Parlement – Ils s’opposeront à la casse sociale prévue dès cet été

Une trentaine de députés communistes, insoumis, d’Ensemble ! ont été élus. Signe de la résistance au raz-de-marée annoncé pour En marche, ces élus doivent s’organiser cette semaine pour lutter au mieux contre les projets du président.

À l’issue du premier tour des législatives, il y a seulement une semaine, les instituts de sondage leur promettaient entre 8 et 23 sièges, grand maximum. Au final, ce sont près de 30 députés présentés ou soutenus par le PCF, la France insoumise, Ensemble ! qui siégeront sur les bancs de l’Assemblée nationale. Une série de députés qui entend bien jouer les grains de sable dans la mécanique que le président de la République espérait si bien huilée. « Belles conquêtes et résistance de notre famille politique à la vague Macron », a salué sur les réseaux sociaux, dès les résultats connus, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble ! et élue dimanche en Seine-Saint-Denis. Le journaliste François Ruffin, élu dans la Somme, relevait hier « le travail de terrain » qui a permis le « miracle » de son élection en allant « arracher (des citoyens) à l’abstention, à la résignation, à l’écœure­ment­ ».

« Ce résultat était inespéré à l’issue du premier tour et de l’immense poussée d’En marche », ajoute André Chassaigne, qui a été, ces cinq dernières années, chef de file des députés Front de gauche et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). Le député du Puy-de-Dôme salue la somme de travail fourni pour « expliquer la nécessité d’une Assemblée qui ne soit pas une simple chambre d’enregistrement et d’une opposition de la gauche radicale ».

Un résultat également marqué pour le fondateur de FI, Jean-Luc Mélenchon, par « une victoire qui paraît écrasante » de « (nos) adversaires » mais aussi par de « bonnes nouvelles », à savoir une abstention (57,36 %) qui prend « une signification politique offensive » et un groupe France insoumise acquis.

Les communistes se réuniront mercredi pour étudier les différentes « hypothèses sur la table »

Si le président de la République a obtenu au final moins d’élus que ce qui lui était promis (jusqu’à plus de 450 députés), sa majorité n’en demeure pas moins très confortable : 308 candidats LREM, auxquels s’ajoutent 42 Modem et tous ceux parmi les 113 LR et les 29 PS qui regardent d’un bon oeil les projets macronistes.

Mais dimanche, une résistance au tsunami annoncé s’est tout de même fait sentir. De quoi laisser entrevoir des résultats qui auraient été encore bien meilleurs sans division au 1er tour. Aujourd’hui, parmi ces députés de gauche qui s’opposeront au projet Macron, de nombreux nouveaux feront leurs premiers pas au Palais Bourbon. Seuls André Chassaigne, Marie-George Buffet et Huguette Bello y ont siégé lors du précédent mandat. Une fois la victoire fêtée, reste aussi à s’organiser. Les élus disposent de peu de temps puisque dès mardi prochain les groupes devront être constitués. Avec 29 députés au minimum (11 PCF, 2 Ensemble !, 14 France insoumise, 2 ultramarins soutenus par ces formations) auxquels pourraient se joindre d’autres élus de gauche ou d’outre-mer, la constitution d’un ou de deux groupes est envisageable. Les communistes se réuniront mercredi pour étudier les différentes « hypothèses sur la table avec la volonté d’un travail et d’une expression coordonnés entre les différentes sensibilités de la gauche radicale ». Côté France insoumise, dès dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon a évoqué « un groupe, la France insoumise, cohérent, discipliné, offensif ». Une définition qui n’est pas sans rappeler le contenu de la charte que FI voulait voir signer par ses candidats, mais le fondateur du mouvement l’a aussi dit ouvert « à tous ceux qui voudront le rejoindre ». Les critères pour y siéger n’ont pas encore été arrêtés, confie un cadre de FI. Cependant, pour Alexis Corbière et Éric Coquerel, tous deux élus en Seine-Saint-Denis dimanche, ce groupe devrait être présidé par Jean-Luc Mélenchon. De fait, quelle que soit l’option retenue, tous ces députés ont des batailles communes à mener. « On va tenter d’empêcher Emmanuel Macron de gagner le moindre mètre sur le terrain social », prévient Éric Coquerel. « Face à une majorité soumise au président, les combats vont être multiples, ajoute André Chassaigne. Et le premier d’entre eux portera sur le projet de loi d’habilitation pour les ordonnances sur la réforme du Code du travail. »

Photo AFP/Bertrand Guay
Julia Hamlaoui
Article tiré de l’Humanité  le 20 juin 2017

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