Quelle place pour le nucléaire dans une France à l’énergie plus verte ?

Le plan climat décliné le 6 juillet dernier par Nicolas Hulot fait le point sur le diesel et les centrales à charbon, mais il a été à peine question de l’avenir de la filière nucléaire. Le ministre de la Transition écologique s’est engagé ce lundi 10 juillet à fermer plusieurs réacteurs nucléaires, peut-être 17, a-t-il assuré lundi matin chez nos confrères de RTL. Fermer 17 réacteurs, est-ce réaliste ?

Le parc nucléaire français compte aujourd’hui 58 réacteurs, répartis sur 19 sites en France. Fermer 17 réacteurs reviendrait à fermer l’équivalent du tiers de ce parc. Quels seraient les réacteurs concernés ? Où sont-ils situés ? Faut-il privilégier les plus anciens ? Quelle est la méthode ? Des questions pour lesquelles Nicolas Hulot reconnaît ne pas avoir encore de réponse.

Le ministre de la Transition énergétique a expliqué qu’il fallait le temps de la réflexion, et de l’analyse : « Chaque réacteur a une situation économique, sociale, des hommes des femmes travaillent sur ces sites, chaque réacteur a une situation de sécurité très différente ».

Réfractaire à l’énergie nucléaire depuis longtemps, Nicolas Hulot se devait d’aborder cette question. Il l’avait presque éludée dans la présentation du plan climat. Loi de transition énergétique oblige, certains réacteurs devront fermer. L’objectif fixé dans la loi votée en 2015 étant de plafonner l’électricité nucléaire à 50% d’ici 2025 – contre 75% aujourd’hui – de faire monter la part des énergies renouvelables à 32% de la consommation en 2030.

Importance du tempo

La continuité dans la fourniture d’électricité doit être assurée. L’engouement pour le solaire et l’éolien est bien réel, mais pour l’instant, la production de ces énergies vertes ne permet pas de prendre le relais de l’atome. Certains réacteurs produisent plus que d’autres, le parc est ancien, une vingtaine des centrales françaises mises en service à la fin des années 70 seront atteintes par la limite d’âge de 40 ans, leur fermeture était initialement prévue dans les 5 années à venir. Des arbitrages vont devoir être faits. Arbitrages délicats. Il ne faut pas oublier non plus qu’il aura fallu un quinquennat pour acter finalement la fermeture de la centrale de Fessenheim, dans l’est de la France, la doyenne du parc nucléaire français. Sa fermeture ne devrait intervenir qu’au moment de la mise en service de l’EPR de Flammanville, réacteur nouvelle génération, pour l’instant prévue pour 2019.

La facture « cachée » du démantèlement

Le coût de démantèlement des centrales européennes est estimé à 250 milliards. La moitié de ce budget est consacré au démantèlement et 130 milliards d’euros à la gestion des déchets.

A l’échelle française, EDF évaluait en février dernier à 75 milliards d’euros le démantèlement de l’intégralité du parc, mais seuls 2  milliards ont été provisionnés, sécurisés. Un rapport parlementaire du début de l’année 2017 pointait du doigt les estimations de l’électricien français, qui seraient très en-deça de la réalité du démantèlement.

Car cette énorme opération relève aussi du défi technologique. La mise à l’arrêt d’une centrale est tout sauf une opération de routine. Il s’agit d’un défi que seuls les robots peuvent relever et qui peut prendre plusieurs années, voire des décennies.

Photo de garde : REUTERS – Michel Euler
Clémence Denavit
Article tiré de RFI  le 10 juillet 2017

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