Cannes 2017 – Tous les films à voir sur la Croisette

Fondé en 1946, le Festival de Cannes a pour vocation de révéler et de mettre en valeur des oeuvres pour servir l’évolution du cinéma, favoriser le développement de l’industrie du film dans le monde et célébrer le 7ème art à l’international. La sélection officielle se veut le reflet de la production cinématographique mondiale même si la compétition met généralement en avant le cinéma d’auteur. La sélection hors compétition, et notamment le film d’ouverture, marquent souvent l’année cinématographique mondiale tandis que d’autres sections comme « Un Certain Regard » mettent en lumière des oeuvres originales par leur propos comme par leur esthétique.

FILM D’OUVERTURE (HORS COMPETITION)

  • Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin

Après six films présentés à Cannes entre 1992 et 2015 (La Sentinelle, Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), Esther Kahn, Un conte de Noël, Jimmy P, et Trois souvenirs de ma jeunesse), Arnaud Desplechin est de retour sur la Croisette en ouverture. Centré sur un cinéaste dont la vie est chamboulée, la veille d’un tournage, par la réapparition d’un amour disparu, ce long métrage avec notamment Marion Cotillard, Louis Garrel, et Mathieu Amalric, marquera la première collaboration du réalisateur de Rois et Reine avec Charlotte Gainsbourg.

LA COMPETITION

  • In the Fade de Fatih Akin

Cinéaste allemand d’origine turc, Fatih Akin revient en compétition officielle dix ans après De l’autre côté, récompensé par le Prix du scénario. Il dirige Diane Kruger, qui renoue avec ses origines germaniques en jouant pour la première fois dans un film allemand. L’actrice foulera les marches pour la sixième fois après Troie, Joyeux Noël, L’âge des ténèbres (présentés tous les trois Hors Compétition), Inglourious Basterds et Maryland (à Un Certain Regard). Maîtresse de cérémonie en 2007 et membre du Jury en 2012, la comédienne repartira-t-elle cette année avec le prix d’interprétation féminine ?

  • The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach

Le film raconte la réunion d’une famille new-yorkaise en vue de la rétrospective dédiée à l’oeuvre du patriarche de la famille : l’artiste Harold. Le casting est glamour : Dustin Hoffman, Emma Thompson et Ben Stiller, entre autres. C’est la première fois que le réalisateur Noah Baumbach présente un film en compétition, l’un de ses scénarios avait été présenté « hors compèt » : le film d’animation Madagascar 3. Il s’agit de la seconde fois qu’un film avec le comique Adam Sandler se retrouve en compétition à Cannes après Punch-Drunk Love en 2002.

  • Okja de Boong Joon-Ho

La présence du film sur la Croisette est un double événement. Outre la première sélection en compétition du cinéaste Bong Joon-Ho (ses précédents films The Host et Mother avaient été présentés dans les sections parallèles), le long métrage marque la première entrée à Cannes pour une production originale Netflix, à l’instar de ce qu’avait accompli l’an passé Amazon avec The Neon Demon et Paterson notamment. Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal sont les têtes d’affiche de cette co-production américo-coréenne, décrite par le délégué général du Festival Thierry Frémaux comme une comédie très politique, et à découvrir en exclusivité sur la plateforme dès le 28 juin prochain.

  • 120 battements par minute de Robin Campillo

Le troisième film de Robin Campillo après Eastern Boys et Les Revenants marqe sa première venue en compétition. Le réalisateur livre ici l’autoportrait intime du groupe activiste Act Up, luttant contre le sida au début des années 90, avant les trithérapies. Adèle Haenel, révélée au grand public par Les Combattants, en tient l’un des rôles principaux. Campillo est le scénariste de Laurent Cantet, avec qui il a déjà signé Entre les murs (Palme d’or 2008).

