Réforme du Code du travail – 3 choses à savoir sur Adrien Quatennens, le député « insoumis » qui secoue l’Assemblée

Adrien Quatennens, jeune député La France insoumise, se fait déjà remarquer pour ses « punchlines » enflammées contre la réforme du Code du travail à l’Assemblée nationale.

Deux mois à peine après avoir été élu, le jeune député de la première circonscription du Nord, Adrien Quatennens, agite déjà l’Assemblée nationale. Lundi 10 juillet, le membre de La France insoumise, militant bénévole et ancien conseiller clientèle dans le secteur de l’énergie, a multiplié les phrases-chocs pour protester contre la réforme du Code du travail, à laquelle il est fermement opposé. Franceinfo vous liste trois choses à savoir sur lui. 

Il a rejoint Jean-Luc Mélenchon en 2013

Entré à l’Assemblée il y a environ deux mois, Adrien Quatennens exerce son premier mandat d’élu, à seulement 27 ans. L’Obs rappelle qu’il a fait ses premiers pas en tant que militant, lorsqu’il était lycéen. A l’âge de 15 ans, il a participé aux manifestations contre le CPE, Contrat première embauche destiné aux moins de 26 ans défendu par le gouvernement Villepin. Il s’est ensuite mobilisé dans des associations d’aide aux sans-abri à Lille (Nord), puis au sein du mouvement altermondialiste Attac.

Sur son blog, il explique adhérer en 2013 au Parti de Gauche, séduit par son triptyque « Ecologie, Socialisme, République » et sa capacité à renouveler les pratiques militantes. En février 2016, il suit Jean-Luc Mélenchon quand celui-ci décide de lancer le mouvement La France insoumise et coordonne son groupe de soutien à Lille lors de l’élection présidentielle.

Depuis qu’il siège à l’Assemblée nationale, il semble faire le bonheur de son groupe. « Excellent, c’est notre fierté », expliquait son collègue membre de la France insoumise Alexis Corbière à  Libération.

Il est en première ligne contre la réforme du Code du travail

A peine élu, déjà dans le bain. Le jeune homme a été chargé par le groupe La France insoumise de défendre une motion contre la réforme du Code du travail. Lundi, il s’est exprimé longuement à la tribune pour marquer son opposition au projet de loi autorisant le gouvernement à procéder par ordonnances sur cette réforme.

« Vous nous demandez de vous autoriser à faire à peu près tout ce qui vous chante sur l’ordre juridique et social de 18 millions de salariés et de renoncer, sur un sujet majeur, à notre rôle de législateur. Vous n’aurez pas notre blanc-seing pour jouer les apprentis sorciers avec le Code du travail », a-t-il lancé devant les députés. 

Le 4 juillet, comme d’autres de ses collègues « insoumis », il avait brandi symboliquement un Code du travail dans l’Hémicycle après la déclaration de politique générale d’Edouard Philippe. Le groupe voulait montrer qu’il défendrait « mètre après mètre » ce « gros livre rouge ».

Le lendemain, alors que le projet de loi passait en commission des Affaires sociales, Adrien Quatennens a déploré le fait qu’aucun des 120 amendements déposés par les députés de l’opposition ne soit adopté. Le député a ainsi souligné le « taux d’acceptation de 0% », ce à quoi la présidente de la commission, Brigitte Bourguignon, a répondu : « Bah, évidemment, vous l’imaginez… » L’échange n’est pas passé inaperçu.

 

 

Il a fait découvrir sa verve à la tribune de l’Assemblée

Adrien Quatennens est à l’aise à l’oral et ses déclarations à la tribune pour défendre le Code du travail ont été très remarquées. « Vous dites que le problème du Code du travail est son épaisseur. Trouvez-vous que l’annuaire est trop épais ? Dans ce cas, quelles pages faut-il arracher ? », a-t-il ainsi lancé, lundi, lors du premier jour des débats.

Il s’est également montré très virulent envers Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, comme le rapporte Libération. Alors qu’elle évoquait un Code du travail « fait pour embêter 95% des entreprises », il a rétorqué : « Ces propos sont inacceptables et par ces mots, vous déshonorez votre fonction, madame la ministre ».

Globalement, le député a étrillé l’ensemble de l’éxécutif, l’accusant d’un « meurtre avec préméditation du Code du travail ». Les députés La République en marche en ont aussi pris pour leur grade : « Voulez-vous vraiment que l’histoire retienne que votre marche est d’abord un piétinement d’un siècle de luttes sociales ? », a-t-il tempêté, en raillant leur mutisme.

En une journée, le jeune député a décoiffé l’Assemblée. 

Photo AFP/Bertrand Guay
Licia Meysenq
Article tiré de Franceinfo . le 11 juillet 2017

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