Mort de Rémi Fraisse – Pour le parquet tout est normal…

Le parquet de Toulouse a requis un non-lieu concernant la mort du militant écologiste de 21 ans, tué par une grenade tirée par un gendarme sur le chantier du barrage de Sivens, le 26 octobre 2014. Il appartient maintenant aux juges d’instruction de se prononcer.

Même si elle était attendue, il s’agit d’une étape décisive concernant la mort de Rémi Fraisse, mort en 2014 sur le chantier du futur barrage controversé du Tarn.
« On a reçu le réquisitoire définitif, le parquet demande un non-lieu car il n’y a ni crime ni délit », qu’il a été fait « un usage proportionné de la force » et que « l’emploi de la grenade correspondait à l’unique et seule réponse possible« , a déclaré vendredi Me Jean Tamalet, avocat du gendarme qui a tiré la grenade présumée mortelle.
Ces réquisitions de non-lieu sont sans surprise car aucune personne n’était poursuivie. L’instruction s’était achevée en janvier et le père de la victime, Jean-Pierre Fraisse, redoutant que ce dossier aboutisse à un non-lieu avait déposé, via ses avocats, d’ultimes plaintes pour tenter de relancer les investigations.
Il appartient maintenant aux juges d’instruction de se prononcer sur l’issue de ce dossier. L’avocat du gendarme est optimiste sur un non-lieu: « il n’y a aucune chance qu’il en soit autrement car cela serait une absurdité juridique ».
Son client avait été entendu en tant que témoin assisté le 18 mars 2016 et n’avait pas été poursuivi. Un rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) avait déjà blanchi le gendarme en décembre 2014. Il avait estimé que les avertissements nécessaires avaient été effectués avant le tir de la grenade.
« Les forces de l’ordre se trouvaient alors face à « cinq opposants agressifs qui (jetaient) constamment toutes sortes de projectiles », selon le compte-rendu de la gendarmerie.
Dans ses réquisitions, le parquet estime que le gendarme a « effectué dans des conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité un lancer de grenade OF-F1 alors que des violences ou des voies de fait étaient exercées contre des officiers et des sous-officiers de gendarmerie et qu’il ne pouvait défendre autrement le terrain qu’il occupait, lui et les militaires de son groupe« , selon un extrait publié par Médiapart.
En mai, le ministère de l’Intérieur a interdit définitivement l’usage de ces grenades offensives de type F1 utilisées en maintien de l’ordre. Elles faisaient déjà l’objet d’une suspension depuis le 28 octobre 2014, deux jours après la mort du militant écologiste, sur décision du ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve.
Le parquet de Toulouse est aussi revenu dans ses réquisitions sur la personnalité de Rémi Fraisse : « un jeune homme totalement intégré, calme, pondéré et pacifique. Titulaire d’un baccalauréat Série S, d’un BTS, il occupait lors des faits, à la satisfaction totale de son employeur, un emploi en intérim de monteur en chapiteau« .
« Rien dans son parcours, bien au contraire, ne met en exergue une quelconque agressivité ou acte de violence à l’encontre des institutions ou représentants des forces de l’ordre », selon un extrait publié par Médiapart.
Le projet de barrage a depuis été abandonné, mais un autre, réduit de moitié, est à l’étude. Les zadistes qui occupaient le site en ont été délogés le 6 mars 2015.
Photo AFP
Article tiré de l’Humanité  le 24 juin 2017
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