  • Les Proies de Sofia Coppola

Après The Bling Ring présenté à Un Certain Regard en 2013, Sofia Coppola revient en compétition avec un casting 4 étoiles (Elle Fanning, Colin Farrell, Kirsten Dunst et Nicole Kidman, triplement cannoise cette année avec la saison 2 de Top of the Lake et How to talk to girls at parties hors-compétition). Presque 10 ans après Marie-Antoinette, la réalisatrice montera les marches avec une relecture du roman de Thomas Cullinan, déjà adapté par Don Siegel en 1971. Colin Farrell reprend le rôle de Clint Eastwood et se retrouve dans la peau d’un soldat blessé recueilli par un groupe de jeunes femmes, vivant recluses dans un pensionnat. Le rêve va vite tourner au cauchemar…

  • Rodin de Jacques Doillon

Ne figurant pas parmi les « habitués » du Festival de Cannes, Jacques Doillon sera présent sur la Croisette, vingt-trois ans après la sélection de son film La Pirate (1984). Dans ce portrait du célèbre sculpteur, le cinéaste met en scène Vincent Lindon (prix d’interprétation en 2015 pour La loi du marché) face à son élève et amante Camille Claudel, incarnée par Izïa Higelin. Le long métrage sortira dans nos salles le 24 mai, simultanément à sa présentation cannoise.

  • Happy End de Michael Haneke

La passe de trois pour Michael Haneke ? Palme d’or pour Le Ruban blanc et Amour, l’Autrichien revient sur la Croisette pour tenter un triplé jamais réalisé dans l’histoire du Festival de Cannes. Au casting du long métrage, instantané d’une famille bourgeoise européenne et septième film du cinéaste présenté en Compétition, on retrouve la fidèle Isabelle Huppert, accompagnée de Jean-Louis Trintignant (qui retrouve Haneke après Amour) et Mathieu Kassovitz.

  • Wonderstruck de Todd Haynes

Deux ans après avoir présenté Carol, le réalisateur Todd Haynes revient en Compétition avec Wonderstruck, qui évoque l’histoire de deux enfants sourds, à différentes époques, qui s’échappent de New York. Malgré le demi-siècle qui les sépare, ils sont tous deux connectés par un mystère en attente de résolution. Pour ce drame, l’Américain s’est entouré de la fidèle Julianne Moore, qu’il retrouve après Loin du paradis et I’m Not There, et de Michelle Williams.

  • Le Redoutable de Michel Hazanavicius

Six ans après le Prix d’interprétation masculine attribué à Jean Dujardin pour The Artist et trois ans après l’échec de The Search, Michel Hazanavicius est de retour en compétition pour un film très cannois qui retrace le tournage de La Chinoise par le cinéaste Jean-Luc Godard, sous les traits de Louis Garrel. Le comédien donnera la réplique à Bérénice Béjo et à Stacy Martin qui interprète Anne Wiazemsky, auteure de l’autobiographie dont ce film s’inspire. Il s’agit du septième long métrage du cinéaste oscarisé en 2011.

  • The Day After d’Hong Sangsoo

C’est un doublé pour Hong Sang-soo puisque le réalisateur coréen vient présenter non pas un mais deux films sur la Croisette cette année. Outre La Caméra de Claire projeté en séance spéciale, le prolifique cinéaste s’invite pour la quatrième fois dans la compétition officielle un long métrage tourné en noir et blanc. Hong Sang-soo fait partie des habitués du Festival de Cannes puisqu’il s’agit de sa huitième participation : il a présenté à Un Certain Regard Le Pouvoir de la province de Kangwon en 1998, La Vierge mise à nu par ses prétendants en 2000, HA HA HA en 2010 et The Day He Arrives en 2011. Côté compétition officielle, il est toujours reparti bredouille malgré La Femme est l’avenir de l’homme en 2004, Conte de cinéma en 2005 et In Another Country en 2012 dans lequel il dirigeait une autre habituée du festival, Isabelle Huppert.

  • Vers la lumière de Naomi Kawase

Trois ans après Still the Water, la cinéaste japonaise Naomi Kawase retrouve la compétition avec la romance entre une jeune femme qui travaille dans l’audiodescription de films et un photographe qui perd progressivement la vue. Après avoir décroché la Caméra d’or du premier film en 1997 pour Suzaku, puis le Grand Prix en 2007 avec La Forêt de Mogari, la réalisatrice va-t-elle devenir la deuxième femme après Jane Campion à remporter une Palme d’Or ?

  • Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos

Prix du Jury pour The Lobster en 2015, Yorgos Lanthimos revient en Compétition et change d’animal puisqu’il passe du homard au cerf. Mais il retrouve Colin Farrell -à l’affiche de deux films, donc- aux côtés de Nicole Kidman (également en compétition avec Les Proies). Drame aux allures de thriller centré sur une famille bouleversée par l’arrivée d’un adolescent recueilli par monsieur, chirurgien brillant, ce Cerf sacré pourrait encore valoir à son auteur le statut de long métrage le plus étrange en lice pour la Palme d’Or. Et on ne va pas s’en plaindre.

  • A Gentle Creature de Sergei Loznitsa

Troisième long métrage de fiction et autant de compétitions cannoises pour Sergei Loznitsa qui n’avait rien remporté avec ses précédents films : My Joy (2010) et Dans la brume (2012). Le cinéaste ukrainien, célèbre pour ses documentaires aux formats variés, livre ici le plus long métrage de la compétition : 2h40. Cette libre adaptation de La Douce de Dostoïevski raconte le destin violent d’une femme originaire d’une région reculée de Russie et dont le mari a été emprisonné.

  • La Lune de Jupiter de Kornel Mundruczo

Avec ce long métrage, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó, Prix Un Certain Regard en 2014 avec White God, connaît sa troisième sélection en Compétition après Delta et Un garçon fragile. Un film ancré dans l’actualité et à la tonalité fantastique : l’histoire d’un jeune migrant qui, après s’être fait tirer dessus alors qu’il traversait illégalement la frontière, découvre qu’il a maintenant le pouvoir de léviter.

  • L’Amant double de François Ozon

Dix-huit longs métrages réalisés en l’espace de vingt ans, certes. Mais seulement trois présentés à Cannes jusqu’ici dont un, Le Temps qui reste, à Un Certain Regard. Avec L’Amant double, François Ozon participe pour la troisième fois de sa carrière à une Compétition dont il est sans cesse reparti bredouille. Et ce sera avec un thriller érotique hitchcockien/de palmien/lynchien (au choix selon vos affinités) qu’il tentera de briser cette malédiction avec deux acteurs révélés sur la Croisette : Jérémie Rénier, grâce à La Promesse des frères Dardenne (1995), et Marine Vacth avec Jeune & Jolie de… François Ozon (2013).

  • You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

Où l’on peut enfin reparler de Lynne Ramsay grâce à ses films : passée par la Croisette mais repartie bredouille avec We Need To Talk About Kevin, la réalisatrice a ensuite fait l’actualité grâce à son désistement rocambolesque du western Jane Got A Gun le premier jour du tournage. Membre du jury de Steven Spielberg en 2013, la cinéste écossaise n’a été récompensée que pour des courts métrages jusqu’ici, et trouve donc l’occasion grâce à ce thriller dont le montage sera terminé in extremis. Devant sa caméra, Joaquin Phoenix fera lui aussi son grand retour à Cannes, dans le rôle d’un vétéran de guerre qui tente de sauver une jeune fille prise au piège d’un traffic sexuel.

  • Good Time de Benny & Josh Safdie

Robert Pattinson et Jennifer Jason Leigh portent ce film de braquage dans lequel l’un des voleurs tente par tous les moyens de s’échapper du piège qui lui est tendu. Pattinson était déjà présent à Cannes pour présenter The Rover hors-compétition et, en compétition, Cosmopolis et Maps To The Stars, tous deux réalisés par David Cronenberg. Benny & Josh Safdie signent ici leur troisième long métrage, après Lenny and the Kids en 2009 et Mad Love in New York en 2014.

  • Loveless d’Andrei Zvyagintsev

Troisième compétition et quatrième venue à Cannes pour Andrey Zvyagintsev qui avait déjà concourru à la Palme d’Or avec ses films Le Bannissement (2007) et Léviathan (Prix du scénario en 2014). Elena avait été présenté à Un Certain Regard en 2011, où il avait remporté le Prix Spécial du Jury. Il revient cette année avec l’histoire d’un couple au bord du divorce et à la recherche d’un jeune fils qui a fugué au cours de leur dernière dispute. En toile de fond se brosse un portrait de la société russe en 2017.

