Collomb annonce deux centres pour migrants dans les Hauts-de-France

Deux centres pour migrants – 300 places au total – seront ouverts dans les dix jours dans les Hauts-de-France, selon Gérard Collomb. Une annonce qui intervient après que le Conseil d’Etat a validé, contre le souhait de la ville de Calais, des mesures d’aide aux migrants qui, depuis le nord de la France, souhaitent rejoindre le Royaume-Uni, et qui sont exposés à des « traitements dégradants ».

Ces centres d’hébergement et d’orientation ne se trouvent pas à Calais même, mais à Troisvaux et Bailleul, dans la région. Et justement, cela fait toute la différence selon le ministre de l’Intérieur, qui s’est exprimé lundi 31 juillet 2017.

« Ne pas organiser à Calais-même de centre d’hébergement »

Pour Gérard Collomb, pas question de créer un nouveau Sangatte, une nouvelle « jungle » ou un autre point de fixation pour les migrants désirant rejoindre l’Angleterre. L’accueil devra se faire un peu plus loin dans la région.

« Le dispositif est organisé (dans le souci constant) de ne pas organiser à Calais-même de centre d’hébergement, mais (d’)offrir une solution d’hébergement à proximité », explique le ministre.

Ces centres d’accueil et d’orientation (CAO) sont présentés comme nouveaux par les autorités. Mais l’un des deux, celui de l’abbaye de Belval, sur la commune de Troisvaux – 300 habitants -, est ouvert depuis le 15 mai dernier.

« Au départ, quand les gens sont arrivés, certains ont voulu repartir en Angleterre et d’autres ont lancé des démarches administratives pour avoir le statut de réfugié français », relate le maire de Troisvaux, Charles Torchy.

« Ça ne correspond pas aux besoins des gens qui sont à Calais »

L’autre centre annoncé par le ministre de l’Intérieur français se trouve sur la commune de Bailleul, où des chambres d’hôtel du groupe Formule 1 seraient transformées en centres d’accueil.

Problème : aux yeux de Christian Salomé, de l’association Auberge des migrants, « ça ne correspond pas aux besoins des gens qui sont à Calais ».

Et de rappeler que les centres, « ce ne sont pas des prisons » non plus : « Même si on les force à monter dans les bus et à y aller, les gens descendent du bus au lieu de rentrer dans le centre et ils reviennent sur Calais », dit-il.

Les associations demandent surtout l’application de l’ordonnance du tribunal administratif de Lille, validée par le Conseil d’Etat dans un avis rendu lundi, à savoir la création de points d’eau et de sanitaires à Calais.

« Si l’Etat veut mettre en place ces dispositifs, il devra réquisitionner »

Sauf que la mairie de Calais n’obéira pas au Conseil d’Etat. La maire Les Républicains Natacha Bouchart se « refuse à mettre en place des dispositifs de fixation ». « Je préfère payer une amende », assume-t-elle.

Sa crainte : le retour d’un bidonville. « On commence avec un point d’eau, la distribution de repas, le message passe et petit à petit et on se retrouve avec 300, 400, 500, 10 000 migrants, jusqu’au plus fort de ce que l’on a connu », justifie-t-elle.

Et de renvoyer aux deux nouveaux centres : « Il n’y a pas lieu d’y avoir de douches puisqu’il existe des lieux pour accueillir ces personnes. De l’eau, il y en a, les fontaines et les toilettes sont là, elles sont publiques, pour tout le monde. »

Donc, « pas de dispositifs spécifiques pour les migrants ». « Et si l’Etat et le ministre veulent mettre en place ces dispositifs, ils devront réquisitionner. Donc prendre leurs responsabilités », conclut l’élue locale.

Photo Reuters/Charly Triballeau/Pool
Article tiré de RFI  le 1er août 2017

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