La carrière antique est occupée, Vinci suspend les destructions

Les manifestants ont investi la carrière de 2600 ans. Vinci contraint d’observer une trêve jusqu’à la réunion le 31 août en préfecture.Le bras de fer se poursuit. Jusqu’aux médias grecs qui s’emparent de l’affaire.

La mobilisation commence à payer. Vinci Immobilier a renoncé hier provisoirement à engager les opérations de destruction partielle sur le site antique de la Corderie. Le promoteur qui promet d’aménager un jardin archéologique de 635 m² en concertation avec la Drac, a suspendu son chantier jusqu’au 31 août, veille du début des travaux prévus pour la construction de la résidence des Loges.

Les opposants à ce projet immobilier de 108 logements qui doit empiéter sur le site antique que la ministre de la Culture a promis de classer aux monuments historiques, venaient à 7h du matin d’investir le chantier pour empêcher le retour des tractopelles. « On y est, on y reste puisqu’on parle à des sourds ! » lançait un représentant du CIQ de Saint-Victor alors que l’élu communiste Christian Pellicani, ceint de l’écharpe de conseiller d’arrondissement exhortait avec d’autres les participants à inscrire l’occupation dans la durée. Beaucoup découvraient émus pour la première fois les vestiges et le travail de taille des premiers bâtisseurs de Massilia il y a 2600 ans. La veille, une manifestation avait réuni plusieurs centaines d’habitants, d’associatifs et d’élus.

« On marche sur la tête ! »

Dans l’heure, une escouade de policiers tentait vainement de convaincre les manifestants de partir. Entre temps, le préfet des Bouches-du-Rhône, Stéphane Bouillon décidait d’organiser une réunion le 31 août avec les élus concernés, la Drac, Vinci Immobilier et les comités d’intérêt de quartier. « Elle aura pour but d’expliquer le dispositif de conservation élaboré par le service régional de l’archéologie de la Drac et de permettre le démarrage des travaux en toute connaissance de cause », précisait toutefois le préfet agréant « à la demande de Claire Pitollat, députée [ndr LREM] de la 2ème circonscription des Bouches-du-Rhône ».

« Il est criminel de raser ces colonnes-là ! » s’émeut Gilbert Laurens, représentant du CIQ Saint-Victor. Il faut offrir au monde ces vestiges qui valorisent notre ville qui a 2600 ans. Les Américains nous prennent nos pierres parce qu’ils n’ont pas de patrimoine et nous on le cache ! On marche sur la tête ! » L’affaire des vestiges hellénistiques du Vème siècle avant J.-C a trouvé un écho jusqu’en Grèce où de nombreux média relayaient « la lutte des habitants de Marseille pour sauver la carrière antique ».

Photo de garde : La Marseillaise
David Coquille
Article tiré de la Marseillaise  le 7 août 2017

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