  • The Square de Ruben Östlund

Le cinéaste suédois Ruben Östlund est de retour sur la Croisette 3 ans après son Prix du Jury Un Certain Regard pour Snow Therapy. Cette fois, il est propulsé en Compétition officielle avec The Square, un drame racontant l’histoire de Christian, divorcé et père de 2 enfants. Ce dernier, conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, prépare une exposition intitulée « The Square », qui va bouleverser son existence. Côté casting, Dominic West, connu pour son rôle de James McNulty dans The Wire, est de la partie. On retrouve également Elizabeth Moss, qui crève le petit écran en ce moment dans The Handmaid’s Tale.

HORS-COMPETITION

  • Blade of the Immortal de Takashi Miike

Réalisateur prolifique et parfois très polémique en raison de ses outrances filmiques, Takashi Miike abandonne de temps à autre son cinéma de l’excès pour livrer des oeuvres dotées d’une beauté formelle stupéfiante, en tout cas très solides. En 2011, il est ainsi venu sur la Croisette, en compétition, présenter son très beau Hara-Kiri : mort d’un samouraï. S’il s’agissait d’un remake du chef-d’oeuvre de Masaki Kobayashi sorti en 1962, Miike s’y révélait -une nouvelle fois- très à l’aise dans le cinéma dit de « chambara », un genre réputé pour ses scènes d’actions intenses composées de chorégraphies martiales dynamiques et souvent époustouflantes. Il devrait en être de même avec son nouvel opus, adapté d’un célèbre manga publié à partir de 1993, qui évoque l’histoire d’un samouraï immortel condamné à devoir tuer pas moins de mille hommes pour lever sa malédiction… On imagine déjà le carnage.

  • How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell

Après avoir présenté l’effronté Shortbus en 2006, John Cameron Mitchell revient à Cannes avec How to Talk to Girls at Parties, l’adaptation de la nouvelle de science-fiction homonyme de Neil Gaiman. Pour l’occasion, le réalisateur américain retrouve Nicole Kidman qu’il avait déjà dirigée dans l’émouvant Rabbit Hole. Cette fois, la comédie et l’étrange prendront le pas puisque le film, qui se déroule dans le Londres des années 70, raconte la rencontre, au cours d’une grosse fête évidemment, entre Zan, une jeune alien en visite dans notre galaxie incarnée par Elle Fanning, et Enn, un jeune anglais fan de punk joué par Alex Sharp.

  • Visages, villages de Agnès Varda & JR

Deux ans après avoir été récompensée par une Palme d’Or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, l’infatigable Agnès Varda est de retour sur la Croisette avec un nouveau documentaire. Pour l’occasion, elle s’est associée à l’artiste français JR, qui avait précédemment signé Women Are Heroes et Inside Out. Ensemble, ils ont parcouru les routes de France en voiture et en camion. Leur objectif : s’éloigner des villes pour aller vers les autres.

  • D’après une histoire vraie de Roman Polanski

Adaptation du roman homonyme de Delphine de Vigan, le nouveau long-métrage de Polanski raconte l’histoire d’une romancière qui traverse un passage à vide après la parution de son dernier livre. Au casting : Emmanuelle Seigner, compagne du cinéaste, et Eva Green. À noter que la dernière venue du metteur en scène à Cannes remonte à 2013 avec La Vénus à la fourrure.

SEANCES SPECIALES

  • Une suite qui dérange – Le Temps de l’action de Bonni Cohen & Jon Shenk

Onze ans après Une Vérité qui dérange, présenté hors-compétition en 2006, l’ancien vice-président des États-Unis Al Gore est de retour sur la Croisette avec la suite de ce film qui a remporté l’Oscar du meilleur film documentaire en 2007. Présenté en séance spéciale quelques mois avant sa sortie prévue le 1er novembre prochain en France, ce documentaire suit le politicien dans son combat continu pour l’écologie et pour la planète, et s’intéresse aux progrès accomplis au cours des dix dernières années pour trouver des solutions aux problèmes de climat, jusqu’à la signature des Accords de Paris en 2016.

  • 12 jours de Raymond Depardon

Alors que la copie restaurée de son Faits divers était présentée à Cannes Classics l’an dernier, le documentariste habitué de la Croisette Raymond Depardon est de retour au festival avec un nouveau film qui explore l’univers cloisonné et reculé des hospices, au sein duquel les caméras n’ont pas souvent leur place, et revient notamment sur la durée légale au terme de laquelle il convient de confirmer l’enfermement d’un patient ou d’ordonner sa liberté.

