Législatives – Le FN bénéficie des divisions de la gauche

Dimanche, 110 candidats frontistes brigueront les suffrages des Français au second tour des élections législatives. Un mauvais bilan du Front National qui aurait pu encore être alourdi, en ne laissant que 79 de ses candidats en lice… si la gauche s’était unie au premier tour dans un plus grand nombre de circonscriptions.

Nous avons compté 31 circonscriptions dans lesquelles les voix cumulées du PCF, de la France insoumise (FI) et d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) donnent le second meilleur score, derrière la République en marche (REM), le Modem ou l’UDI. Dans ces 31 circonscriptions, c’est le FN qui s’est qualifié. Le duel s’y déroulera dimanche entre la droite et l’extrême droite, alors qu’une gauche radicale, combative, pouvait briguer la deuxième place en effaçant du même coup le parti de Marine Le Pen du paysage. Certes, l’arithmétique n’est pas de la politique, mais l’examen de ces chiffres donne à réfléchir… Tour d’horizon des occasions manquées.
  • Dans la 1e circonscription des Alpes de Haute-Provence, les suffrages cumulées de la France Insoumise (15,23%), d’EELV (5,21%) et du PCF (5,08%) dépassent largement ceux du Front National, qualifié avec 17,70%, derrière la République en Marche (34,22%).
  • Dans la 1e des Hautes-Alpes, FI (12,24%) et PCF (3,05%) font mieux en cumul que le FN, qualifié avec 13,58%, derrière REM (31,93%).
  • Dans la 11e des Bouches-du-Rhône, FI (10,90%), PCF (5,95%) et EELV (3,43%) auraient pu être devant le FN, qualifié avec 18,01%, derrière le Modem (35,21%).
  • Dans la 6e du Calvados, si on additionne leur score, France Insoumise (10,31%), EELV (5,06%) et PCF (1,35%) doublent le FN, qualifié avec 13,55%, derrière REM (37,01%).
  • Dans la 3e circonscription de Côte d’Or, même situation: FI (12,60%), EELV (3,23%) et le PCF (1,70%) auraient du battre de peu (avec 17,53% des suffrages) le FN, qualifié avec 17,23% derrière REM (32,01%).
  • Dans la 2e de Dordogne, Europe Ecologie-Les Verts (11,95%), la France insoumise (11%) et le Parti communiste (7,35%), unis, l’emportaient haut la main devant le Front national, qualifié avec 15,95% derrière la République en Marche (34,73%).
  • Dans la 5e circonscription du Gard, le cumul des suffrages de la FI (13,01%), du PCF (9,49%) et d’EELV (4,21) devance de plus de sept points le FN, qualifié avec 19%, derrière REM (32,76%).
  • En Haute-Garonne, l’opération aurait éliminé trois candidats FN. Dans la 5e, où FI (14,45%), EELV (3,16%) et PCF (1,63%) réalisent plus de voix que le FN, qualifié avec 16,67M% des suffrages, derrière REM (37,66%). Même chose dans la 7e : FI (15,08%), EELV (4,84%) et PCF (2,27%) seraient devant le FN, qualifié avec 16,88% derrière REM (37,41%). Dans la 8e enfin, le cumul FI (14,10%), PCF (3,09%) et EELV (2,80%) auraient empêché la qualification du FN avec 15,23%, derrière REM (33,35%).
  • Dans la 10e circonscription de Gironde, le PCF ne présentait pas de candidat, mais les scores de la France Insoumise (13,18%) et d’EELV (3,87%) auraient suffi à battre le FN, qualifié avec 15,89%, derrière REM (40,27).
  • Dans l’Hérault, trois circonscriptions auraient pu avoir droit à un duel gauche-REM. Dans la 1e, sans candidat PCF, FI (15,60%) et EELV (10,70%) dépassent de presque dix points la candidate FN France Jamet, une des figures du parti, pourtant qualifiée avec 16,82% derrière REM (34,12%). Dans la 4e, FI (16,03%), EELV (5,59%) et PCF (1,82%) passent en nombre de voix devant le FN, qualifié avec (17,73%), derrière REM (31,49%). Enfin dans la 9e, les voix de la FI (15,19%), d’EELV (7,10%) et du PCF (1,45%) sont plus abondantes que celles du FN Guillaume Vouzellaud, un des cadres du parti lepéniste, qualifié avec 20,56% derrière REM (39,89%).
