« Que fait l’Etat contre la fermeture des MJC ? Rien. Il regarde sans lever le petit doigt »

Les Maisons des jeunes et de la culture sont menacées par les collectivités locales. Et le modèle n’intéresse plus les ministères de la culture, qui y voient même un ennemi, nous dit, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

CHRONIQUE. Il y a cinq mois, nous avons évoqué ici l’épreuve de force entre la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Sens, ville de l’Yonne de 25 000 habitants, et la maire (Les Républicains), Marie-Louise Fort, qui veut la virer de ses locaux. Comme la mairie en est propriétaire et donne de l’argent, l’issue était écrite.

Le tribunal administratif a sommé l’équipe de 19 personnes de quitter les lieux le 10 juillet. Le combat de la MJC n’est pas fini, mais, vu les mots doux échangés, son avenir est délicat. Comme nous vivons une époque en marche, c’est l’occasion de revenir sur ces maisons d’éducation populaire, où, parmi d’autres activités, l’on joue de la musique autant qu’on en écoute.

Tapons sur Internet « MJC en danger ». La liste est déprimante : pétitions, grèves, réduction de personnel et d’activités, locaux confisqués, voire rasés. C’est vrai à Sens, Gourdon, Villeneuve-sur-Tarn, Valdurenque, Limeil-Brévannes, Aubagne, Oust, Chilly-Mazarin… Ça se passe dans le silence des villages comme des petites villes. Autre indice : la fédération régionale des MJC en Ile-de-France est en redressement judiciaire depuis le 24 mai. Manque d’argent.

D’une ville à l’autre, les arguments des maires sont les mêmes : ils doivent faire des économies, ils reprochent aux MJC une piètre gestion et un mauvais rapport qualité-prix, veulent récupérer en interne les activités proposées. A se demander comment les MJC s’y prennent pour être aussi nulles. A moins qu’il n’y ait d’autres raisons, qu’on résumera d’une formule : pour tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Que fait l’Etat ? Rien. Il regarde sans lever le petit doigt – les MJC sont passées de 3 000 dans les années 1970 à 1 300 aujourd’hui. A tel point que l’excellente humoriste Nicole Ferroni, qui a fait ses premières armes à la MJC d’Aubagne, a posté fin mars une vidéo sur Internet, interpellant en ces termes Audrey Azoulay : « Bonjour,…

Michel Guerrin
Article tiré du Monde . le 16 juin 2017

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