  • They d’Anahita Ghazvinizadeh

Comme le veut la tradition, la lauréate de la Cinéfondation 2013 Anahita Ghazvinizadeh, qui vient de terminer son premier long métrage, est accueillie en sélection officielle. C’est en séance spéciale que sera présenté ce « drame de non-passage à l’âge adulte » qui explore la notion du genre dans la vie de J, un jeune à la recherche de son identité qui se désigne par le pronom « They ».

  • La Caméra de Claire d’Hong Sangsoo

Certes, Thierry Frémaux n’aime guère trop que l’on parle de cinéastes « habitués », laissant entendre qu’ils y ont leurs accès privilégiés. Pourtant, c’est tout de même cette expression que l’on a en tête en pensant au réalisateur sud-coréen Sang-soo Hong. Venu pour la première fois à Cannes en 1998 pour présenter dans la section Un certain regard Le Pouvoir de la province de Kangwon, le cinéaste est venu sept fois sur la Croisette, dont trois fois en compétition. Réalisateur prolifique (il tourne presque un film par an), souvent présenté comme un héritier d’Eric Rohmer, Sang-soo Hong est venu à Cannes en 2016 tourner, en plein durant le festival, La caméra de Claire. Le film, qui ferait entrecroiser quatre histoires, évoque avant tout le récit d’une professeur de grandes écoles et écrivaine, incarnée par Isabelle Huppert.

  • Promised Land d’Eugene Jarecki

Le réalisateur de documentaires et essayiste américain Eugene Jarecki, à qui l’on doit notamment le film The House I Live In, qui traite de la guerre contre les drogues aux États-Unis et lui a valu le Grand prix du jury documentaire au Festival de Sundance en 2012, présentera cette année à Cannes ce documentaire au concept intriguant, qui examine le climat socio-politique américain actuel, le tout mis en parallèle avec le parcours et la biographie du King Elvis Presley.

  • Napalm de Claude Lanzmann

Encore une fois influencé par sa carrière de journaliste et par l’état du monde, le Français Claude Lanzmann, à qui l’on doit des documentaires importants comme Pourquoi Israël, réalisé en 1972, et évidemment Shoah, film de près de dix heures sur l’extermination des Juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, sera présent au Festival de Cannes 2017 avec un documentaire qui s’intéresse à la Corée du Nord, 60 ans après la guerre de Corée, et qui s’inspire notamment d’un chapitre de ses Mémoires parus en 2009, Le Lièvre de Patagonie, et de son travail sur place en 1958.

  • Le Vénérable W. de Barbet Schroeder

Deux ans après Amnesia présenté en séance spéciale en 2015, Barbet Schroeder revient à Cannes avec un documentaire qu’il présente comme étant le troisième opus de sa « trilogie du mal » (après Général Idi Amin Dada (1974) et L’Avocat de la terreur (2007). Le Vénérable W. est centré sur la figure de Wirathu, un moine bouddhiste très influent de Birmanie, dont l’islamophobie et le discours haineux se transforment de manière terrifiante en violence et en destruction.

  • Demons in Paradise de Jude Ratnam

Co-production franco sri-lankaise, Demons in Paradise est également un premier film. Produit en France par Sister Productions, ce documentaire est réalisé par le sri-lankais Jude Ratnam, qui avait déjà travaillé sur le film Sri Lanka, voyages après nos guerres.

  • Sea Sorrow de Vanessa Redgrave

A 80 ans, Vanessa Redgrave n’a rien perdu de sa superbe ni de son engagement. La légendaire actrice britannique, connue pour ses rôles dans Blow-Up, Marie Stuart ou encore Julia et qui est aussi une fervente militante d’extrême-gauche, passe pour la première fois derrière la caméra avec un documentaire en forme de cri de révolte et d’appel à notre humanité. Celle qui a déjà été récompensée à Cannes pour ses interprétations dans Morgan (1966) et Isadora (1968) change de casquette pour lancer un message d’alerte sur la crise des réfugiés tout en replaçant cette dernière dans un contexte historique global. Vanessa Redgrave, dont la famille a accueilli des réfugiés hongrois durant la guerre, a tourné en France, en Italie ou encore au Liban. Elle s’est emparée de ce sujet sensible après avoir vu la photo d’Aylan, le petit syrien retrouvé mort sur une plage turque en 2015.

