Jean-Luc Mélenchon ancre son programme au local

Jean-Luc Mélenchon mène une campagne nationale mais de proximité dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. Bien déterminé à barrer la route « à la grande coalition » en marche, et au FN dans la 3e circonscription avec Sarah Soilihi.

Instantané dans un restaurant du quai du Port avec Jean-Luc Mélenchon qui rencontrait la presse en fin de semaine; le patron lui confie en direct, « ça me fait plaisir que vous vous présentiez à Marseille ». Comme une confusion municipale et des attentes fortes parmi la population ? « Oui et tout se mélange. Il s’agit de gens qui ont été au bout de toutes les procédures normales, et d’ailleurs, même le système clientéliste ne fonctionne pas s’il y a trop de clients, si vous devez ramasser la moitié de la ville alors ça ne marche plus ».

Le candidat de la France Insoumise de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône croise des phocéens « pensant que je peux faire un miracle. Cette attente est absolument disproportionnée et je n’ai pas intérêt à faire croire aux gens que je vais régler des choses qui ne sont pas de mon ressort ». Une petite pierre dans le jardin de ses concurrents et autres élus de la Ville, mais bien entendu, il assure ne pas juger. Il a décidé de son atterrissage « en deux heures et demie de discussion politique, en fonction d’un plan et d’une vision qui porte sur l’avenir du pays », explique-t-il. Il serait bien partout dans le Sud.

Au sens propre comme au figuré s’il s’affiche c’est « pour que les gens fassent le lien entre les deux ». La présidence et les législatives. L’ex-candidat à la présidentielle ne veut pas réitérer « un des reproches les plus vifs qu’on s’était fait » en 2012. « D’avoir fait une campagne présidentielle et après, d’avoir tout dispersé comme si c’était des élections locales ». Sur la politique il devise : « l’ancien paysage a disparu. Le nouveau se construit. Il faut que j’arrive à être un peu plus malin car après les législatives il va à nouveau falloir s’adresser à tout le monde ». Il pense que son score provient en partie d’une « vraie culture politique commune » des gens. Ce que « beaucoup de leader n’ont pas vu ».

Le candidat doit franchir des caps au national, comme au local avec son binôme, l’écologiste Sophie Camard. Il reste peu de temps pour appréhender Marseille et ses codes. On rentre dans le dur de la campagne. Aussi il n’a pas éludé le trouble semé par son  ni-ni’’ qui a légitimement fait couler tant d’encre devant les habitants du quartier du Panier hier. Troquant son rôle de tribun pour une séance de pédagogie politique. La place du refuge n’était pas vide mais le candidat n’a pas fait le plein. Pendant la présidentielle « j’ai dit pas une voix pour Madame Le Pen ». « Qui est responsable des résultats ? Ceux qui votent pour elle, pas ceux qui la combattent enfin ! ». Prenant soin de préciser combien la victoire qu’il espère de Sarah Soilihi, dans la 3e circonscription, aura une saveur inégalée.

Il a dévoilé sa stratégie : porter l’avenir en commun au coeur des Législatives. « Parce que si les 7 millions de gens qui ont voté une première fois pour un programme reviennent pour voter pour le même programme, et bien nous serons présents au deuxième tour dans 78% des circonscriptions, ce qui signifie que nous avons la capacité de gagner.» Le dessein n’était pas aussi perceptible que sur le Vieux-Port mais les répliques de Mélenchon sur « ces illuminés qui sont au pouvoir » et les premiers axes de travail du gouvernement Macron ont fait mouche. Notamment en rappelant que « chaque page du code du travail est l’histoire d’une lutte sociale », fustigeant l’ère du capitalisme.

« On produit n’importe quoi, n’importe comment, on fabrique des besoins et des consommations absolument inutiles ». Un système qui « pille et saccage la nature, pille et saccage l’être humain ». Prévenant qu’avec le nouveau ministre de l’Éducation Nationale, « un grand chef à plumes sous Nicolas Sarkozy » qui « a supprimé 80 000 postes », il n’y avait pas d’amélioration à attendre a contrario de celle qu’il défend : « une école qui aide de jeunes personnes à devenir des personnes humaines », « à regarder l’autre comme votre semblable ».

Photo de garde : Nathalie Fredon
Nathalie Fredon
Article tiré de la Marseillaise  le 28 mai 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s