que la CGT estime que « pas une voix » ne doit se porter sur le FN le 7 mai et aux législatives. Avec la FSU et Solidaires, les deux centrales convergeront ensemble vers une seule et même manifestation à Paris pour dénoncer « les reculs sociaux qui font le terreau de l’extrême droite ». Les déclinaisons locales se traduiront majoritairement par des intersyndicales CGT – FSU – Solidaires, rejointes parfois par des organisations syndicales de jeunesse (Unef, UNL, Fidl…). à quelques exceptions près, ce sera notamment le cas en Paca et Languedoc avec des appels qui se concrétiseront de diverses manières).

Partout un message clair en direction des salariés, incités à ne pas se laisser berner par la posture soi disant « sociale » du FN, « faux ami du peuple », ainsi que le formule la CGT des Bouches-du-Rhône qui rappelle que « jamais aucun travailleur n’aura le moindre intérêt à voter Front national ». Son programme étant aux antipodes des revendications portées par l’organisation en matière de salaires, de retraite, d’emploi, de protection sociale ou encore de démocratie.

« Solidarité et fraternité »

A l’heure où se multiplient « les replis identitaires », « dans un monde marqué par de nombreux conflits et où des populations entières fuient les bombes au péril de leur vie », l’intersyndicale CGT – FSU – Solidaires du Var appelle en outre « aux valeurs de solidarité et de fraternité pour vaincre l’obscurantisme et les peurs ».

Pointer le danger du parti à la flamme tricolore ne signifie pas éluder les responsabilités qui lui ont permis de se hisser au second tour de la présidentielle. Au terme d’un mandat désastreux pour le monde du travail, précédé par d’autres guère plus favorables, il « n’a eu qu’à s’appuyer sur les colères et les inquiétudes engendrées par la situation », estime la CGT des Bouches-du-Rhône. Constat partagé par Noël Mas (SUD-Solidaires) dans l’Hérault, qui pointe « une augmentation de huit points du score du FN » depuis « quinze ans de gouvernements de la droite et du PS ». Et qui considère : « Il est temps de s’interroger. »

A l’instar de Serge Raggazzacci, secrétaire général de la CGT dans ce même département, nombreux sont les syndicalistes à rappeler que « le candidat n’est pas un jeune inconnu », qu’il n’est pas moins comptable que ses anciens collègues ministres d’un bilan gouvernemental synonyme de régressions.

Tandis qu’il s’apprête, s’il était élu le 7 mai, à administrer au pays un régime au moins aussi austéritaire que ses prédécesseurs, il est lui aussi vivement invité à tendre l’oreille ce 1er mai. Et à tenir compte des messages qui émaneront de la rue.

Agnès Masseï
Article tiré de la Marseillaise  le 1er mai 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s