La fièvre numérique des politiques français, une nouveauté ?

Une fois passée la fièvre numérique propre aux campagnes législatives ou présidentielle, la plupart des nouveaux représentants de la nation ont bien du mal à retrouver le chemin du web pour convaincre de la pertinence de leurs décisions. Ce n’est pas le cas des députés de la France insoumise qui ont décidé de déplacer les débats parlementaires sur la Toile.

Depuis de nombreuses années, les internautes se sont habitués aux prises de paroles tonitruantes sur le web et les réseaux sociaux des responsables politiques en période électorale. Des citoyens aujourd’hui hyper connectés qui n’hésitent pas, par ailleurs, à apostropher en retour leurs candidats ou à débattre en ligne du bien fondé de leurs propositions.

LREM veut devenir un média

Mais après les élections, toute cette ferveur numérique est retombée. L’internaute se sent alors exclu des débats concernant sa propre gouvernance. Le parlementaire 2.0 est-il encore à inventer ? C’est ce qu’ont imaginé les membres du jeune parti La République en Marche lors de leur première « convention » pour évoquer et déterminer les grands chantiers à venir. « Se constituer comme un média » principalement sur le web, tel était le souhait du mouvement d’Emmanuel Macron. En développant leur propre production de contenus pour relayer des messages sur le terrain, y compris « là où les médias ne vont pas », indiquent les militants de La République en Marche qui comptent recruter des rédacteurs, des vidéastes et des Youtuber’s. « Nous voulons nous adresser à des médias un peu plus sociétaux, pour casser la lecture uniquement politique des partis », ajoutent-ils en indiquant ainsi que ces publications auront comme canal privilégié de diffusion le web et les réseaux sociaux.

 

Les nouvelles stars du web politique français

Mais force est de constater que ce média alternatif s’inspire des pratiques déjà mises en place par les élus de la France insoumise sur YouTube, Facebook ou Twitter. Les députés du parti de Jean-Luc Mélenchon, qui se désignent eux même comme les premiers vrais parlementaires de l’ère numérique, usent et abusent avec un succès certain des réseaux sociaux. Et bien que minoritaires à l’Assemblée nationale, les nouvelles stars du web politique français se nomment Adrien Quatennens‏, François Ruffin, Ugo Bernalicis ou encore Danièle Obono.

Effectivement, ils affichent ainsi leur volonté farouche de déplacer les débats parlementaires sur la Toile. Leurs interventions dans l’hémicycle sont systématiquement disponibles en quasi direct sur les réseaux sociaux, leurs pages Facebook sont renouvelées en permanence et leurs petits tweets assassins quasi quotidien attirent de plus en plus d’internautes.

Cette communication politique sans intermédiaire et sans journaliste, a donné des idées au chef de file de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon préparerait sa propre chaîne d’info, avec un JT fait maison sur sa chaîne YouTube. La diffusion du programme est prévue à partir de janvier 2018.

Photo AFP/Martin Bureau
Dominique Desaunay
Article tiré de RFI . le 25 juillet 2017

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