Marseille ne laisse que des miettes au FN

La plus grande ville de la région a sensiblement voté comme au national (64,42% pour Macron contre 35,58% pour Le Pen) tandis que le FN est battu dans tous les arrondissements.

Ville insoumise jusqu’au bout du scrutin ? Après avoir placé Jean-Luc Mélenchon en tête (24,82%) du premier tour de la présidentielle, Marseille a encore quelque peu bousculé ses habitudes en contenant cette fois le vote Front national. Avec 64,42% des voix, Emmanuel Macron est arrivé en tête, reléguant Marine Le Pen à 35,58% et un taux d’abstention à 30,67% Ce score se rapproche sensiblement du vote national (66,10% – 33,90%). Si on ne s’attendait pas à voir le FN en tête, les scrutins passés laissaient à penser un score plus élevé pour l’extrême droite.

Il n’y a pourtant pas à se réjouir car Marine Le Pen, arrivée 2e ici au soir du premier tour (23,66%), gagne encore 25 465 voix en deux semaines soit un gain de 22,71%. Une progression qui démontre encore que le FN peut avoir de la réserve.

En face, le grand bond d’Emmanuel Macron était attendu. Troisième il y a deux semaines (20,44%), le candidat d’En Marche! gagne 128 145 voix, passant de 74 823 à 202 968 suffrages). Le voir débouler en tête est loin d’être une surprise. Ce qui l’est davantage, c’est qu’il le soit dans les 16 arrondissements de la ville et, par ricochets, les 7 circonscriptions.

La palme du vote Macron revient au 1er arrondissement, qui lui octroie 84,40% des voix, ce qui est également son meilleur score dans le département. Pas étonnant dès lors d’y retrouver le bureau de vote le plus macroniste – et surtout le plus anti FN – de la ville : à l’école élémentaire Korsec, dans le quartier de Belsunce, le nouveau président récolte 92,91% des votes. Un chiffre à nuancer avec la faible participation (59,23%).

Le FN devant dans 12% des bureaux de vote

Les voisins populaires du 2e et 3e ne sont pas non plus en reste avec respectivement 75,18 et 74,38% des suffrages pour l’ex-ministre de l’Économie.

Sur les 480 bureaux de vote de Marseille, le FN arrive en tête dans « seulement » 57 soit 11,9%. Une marche arrière pour le parti frontiste qui en avait conquis 190 au premier tour, loin devant Emmanuel Macron et ses 27 bureaux. De manière générale, le large centre-ville et le littoral ont su endiguer la vague FN. Aucun bureau de vote des 1er, 2e, 3e, 5e, 6e et 16e n’ont placé Le Pen devant.

Bastions de la droite, les 6e, 7e, et 8e arrondissements ont tous accordé une très large majorité à Emmanuel Macron (autour des 70%), malgré un appel du bout des lèvres de la fédération Les Républicains à se mettre En marche!

Il faut migrer à l’Est et au Nord de la ville pour voir l’extrême droite émerger. À Michelis (11e) ou aux Flamants (14e), le FN fait ses plus gros scores avec plus de 57% des suffrages. Dans les 13e-14e, arrondissements du maire FN Stéphane Ravier, les résultats sont assez disparates. Si le 13e est l’arrondissement avec le plus de bureaux de vote FN (14 sur 47), on trouve des noyaux de résistance dans des bureaux à Frais Vallon ou Malpassé, où le candidat En marche! dépasse les 80%. Mieux encore dans le 14e comme à Font Vert (92,70% pour Macron) ou La Busserine (88,60%). Inversement à Château-Gombert (13e) ou la Batarelle (14e), Marine Le Pen fait la course en tête.

 Quelle issue aux législatives ?

Mais c’est finalement dans le 11e arrondissement que Marine Le Pen conteste le plus le leadership d’Emmanuel Macron, obtenant 47% des suffrages et se plaçant en tête dans 13 bureaux sur 34, comme à cité Michelis, la Barasse, Saint-Marcel ou la Millière. Des résultats dans la lignée de ceux du premier tour où le FN était arrivé ici largement en tête (32,25%, son meilleur score dans la ville), devançant de dix points Jean-Luc Mélenchon.

D’ores et déjà, chaque candidat aux législatives (11-18 juin) va scruter à la loupe les résultats de sa circonscription. Dès dimanche soir, ce 3e tour de la présidentielle était dans toutes les bouches des responsables politiques de tous bords. Si aujourd’hui le PS détient 4 circonscriptions et la droite 3, la donne semble plus que jamais ouverte. De l’inconnue des – pas encore investis – candidats Macron à capitaliser sur le nom du président, à la droite qui compte sur son implantation locale en passant par le FN plus haut que jamais et une gauche qui, unie, peut briller, le scrutin de juin s’annonce encore plein de surprises.

Photo de garde : AFP
Florent de Corbier
Article tiré de la Marseillaise  le 9 mai 2017

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