#Moidéputé – Deux responsables du SNES répondent aux internautes

A la demande de l’Humanité, deux responsables nationaux du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), Frédérique Rolet et Xavier Marand ont pris connaissance de vos propositions en matière d’Education. Ils vous répondent. 

Le système éducatif n’est certes pas parfait, mais il s’est largement ouvert ces cinquante dernières années avec le collège unique puis les trois voies du lycée. Cet effort de massification (plus de 90 % des jeunes de 17 ans sont encore en formation initiale) doit maintenant passer l’étape suivante : sortir des déterminismes sociaux de réussite scolaire.

La contribution de Catherine Gontié à propos du handicap est pertinente. De plus en plus d’enfants à besoins éducatifs particuliers fréquentent l’école. Le débat porte actuellement sur la pertinence de viser à tout prix la « classe ordinaire » plutôt que des dispositifs particuliers. Des efforts sont à faire en termes d’effectifs des classes concernés et d’accompagnants (AESH) pour les élèves concernés, de façon à ce que l’inclusion soit profitable et non source de difficulté pour l’élève, la classe et les enseignants.

Cyril propose d’  « améliorer du rôle de conseiller d’orientation », notamment en ce qui concerne le « dépistage des enfants à haut potentiel et accompagnement ».  C’est un des objectifs de la création du corps des Psy-EN. Le recrutement est aujourd’hui insuffisant.

Madeleine incite à « revaloriser le salaire des instituteurs pour qu’il soit égal à celui d’un professeur, en fonction de ses heures de travail ». Effectivement, les carrières sont identiques et la revalorisation gagnée cette année est insuffisante pour rattraper le retard accumulé. Les études montrent que le temps de travail hebdomadaire global est similaire entre 1er et 2nd degré.

Plusieurs internautes rejoignent les propositions de Michel Léger. En effet, La formation des enseignants est un vaste chantier, qui commence par la place faite en France actuellement aux recherches en sciences de l’éducation et à leur vulgarisation. Pour former, il faut des formateurs, dont le système manque cruellement à l’heure actuelle.

Les travaux sur la démocratisation des apprentissages montrent qu’il faut aller vers davantage d’explicitation, vers une évaluation qui aide les élèves à s’appuyer sur leurs points forts pour progresser là où cela est nécessaire. L’éducation doit bien sûr développer l’esprit critique et la capacité à décrypter l’information.

On le voit dans vos écrits. Les devoirs et le soutien sont à réfléchir en continuité avec la classe, de façon à ne pas compliquer la tâche des élèves, en particulier ceux qui connaissent des difficultés scolaires. La bonne volonté et le bénévolat ne suffisent pas : comme le dit, Hervé Radureau, il faut de la formation.

Pour répondre à plusieurs internautes, signalons que la philosophie a déjà été expérimentée, et continue de l’être, à différents niveaux du système éducatifs (notamment via les « café philo »), et de fait mériterait davantage de place. Les rudiments du droit sont enseignés dès le collège en éducation morale et civique. Il est difficile de tout enseigner, ou bien il faudrait beaucoup augmenter les heures de cours ! Pour faire suite aux propositions de Sébastien Oliva, la question des logiciels libres est d’actualité : pour le moment, la réponse n’est pas tranchée, malheureusement, alors qu’il faudrait que l’Education nationale conserve sa liberté vis à vis des grandes firmes numériques internationales.

A l’image de quelques contributeurs, nous partageons la nécessité de porter la scolarité obligatoire à 18 ans, permettant d’allonger le temps de formation pour tous les élèves (actuellement, ce sont les plus fragiles qui quittent précocement le système).

Proposer davantage de places d’internat, comme le fait Thomas Malécot, et cela sur tout le territoire, est une nécessité.

Beaucoup de contributions invitent à faire disparaitre les notes.  Pour le Snes, l’évaluation est une nécessité : elle permet tant à l’élève qu’au professeur de faire le bilan des apprentissages. La question n’est pas celle de la note ou de tout autre code employé, mais de l’usage qui en est fait.

Article tiré de l’Humanité . le 10 juin 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s