Mouvement citoyen contre le glyphosate à Marseille

Le collectif Marseille en commun a organisé mardi un rassemblement pour sensibiliser les citoyens aux dangers de l’herbicide le plus utilisé au monde, le glyphosate . Le 16 mai dernier, la Commission européenne a relancé la procédure visant à l’autoriser pour les dix prochaines années.

« Notre santé n’est pas à vendre » assène d’emblée Sébastien Barles, militant écologiste dans le collectif Marseille en commun et ancien élu EELV, lors du rassemblement « Stop glyphosate » sous l’Ombrière du Vieux-Port. Les activistes se sont présentés avec détermination afin d’« avertir les Marseillais de la dangerosité du glyphosate ». Ce composé chimique est le désherbant le plus utilisé au monde. Il est présent notamment dans le RoundUp de Monsanto.

En 2015, ce produit a été qualifié de « probablement cancérigène » par le Centre international de recherche contre le cancer. Or, l’Autorité européenne de sécurité des aliments affirme le contraire. Sébastien Barles dénonce « un conflit d’intérêt. » L’entreprise Monsanto aurait dissimulé un rapport commandé par la firme elle-même, faisant état du potentiel danger du glyphosate. En campagne, Karim Mouaci, candidat EELV dans la 3e circonscription ajoute que « les citoyens ne peuvent pas tolérer que leur santé soit mise en danger par des lobbies  ! »

Cette action au coeur de la ville n’est qu’une étape dans leur combat. Depuis le 25 janvier, une initiative citoyenne européenne, poussée par une coalition d’ONG dont Greenpeace, a été lancée pour « pousser les États membres de l’Union Européenne à interdire le glyphosate. » A ce jour, plus de 750 000 citoyens européens ont signé la pétition. Le candidat écologiste indique qu’il est « nécessaire d’atteindre le million de signatures pour le symbole mais il faut au moins 10 millions de signatures pour réellement bouger les choses. »

« On bloquera les institutions européennes s’il le faut »

La Commission européenne prendra sa décision à la mi-juin, avant la date butoir de la pétition. Sébastien Barles, l’animateur écologiste du collectif Marseille en commun, accuse la Commission européenne de « déni démocratique » en agissant ainsi. En cas de jugement contraire à leurs souhaits, les activistes sont prêts à « mettre la pression, quitte à bloquer les institutions européennes s’il le faut » affirme-t-il.

La société civile doit être plus forte que l’État. Il y a quelques temps, Ségolène Royal ancienne ministre socialiste de l’Écologie, a voulu interdire le RoundUp mais finalement, elle a fait machine arrière. « Il est essentiel d’éveiller les consciences. Malgré un État défaillant, le peuple doit se tenir droit », souligne Karim Mouaci. Le candidat des Quartiers nord surenchérit en ajoutant que « c’est un combat plus important que le reste car ça vaut le coup de travailler, d’avoir des enfants, de consommer mais si c’est pour mourir empoisonné, à quoi ça sert ? »

Les écologistes se disent prêts à faire vaciller le colosse européen pour « fabriquer l’Europe qu’on souhaite » assure Christine Juste, porte-parole Europe Écologie Les Verts Provence-Alpes-Côte d’Azur. Prochaine étape, Strasbourg le 12 juin sous les fenêtres du Parlement.

Photo de garde : la Marseillaise
Azir Said Mohamed Cheik
Article tiré de la Marseillaise  le 24 mai 2017

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