Paca – Le ministre refuse l’aide promise au bio

Stéphane Travert a décidé de supprimer l’aide aux agriculteurs bio, au profit des plus gros exploitants. Indignation des PME et fédérations d’agriculteurs et du mouvement de défense des exploitants familiaux.

Alors que le gouvernement affichait clairement l’ambition d’une transition écologique de l’agriculture française lors des États Généraux de l’alimentation française le 20 juillet 2017, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert, décide 8 jours plus tard, de ne prévoir aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique pour 3 ans à venir.

Un renoncement politique unanimement dénoncé par les petits et moyens exploitants bio ou pas, la confédération paysanne, le mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF) comme par la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), qui demande un fléchage de « 3% à minima du 1er au 2ème pilier pour les seules aides bio afin que l’État honore ses engagements et finance les nouvelles demandes d’aides (Conversion et maintien) sur la seconde partie de la programmation (2017-2020) ».

Mais, constate la présidente de la FNAB, Stéphanie Pageot : « Le ministre S. Revert a décidé de transférer 4,2% seulement du 1er au second pilier pour financer à la fois, les agro-environnementales climatiques, les indemnités compensatoires des handicaps naturels et les aides à la bio. Un montant que tous les acteurs du monde agricole savent très nettement insuffisant ». Et de déplorer: « Cette décision vient contredire les promesses de campagne d’Emmanuel Macron sur les paiements des services environnementaux et l’introduction de produits bio dans les cantines et témoigne d’un manque criant de courage face à l’agro-industrie et l’agrochimie. »

Une politique qui tue les petits…

6ème région de France avec 2716 fermes pour 111 079 Ha en bio, 23 922 Ha en conversion et une croissance soutenue, la région Paca est aussi la 2ème en surface de vignes et la 3ème en surface de fruits frais. Pour Daniel Roche, exploitant à Berre, ex-président régional et départemental du MODEF : « Cette politique agricole est destinée à nourrir l’agro-business, alors que ces dernières années ont permis d’encourager les nombreuses conversions en bio. Le plus grave est que cette aide essentielle pour les 3 premières années pour obtenir le label bio, vont être encaissées par les gros industriels déjà aidés. On est face à un gouvernement néo-libéral… »

Idem, Michel Seimandi, maraîcher bio installé vers Aix depuis 31 ans, est tout aussi indigné : « C’est un grand saut vers l’ultralibéralisme ! Et les petits exploitants en sont les victimes directes. Car, il y a 2 aides en agriculture, celle relative à la surface et attribuée par l’Europe. Pour soutenir les petits exploitants le précédent ministre avait surcôté les 50 premiers hectares. Aujourd’hui S. Travert, lui, supprime cette surcôte ! Ce qui risque de tuer les plus petits ». Il poursui t: « La seconde aide est d’ordre qualitative pour l’environnement. Là, le ministre prend de l’argent (+4,2%) pour le rebasculer vers les plus gros ! ». Un véritable non sens politique, même si rassure Anne-Laure Dossin, chargée de mission Bio-Paca: « Dans la région, cette aide sera versée par l’agence de l’eau, on avait pris les devants ».

Photo JC
Houda Benallal
Article tiré de la Marseillaise  le 2 août 2017

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