Merci Madame Veil

Un sourire singulier entre douceur et détermination ; un regard franc et perçant : telle était Simone Veil, femme d’exception qui a traversé le XXe siècle en manquant être engloutie par le génocide perpétré par les Nazis. Elle nous laisse aujourd’hui orphelins et surtout orphelines.

Nous lui devons tant, nous les femmes, dont on ne dira jamais assez que la conquête des droits et l’émancipation demeurent un combat permanent. Dans la France des années 70, alors que les femmes ont droit à la contraception depuis 1967 seulement, le mouvement féministe est en effervescence. En 1971, «le Manifeste des 343 salopes» publié par le Nouvel Observateur fait l’effet d’une bombe. Des femmes connues osent dire qu’elles ont avorté. L’acte est puni. Les avortements clandestins font des victimes. Celles qui ont de l’argent vont à l’étranger. Dans la France des 30 Glorieuses, la femme reste une citoyenne de seconde zone ; une paria si elle avorte.

Une femme qui parle au nom de toutes les femmes.

Lorsque Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974, les ombres de celles qui sont mortes faute d’une loi qui les aurait protégées, semblent suivre la jeune ministre. Une petite poignée de députées siègent, mais l’écrasante majorité des élus portent la cravate, ce qui ne les rend pas plus dignes pour certains d’entre-eux. Les hommes, surtout ceux de son camp, la droite, ne lui font pas de cadeau. Revoir ces images et entendre leurs insultes permet de mesurer le courage d’une femme qui parle ce jour là au nom de toutes les femmes.

Car Simone Veil n’est pas seule. Dans le public, les femmes sont là et leurs luttes acharnées ont permis d’aboutir à cette loi qui légalise l’avortement. Un combat qui demeure d’actualité. Car au fil des décennies, ce droit est grignoté faute de moyens alloués aux Planning familiaux ; des lieux essentiels pour les jeunes filles d’aujourd’hui qui doivent apprendre à être les seules maîtresses de leur corps.

Simone Veil a mené ce combat avec détermination. Elle nous l’offre en héritage. Merci Madame.

François Verna
Article tiré de la Marseillaise . le 1er juillet 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s