Donald Trump, l’apprenti sorcier du climat

Depuis son accession à la Maison Blanche, le président américain se croit toujours dans une émission de télé réalité. Sauf qu’il ne s’agit plus d’un jeu mais de l’avenir de la planète. 

Tout geste politique de Trump doit se lire à l’aune de son ego. La mise en scène et son attitude dans l’annonce attendue de la sortie ou non des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat font, une nouvelle fois, davantage penser à un décorum de jeu télévisé qu’à de la diplomatie et de la géopolitique.

Mercredi, alors que des premières fuites sortaient dans la presse américaine, le président utilisait son média préféré, Twitter, pour annoncer qu’il rendrait sa décision ce jeudi dans les jardins de la Maison Blanche. Et de ponctuer sa sortie d’un «MAKE AMERICA GREAT AGAIN». Avec les majuscules. On se croirait vraiment dans un épisode du jeu The Apprentice où le chef d’entreprise Trump donnait rendez-vous à des demandeurs d’emploi pour leur signifier s’ils continuaient l’aventure ou s’ils partaient, au son du désormais célèbre «you’re fired» («vous êtes viré»).

Mais cette fois, il ne s’agit plus de reality show, ni de business, mais des Etats-Unis et de la Terre entière. Ce qui est en jeu, c’est la compréhension globale des enjeux mondiaux à long terme et l’héritage qu’il léguera aux générations futures. Les questions liées au climat méritent mieux que cette vulgaire mise en scène d’un président louchant sur des indicateurs économiques à court terme.

Donald Trump n’aime rien tant que de savoir le monde entier pendu à ses lèvres, comme s’il était le grand puppet master, comme si rien ne pouvait se faire sans lui. Cela ne durera qu’un temps. Ce qu’il ne perçoit pas, c’est que le monde le regarde avant tout pour savoir si l’on peut encore compter sur les Etats-Unis, pour essayer de comprendre où va ce pays et quel est le rôle qu’il veut jouer. Si les réponses de Trump ne consistent qu’à isoler les Américains du reste de la planète, ses mises en scène ne seront plus suivies que par les chaînes locales américaines. Et les autres pays s’occuperont des choses importantes. Sans lui.

Photo de garde : AFP -Saul Loeb.
David Carzon
Article tiré de Libération  le 1er juin 2017

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