  • Zombillénium de Arthur de Pins, Alexis Ducord

Présenté dans le cadre d’une Séance des enfants, ce film d’animation français suit le quotidien de monstres n’ayant pas le moral dans leur parc d’attraction. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité…

  • Carré 35 d’Eric Caravaca

Pour son second long métrage en tant que réalisateur, Eric Caravaca revient sur son enfance pour mener une investigation sur un secret resté tabou. 11 ans après la fiction Le Passager, dans laquelle il jouait avec Julie Depardieu et Antoine Laurent, Caravaca passe ainsi au documentaire, dans un film qui s’annonce émouvant et intimiste.

SEANCES DE MINUIT

  • The Villainess de Byung-Gil Jung

En matière de thriller d’action, la Corée du Sud offre depuis de nombreuses années d’authentiques pépites, comme les mémorables Memories of Murder, The Chaser, ou encore l’hallucinant J’ai rencontré le Diable. Né en 1980, Jung Byung-Gil est passé à la réalisation en 2008 avec un documentaire percutant consacré aux cascadeurs, Actions Boys. Il creuse depuis la veine des thrillers d’action, avec le solide Confession of Murder, sorti en 2012, qui mettait en scène un mortel jeu de chat et de la souris entre un tueur en série et un détective cherchant à le coincer depuis 15 ans. Présenté en séance de minuit, son nouvel opus ne devrait pas être très éloigné, puisque le film met en scène l’histoire d’une vengeance sans fin d’une femme élevée comme une tueuse…Une oeuvre qui pourrait se situer au croisement de Nikita et du Lady Vengeance de Park Chan-Wook.

  • The Merciless de Sung-Hyun Byun

On se souvient du succès qu’avait remporté le film de zombies Dernier train pour Busan l’an dernier. En 2017, la Corée du Sud viendra à nouveau animer les séances de minuit avec deux longs métrages policiers. The Merciless, signé par un réalisateur davantage habitué aux comédies romantiques, promet son lot d’action et d’adrénaline, puisqu’il raconte l’histoire de Jae-ho, un détenu qui fait la loi en prison jusqu’à l’arrivée de Hyun-soo, un nouveau venu qui remettra sérieusement en cause son autorité.

  • A Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire

Longtemps assistant-réalisateur notamment chez Gaspar Noé et Laetitia Masson, Jean-Stéphane Sauvaire est venu en 2008 présenter au Festival de Cannes, dans la section Un Certain regard, Johnny Mad Dog. Adapté du roman de l’écrivain congolais Emmanuel Dongala, l’oeuvre de Sauvaire était une puissante et terrible plongée dans la vie d’enfants soldats lors de la guerre civile au Libéria, récompensée à juste titre par le Prix de l’espoir à Cannes cette année-là, ainsi qu’un autre Prix au Festival du cinéma américain de Deauville. Neuf ans après, il revient sur la Croisette avec un nouveau film coup de poing, au sens propre comme au figuré. Porté par le jeune comédien Joe Cole, vu notamment en membre de la mafia irlandaise dans l’excellente série Peaky Blinders, le long métrage évoque l’histoire vraie de Billy Moore, enfermé dans une des plus dures prisons de Thaïlande, Klong Prem. Refusant d’y mourir, il apprend la boxe Muay Thai et trouve une fraternité qui va l’aider à se racheter..

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EVENEMENTS 70e ANNIVERSAIRE

  • Top of the Lake – Saison 2 de Jane Campion & Ariel Kleiman

La grande histoire d’amour entre Jane Campion et Cannes continue ! La Présidente de la 67e édition, lauréate de la Palme d’or en 1993 pour La Leçon de Piano, sera de nouveau présente sur la Croisette cette année. Comme en 2013, où elle était venue présenter la première saison en séance spéciale, la réalisatrice néo-zélandaise viendra, sans surprise, offrir les premiers épisodes de la saison 2 de la série de la BBC, multi récompensée. Reprenant quatre ans après le final de la saison 1, elle plongera la détective Robin Griffin (Elizabeth Moss) dans une nouvelle enquête sous-titrée China Girl. Cette saison 2 s’ouvrira ainsi sur le corps d’une femme asiatique, retrouvé sur une plage de Bondi Beach. En marge du casting originel, Gwendoline Christie (Game of Thrones) et Nicole Kidman (qui retrouve Jane Campion vingt ans après Portrait de femme) viennent s’ajouter à la distribution de cette nouvelle saiso notamment obtenu la Palme en 1997 pour Le goût de la cerise, avait travaillé dans les dernières années de sa vin.

