Législatives – Un second tour, des soutiens inattendus et des situations inédites

Avec l’éclatement du clivage gauche-droite traditionnel et les excellents résultats des candidats de La République en marche, le rebattement du jeu politique donne parfois des situations inédites. C’est le cas lors de ce second tour des législatives où les consignes de vote de certains candidats sont pour le moins surprenantes, si ce n’est complètement à contre-courant de leur sensibilité politique.

Le raz-de-marée de La République en marche (LREM), le nouveau parti du président Macron, a fait des dégâts dans le paysage politique français. Selon un décompte du journal Le Monde, avec 515 candidats LREM qualifiés au second tour sur un total de 577 circonscriptions en France, la majorité présidentielle pourrait compter entre 440 et 470 députés. Le Parti socialiste et Les Républicains sont les premières victimes de ce chamboulement, mais la France insoumise et le Front national ont également réalisé des scores bien en deçà de leurs espérances. Un rebattement des cartes qui donne lieu dans certaines circonscriptions à des situations inédites pour le second tour de ce dimanche 18 juin.

  • Manuel Valls soutenu par Serge Dassault et les communistes

Dans la première circonscription de l’Essonne, Manuel Valls est l’un des rares ténors du PS à se trouver en ballotage favorable au second tour face à la candidate de la France insoumise Farida Amrani. L’ancien Premier ministre peut compter sur le soutien du Parti communiste et du républicain et ancien maire de Corbeil-Essonne, Serge Dassault.

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En revanche, le socialiste Benoît Hamon, que Valls avait refusé de soutenir lors de la présidentielle, a annoncé « sans hésiter » son soutien à Farida Amrani.

  • Ségolène Royal soutient une candidate LREM plutôt que la socialiste Delphine Batho

L’ex-ministre du gouvernement Ayrault, Delphine Batho, n’a pas le soutien de Ségolène Royal pour briguer un troisième mandat dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres où elle avait justement succédé à l’ancienne ministre de l’Environnement de François Hollande en 2007. Ségolène Royal a déclaré avoir donné sa voix à Christine Heintz de La République en marche, affirmant qu’il s’agissait « d’une bonne candidate ». Delphine Batho n’a pas tardé à réagir en lançant sur France Bleu Poitou : « Tous ceux qui me soutiennent et qui ont fait pendant des années les campagnes de Ségolène Royal, qui lui ont permis d’accéder à de hautes fonctions, le vivent comme un manque de respect ».

  • Patrick Balkany refuse de soutenir le candidat LR

A droite aussi certains soutiens s’avèrent assez surprenants. Dans la 5e circonscription des Hauts-de-Seine, le député sortant et maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany refuse d’apporter son soutien à Arnaud de Courson pourtant investi par le parti Les Républicains. Patrick Balkany a fait savoir qu’il comptait voter pour la candidate LREM, Céline Calvez, arrivée en tête au 1er tour avec 41,69% des voix. « J’étais ravi de lui dire que je préfère la voir elle à l’Assemblée que voir mon opposant depuis 25 ans, qui s’oppose à tout ce qu’on fait à Levallois, élu. Monsieur de Courson, je crois que, politiquement, il est mort depuis longtemps », a commenté le maire de Levallois.

  • Un candidat FN appelle à voter pour la France insoumise

Le candidat FN de la 1ère circonscription du Nord, Eric Dillies, a beau être aux antipodes de l’extrême-gauche sur le spectre politique, cela ne l’empêche pas d’appeler à voter pour la France insoumise. Eliminé dès le 1er tour, il a choisi d’apporter son soutien à Adrien Quatennens, candidat du parti de Jean-Luc Mélenchon face à Christophe Itier de La République en marche. « Je vais voter pour lui, et j’appelle mes électeurs à suivre mon exemple, a dit le lepéniste. J’ai rencontré Adrien Quatennens, c’est quelqu’un de bien. Face à une majorité pléthorique, il défendra le peuple, il s’opposera, il ne sera pas un béni-oui-oui. Il sera plus utile aux Français que M. Itier qui suivra ses 400 ou 450 collègues ».

  • Ces circonscriptions où s’affrontent deux candidats LREM

A croire que La République en marche serait presque victime de son succès, dans certaines circonscriptions deux candidats se revendiquant de la majorité présidentielle se font face à face lors du second tour.

Dans la 18e circonscription de Paris, la socialiste Myriam El Khomri et le Républicain Pierre-Yves Bournazel se disputent l’étiquette de la majorité présidentielle. Myriam El Khomri affirme être soutenue par le président de la République quand son adversaire revendique lui le soutien du Premier ministre Edouard Philippe. On n’a donc pas encore le nom du député de la 18e circonscription de Paris, mais on sait déjà qu’il siègera dans la majorité 

Même situation dans la 4e circonscription de la Manche, ancien fief de l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve. Dans ce territoire historiquement ancré à gauche, le candidat PS a été éliminé dès le 1er tour. Deux « Marcheurs » vont s’affronter lors du 2e. L’un, Blaise Mistler a été officiellement investi par La République en marche, l’autre, Sonia Krimi, soutenue par le comité local  de « En Marche », a décidé de maintenir sa candidature sous la bannière de la majorité présidentielle. Là aussi, les électeurs auront donc à faire un choix ubuesque à faire dimanche 18 juin.

Photo de garde : AFP – Loic Venance
Pierre Fesnien
Article tiré de RFI  le 16 juin 2017

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