Venezuela – Les arrestations de Lopez et Ledezma attisent encore les tensions

Deux importants dirigeants de l’opposition vénézuélienne, Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma, ont été emprisonnés dans la courant de la nuit du lundi au mardi 1er août. Ils étaient tous deux en résidence surveillée. Deux emprisonnements qui tendent encore le contexte, alors que l’incertitude domine concernant les rapports à venir entre la Constituante élue dimanche sans la participation de l’opposition, et le Parlement où cette dernière est majoritaire.

« Une décision arbitraire ». C’est ce qu’ont dénoncé en boucle, mardi 1er août, les membres de l’opposition et les proches de Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma après leur emprisonnement. En conférence de presse, le député Juan Andrès Andrès Mejía a tenu à réaffirmer « le courage » des deux hommes :

« Le gouvernement a pensé qu’avec cette fraude de la Constituante, il allait nous vaincre ! Il a pensé que nous allions nous rendre, et comme nous ne cédons pas, le gouvernement commence la persécution. Antonio Ledezma et Leopoldo Lopez sont des otages de la dictature. Une dictature qui démontre une fois de plus qu’elle veut en faire des instruments pour un chantage à ceux qui n’ont pas l’intention d’accepter de chantage… »

Leopoldo Lopez arrêté pour « prosélytisme politique »

Le dirigeant du parti Volonté populaire, Leopoldo Lopez, avait été emprisonné en février 2014 lors des protestations contre Nicolas Maduro. Condamné à près de 14 ans de prison pour « incitations à la violence », il était assigné à résidence depuis le 8 juillet dernier. Quant au maire de Caracas, Antonio Ledezma, il avait été arrêté en février 2015 pour « conspiration », et était assigné à résidence depuis avril 2015.

Le Tribunal suprême de justice a justifié ces mesures en invoquant des « projets de fuite » des deux hommes. La plus haute autorité judiciaire affirme aussi qu’il n’ont pas « respecté les conditions », accusant notamment Leopoldo Lopez d’avoir fait du « prosélytisme politique » et Antonio Ledezma d’avoir fait des « déclarations à la presse ».

Les deux assemblées siègeront-elles en même temps ?

Après l’élection de l’Assemblée constituante, les incertitudes sont nombreuses, notamment quant à l’hypothèse d’une dissolution à venir du Parlement où l’opposition est majoritaire. La députée Tamara Adrian n’entend pas abandonner le combat :

« Nous n’avons pas d’armes mais nous pouvons défendre le Parlement d’un point de vue institutionnel. Nous ne pensons pas cohabiter avec les membres de la Constituante. S’ils s’approprient illégalement l’espace du Parlement par la force, cela génèrera plus de confrontations. Le gouvernement veut nous pousser à la collision. Nous, nous avons toujours pensé qu’une négociation pour restaurer la démocratie est la seule voie possible. »

Une chose est sûre : les députés ont d’ores et déjà prévu de plancher ce mercredi en session sur « la gouvernabilité démocratique du Venezuela ». Les adversaires au régime du président Nicolas Maduro pourraient battre le pavé jeudi.

Photo de garde : REUTERS – Ueslei Marcelino
Julien Gonzalez
Article tiré de RFI  le 2 août 2017

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