  • 24 Frames d’Abbas Kiarostami

Abbas Kiarostami n’est plus, mais son œuvre continue de planer sur Cannes. Décédé en juillet dernier, le maître du cinéma iranien, qui avaite sur un projet spécial, sorte d’ultime réinvention de son art, intitulé 24 Frames. Cette compilation de 24 courts métrages d’un peu plus de quatre minutes chacun, s’appuie sur des tableaux et des photographies, des œuvres figées qui vont prendre vie sous l’œil de la caméra. Un projet original qui vient d’un rêve de jeunesse de Kiarostami : celui de devenir peintre.

  • Twin Peaks – Saison 3 de David Lynch

L’un des événements, hors-compétition, de ce 70e Festival de Cannes sera à n’en pas douter la projection des deux premiers épisodes du revival très attendu de la série culte. David Lynch sera donc de retour sur la Croisette, là où il a remporté la Palme d’or en 1990 pour Sailor et Lula et le Prix de la mise en scène en 2001 pour Mulholland Drive, avec cette nouvelle saison de sa série culte, ressuscitée par la chaîne américaine Showtime, 26 ans après l’annulation du show par ABC au terme de seulement deux saisons. Une projection en première mondiale, avant le lancement aux États-Unis le 21 mai, qui, on l’espère, permettra à une grande partie du casting (Kyle Maclachlan, Sheryl Lee, Madchen Amick, Sherilyn Fenn, …) de monter les marches.

  • Come Swim de Kristen Stewart

Déjà habituée de Cannes malgré son jeune âge, puisqu’elle en a foulé les marches à plusieurs reprises, Kristen Stewart ne reviendra pas sur la Croisette en tant qu’actrice, mais en tant que réalisatrice d’un premier court métrage présenté parmi les séances événements du 70e anniversaire du festival. Déjà présenté à Sundance, le film fera partie d’un programme de courts réalisés par des comédiennes. On y suivra la journée d’un homme, racontée de manière impressionniste et de manière réaliste.

  • Nos années folles d’André Téchiné

Dans le cadre d’une séance hommage au réalisateur, André Téchiné viendra présenter son nouveau long métrage Nos années folles, co-écrit avec Cédric Anger. Porté par Pierre Deladonchamps et Céline Sallette, le film raconte la véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul…

  • Un événement ciné-concert de Tony Gatlif avec la projection de Djam au Cinéma de la Plage

REALITE VIRTUELLE

Non, la réalité virtuelle n’est pas, loin s’en faut, l’apanage du monde des jeux vidéo. Les réalisateurs de films, et non des moindres, s’y intéressent de plus en plus. C’est donc avec une vraie curiosité qu’on accueille l’annonce de la présentation d’une oeuvre développée pour la VR par Alejandro González Iñárritu, Carne y Arena. Eclairé par le grand chef opérateur Emmanuel Lubezki, le court métrage évoque le parcours d’immigrants traversant la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Un sujet d’actualité brûlant, traité par le biais d’une technologie novatrice, et qui constitue une première au Festival de Cannes. « La réalité virtuelle est déjà un art » s’est écrié Thierry Frémaux, enthousiaste, qui déclare « être sorti de l’expérience de ce film secoué et impressionné ».

UN CERTAIN REGARD

  • Barbara de Mathieu Amalric – Ouverture

Mathieu Amalric est de retour à Cannes dans la sélection Un Certain Regard, trois ans après y avoir présenté La Chambre Bleue. L’acteur-cinéaste s’attaque cette fois à l’icône de la chanson française, Barbara, interprétée dans ce vrai-faux biopic par Jeanne Balibar. Amalric a déjà remporté le Prix de la mise en scène en 2010 pour Tournée. À noter que 2017 marque les 20 ans de la disparition de la Dame en noir, décédée le 24 novembre 1997.

