Bruxelles – La recherche d’un consensus européen sur le commerce international

Les dirigeants des 28 Etats membres de l’UE s’attaquent ce vendredi, à Bruxelles, à l’épineuse question du commerce international, qui oppose les défenseurs du libre-échange aux tenants d’une politique commerciale désormais plus protectrice, à commencer par la France.

La politique protectionniste prônée par Donald Trump aux Etats-Unis, la menace grandissante du dumping chinois, ainsi que l’opposition populaire aux traités de libre-échange négociés par l’UE, comme celui avec le Canada (le CETA), a polarisé les positions européennes ces derniers mois.

« La division se fait entre ceux qui veulent d’abord un commerce libre et ceux qui privilégient des règles équitables », résume un diplomate européen.

Le président français Emmanuel Macron, qui participe à son premier sommet européen, a défendu à nouveau jeudi à Bruxelles une « Europe qui protège » les citoyens face à la mondialisation.

« Je ne suis absolument pas favorable à quelque protectionnisme que ce soit, mais je suis un défenseur de la juste protection », a plaidé M. Macron.

L’une de ses propositions, inscrite à l’agenda du sommet, divise particulièrement les Etats membres: la mise en place « au niveau européen » d’un « instrument de contrôle des investissements étrangers en Europe ».

Une telle mesure ciblerait tout particulièrement les investisseurs chinois, dont l’appétit pour les entreprises industrielles de pointe européennes – notamment allemandes – a beaucoup inquiété ces dernières années.

Par leurs prises de contrôle, les firmes chinoises, parfois publiques, sont accusées de s’offrir à moindre coût et de manière déloyale une expertise et des technologies clés.

Ainsi, en 2016, l’Allemagne et l’Union européenne (UE) n’avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies « made in Germany » lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l’électroménager Midea, pour 4,6 milliards d’euros.

Besoin d’investissements étrangers

Selon un projet de conclusions du sommet consulté par l’AFP, la Commission va être invitée à examiner « les besoins » de l’UE en la matière, mais les 28 ne « reviendront sur la question » que lors d’une future réunion.

Plusieurs pays y sont en effet vivement opposés, soit parce qu’ils ont besoin des investissements étrangers pour leur économie (Grèce, Portugal), soit parce qu’ils sont attachés à l’ouverture des marchés (pays nordiques).

Toujours selon le projet de conclusions du sommet, les dirigeants européens appelleront vendredi à défendre « un commerce ouvert et multilatéral, avec un rôle central pour l’Organisation mondiale du commerce [OMC] » et à « combattre le protectionnisme ».

Photo Reuters/François Lenoir
Article tiré de RFI . le 23 juin 2017

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