  • Dans la 1e circonscription de l’Indre, les voix de la France insoumise (10,93%), ajoutées à celles d’EELV (2,54%) et du PCF (1,88%) auraient suffi à doubler le FN, qualifié avec 14,05% derrière REM (37,16%).
  • Dans la 2e de l’Isère, FI (11,12%), PCF (10,45%) et EELV (3,25%) pouvaient, ensemble, empêcher la qualification du FN avec 12 ,59% seulement, derrière REM (39,60%).
  • Dans la 1e du Loir-et-Cher, FI (10, 57%), EELV (2,82%) et PCF (1,70%) totalisent un petit plus de voix (15,09 au total) que le FN, qualifié avec 15,04% derrière un candidat Modem (34,59%).
  • En Moselle, place forte du Front National dans l’Est, ce sont deux candidats qui auraient pu être éliminés du second tour. Dans la 8e, FI (15,62%), PCF (6%) et EELV (2,78%) passaient à peine (24,40% au total) devant le FN, qualifié avec 23,30% derrière REM (36,18%). Dans la circonscription voisine, la 9e, les voix de la FI (9,73%), d’EELV (2,71%) et du PCF (0,97%), soit 13,41% cumulés, auraient pu tenir échec le FN, qualifié avec 13,32% derrière REM (36,18%).
  • Dans la 1e circonscription de la Nièvre, la France insoumise (11,05%) le PCF (4,39%) et EELV (2,59%), battent en nombre de voix le FN, qualifié avec 15,89% derrière REM (34,78%).
  • Dans le Nord, autre zone de force du parti d’extrême droite, les voix de la gauche suffisaient sur le papier à battre deux candidats FN. Dans la 11e circonscription, FI (12,90%), le PCF (4,12%) et EELV (4,07%) sont en voix cumulées devant le FN, pourtant qualifié avec 15,79% derrière REM (30,63%). Dans la 21e, l’addition des scores de la France insoumise (14,07%), du PCF (4,72%) et d’EELV (3,93%) mettait hors course (de justesse, avec 22,72% des suffrages) le FN, pourtant qualifié avec 21,90% derrière l’UDI (33,41%).
  • Dans la 6e circonscription de l’Oise, celle du député communiste sortant sortant Patrice Carvalho, qui se représentait, la division coûte un siège. Malgré les scores du PCF (18,86%), de la FI (7,29%) et d’EELV (2,77%), le cadre national du FN Michel Guiniot s’est qualifié avec 21,02% derrière REM (30,04%).
  • Dans les Pyrénées-Orientales, deux candidats FN auraient pu être battus dès le premier tour par la gauche. Dans la 1e circonscription, les scores cumulés de la FI (11,56%), d’EELV (5,73%) et du PCF (4,30%) ne permettent pas de passer devant le FN, qualifié avec 20,26%, derrière REM (31,75%). Dans la 4e, FI (10,72%), PCF (7,64%) et EELV (2,42%) avaient suffisamment de voix pour battre le FN, pourtant qualifié avec 20,02% des suffrages, derrière REM (29%).
  • Dans la 14e circonscription du Rhône, même situation: la France insoumise (14,59%), le PCF (10,45%) et EELV (3,24%) avaient la force pour ensemble empêcher la qualification du FN avec 17,61%, derrière REM (36%).
  • Dans la 4e circonscription de Seine-Maritime, la mise en commun des voix de la FI (13,65%), du PCF (7,88%) et d’EELV (2,27%) suffisaient à distancer le FN, qualifié avec 19,25% derrière REM (25,92%).
  • En Seine-et-Marne, la gauche pouvait priver deux candidats frontistes de second tour. Dans la 3e, FI (15,02%), EELV (5,96%) et PCF (2,22%) additionnaient plus de voix que le FN, qualifié avec 20,42% derrière l’UDI (40,15%). Même scénario dans la 7e, où FI (12,13%), PCF (6,63%) et EELV (2,78%) sont dépassés par le FN, qualifié avec 17,69%, derrière REM (31,82%).
  • Dans la 2e circonscription du Tarn, la France insoumise (14,69%), EELV (4,02%) et le PCF (3,47%) surpassent largement en nombre de voix le FN, pourtant là encore qualifié avec 16,84%, derrière REM (34,29%).
  • Dans la 3e circonscription de la Vienne, Le total des voix de la FI (11,68%), d’EELV (3,41%) et du PCF (3,22%) est supérieur au FN, qualifié avec 14,68%, derrière REM (39,98).

Photo de garde : AFP – Loïc Venance
Grégory Marin
Article tiré de l’Humanité le 15 juin 2017

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