  • La Fiancée du désert de Cecilia Atan & Valeria Pivato
  • Etroitesse de Kantemir Balagov
  • La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania
  • L’Atelier de Laurent Cantet

Palme d’Or en 2008 avec Entre les murspuis cité en 2012 aux côtés de sept réalisateurs pour son segment dans 7 jours à la Havane, Laurent Cantet fait son retour sur la Croisette en 2017 dans la section Un Certain Regard. Le cinéaste dirige ici Marina Foïs (après avoir brillé dans Irréprochable l’année dernière, l’actrice continue de construire une filmographie plus exigeante) et Matthieu Lucci qui trouve son tout premier rôle au cinéma.

  • Fortunata de Sergio Castellito

Présenté par Thierry Frémaux comme une relecture contemporaine du Mamma Roma de Pasolini, le nouveau film de Sergio Castellito est indéniablement l’un des plus attendus de la sélection Un Certain Regard. Jasmine Trinca, que l’on a pu voir chez Nanni Moretti (La Chambre du fils, Le Caïman), Michele Placido (Romanzo Criminale) ou encore dans le Saint Laurent de Bonello, veut offrir à sa fille des jours meilleurs ; elle vivra une histoire d’amour passionnelle et déchirante avec Stefano Accorsi dans les faubourgs de Rome.

  • Les Filles d’avril de Michel Franco

Cinq ans après Después de Lucía qui avait obtenu le Prix Un certain regard et deux ans après Chronic qui avait reçu le Prix du scénario à Cannes, le metteur en scène mexicain Michel Franco est de retour sur la Croisette avec un drame. L’intrigue se situe à Puerto Vallarta, à l’ouest du Mexique, et se penche sur les relations entre une mère et sa fille de 17 ans tombée enceinte. Le film est entre autres porté par Emma Suárez, qui avait incarné le rôle-titre du très acclamé Julieta de Pedro Almodóvar.

  • Western de Valeska Grisebach
  • Directions de Stephan Komandarev
  • Out de Gyorgy Kristof
  • Avant que nous disparaissions de Kiyoshi Kurosawa
Quelques mois après la sortie de son film tourné en France, Le Secret de la chambre noire, Kiyoshi Kurosawa dévoile son nouveau projet. Le Japonais était présent sur la Croisette en 2015 pour présenter Vers l’autre rive qui a remporté le Prix de la mise en scène – Un certain regard. En 2008, c’est Tokyo Sonata qui était récompensé par le Prix du Jury dans cette même sélection. Après avoir exploré le thème du fantôme dans ses films, le metteur en scène lorgne cette fois du côté de la SF, en racontant l’histoire d’un homme qui disparaît puis revient visiblement possédé par une créature extra-terrestre.
  • En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui
  • Lerd de Mohammad Rasoulof
  • Jeune femme de Léonor Serraille
  • Wind River de Taylor Sheridan

Acteur, scénariste et désormais réalisateur… Taylor Sheridan ajoute une nouvelle corde à son arc avec Wind River, un western qui nous emmène dans les contrées sauvages américaines où la mort d’une adolescente sur une réserve indienne a attiré l’œil d’un agent du FBI. Un genre que le réalisateur connaît bien puisqu’il a notamment signé le scénario du Sicario de Denis Villeneuve (présenté l’an dernier à Cannes) et de Comancheria. Jeremy Renner, Elizabeth Olsen et Jon Bernthal sont au casting.

  • El Presidente de Santiago Mitre

Présent à Cannes en 2015 pour présenter Paulina (lauréat du Prix Fipresci – Semaine Internationale de la Critique), le réalisateur argentin Santiago Mitre passe cette fois par la catégorie Un Certain Regard avec El Presidente. Dans la même veine que Les Confessions, de l’italien Roberto Andò, le cinéaste propose une plongée vertigineuse au coeur du pouvoir avec ce portrait sans concession du président argentin fictif Hernan Blanco, campé par la star du pays Ricardo Darín. À noter la présence de Christian Slater, dans la peau d’un dirigeant américain magouilleur.

  • Après la guerre d’Anarita Zambrano

      ..Walking Past The Future de Li Ruijun

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