87 000 bacheliers attendent toujours leur affectation à l’université

Alors que le système est en surchauffe, les acteurs se réunissent lundi pour redéfinir les modalités d’entrée à la fac.

Ils viennent d’avoir leur diplôme et ils ne savent toujours pas où ils iront à la rentrée. La plateforme d’admission post-bac (APB), qui gère les affectations à l’université, compte encore 86 969 jeunes bacheliers inscrits sur liste d’attente. Ils étaient environ 117 000 avant vendredi, date à laquelle le site a donné une réponse à 30 000 personnes. Celles-là ont jusqu’au 19 juillet 14h pour répondre à la proposition qui leur est faite sur la plateforme.

Pour les quelque 87 000 qui sont encore en liste d’attente, il faut se tourner vers la procédure complémentaire, ouverte depuis fin juin et toujours sur la plateforme APB. Y sont proposées des places vacantes tout au long de l’été et jusqu’au 25 septembre. Les jeunes doivent donc consulter très régulièrement APB et postuler sans attendre dès qu’une proposition les intéresse.

Titouan, un lycéen de Granville (Manche) de 17 ans, fait partie de ceux-là. Interrogé par France 3 Normandie, il avoue s’être inscrit par défaut en licence de physique en attendant qu’une place en Staps (sports) se libère. Le jeune homme a obtenu une mention très bien au bac.

Parmi les 37 000 toujours en attente, 9 700 avaient pourtant placé en premier vœu une filière non sélective, pas «en tension» (avec des demandes supérieures aux capacités d’accueil) et dans leur académie, un vœu qui aurait dû leur garantir une place.

Le nombre de formations universitaires obligées d’afficher une liste d’attente faute de places a reculé à 92, indique le ministère de l’Enseignement supérieur. On en décomptait 115 fin juin, à l’issue de la deuxième vague de réponses, un nombre record signe de l’engorgement d’«un système à bout de souffle», selon les mots de la ministre Frédérique Vidal.

«C’est juste dû au baby-boum»

«Cela fait des années qu’il y a entre 25 000 ou 40 000 jeunes qui arrivent à l’université, ce n’est pas une nouveauté, c’est juste dû au baby-boum des années 1990-2000», commente à France Info Lilâ Le Bas, la présidente du syndicat étudiant UNEF. «A côté de ça, les universités voient leurs places stagner ou même se réduire, parce qu’il y a un manque de moyens et de budget. Forcément à un moment ça coince.»

La première vague de réponses d’APB début juin avait révélé un nombre de formations en tension (avec des demandes supérieures aux capacités d’accueil) bien plus élevé que l’année passée. Une situation qui s’explique par la hausse démographique et la volonté d’un nombre accru de bacheliers de poursuivre des études. Et par un défaut d’orientation pendant les années du lycée, selon les acteurs concernés.

Les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40 000 étudiants supplémentaires, une hausse observée depuis deux ans et qui devrait perdurer jusqu’en 2022. S’ajoutent aux néobacheliers les étudiants en réorientation, traités cette année sur un pied d’égalité par rapport aux jeunes ayant obtenu leur bac en 2017.

Tirage au sort

La sélection est interdite en France pour l’entrée à l’université − même si ce principe est mis à mal dans un certain nombre de filières universitaires comme les doubles licences. Lorsque les demandes sont supérieures aux capacités d’accueil, les candidats sont alors tirés au sort, un procédé vivement critiqué par l’ensemble des acteurs éducatifs et les étudiants, et que la ministre de l’Enseignement supérieur a promis d’éliminer pour la rentrée 2018.

Syndicats étudiants, présidents d’université et représentants du ministère se retrouvent d’ailleurs lundi pour un premier round de négociations afin de redéfinir les modalités d’entrée à la fac. Parmi la vingtaine d’acteurs conviés figurent notamment les syndicats étudiants, la conférence des recteurs d’académie, la conférence des présidents d’université, les associations de parents d’élèves, qui tous jugent indispensable une réforme du système. Mais leurs approches diffèrent parfois fortement sur ce sujet sensible. Jusqu’à présent, avoir le bac est la seule condition requise pour s’inscrire à la fac dans la filière de son choix. Faut-il poser d’autres conditions ?

Le calendrier n’est pas encore fixé, mais «l’objectif est d’aller vite» pour permettre la mise en œuvre des propositions à la rentrée 2018, indique-t-on au ministère. Selon d’autres sources, après le premier round de juillet, deux autres se dérouleront en septembre et octobre, avec pour but un accord fin octobre.

Photo AFP/Frederick Florin
Article tiré de Libération  le 16 juillet 2017

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