Cédric Herrou condamné à la place de l’État ! Attac appelle à renforcer la protestation citoyenne

Aujourd’hui à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence Cédric Herrou est condamné à 4 mois de prison avec sursis pour « aide à l’immigration clandestine ». Tel est le verdict de l’appel suite au procès du 10 février 2017 au TGI de Nice, où Cédric Herrou avait bénéficié de « l’immunité humanitaire ». Cette décision, qui aggrave celle prise en première instance, fait suite à un appel du parquet, représentant l’État.

Cet acharnement contre Cédric Herrou, encore récemment gardé à vue pour la sixième fois, a un sens politique profond.

En effet l’appel du parquet a été motivé par un « détournement de l’aide humanitaire qui s’inscrit dans la contestation globale de la loi et sert une cause militante ». Autrement dit, le respect des droits fondamentaux de chaque être humain peut être combattu au motif qu’il sert une cause militante ! Et qu’il est contraire à la loi ! Mais quelle loi ?

C’est l’État qui viole la loi ! En empêchant les demandeurs d’asile de déposer leur demande, en empêchant les citoyens solidaires de se substituer à l’État défaillant pour permettre à ces migrants d’avoir accès à l’eau, à la nourriture, à l’hébergement.

Qui, à Calais, gaze la nourriture et les vêtements des migrant·e·s, au début du 21siècle alors qu’Emmanuel Macron se présente comme un président « moderne » ?

C’est pourtant l’État et la mairie de Calais qui sont désignés par le Conseil d’État comme responsables d’un traitement inhumain et dégradant, et d’une atteinte au principe de la dignité humaine. C’est l’État qui a été condamné à de multiples reprises par la Cour européenne des droits de l’homme, notamment pour sa politique d’enfermement des mineur·e·s étranger·e·s.

En réalité, le gouvernement s’appuie sur un discours xénophobe dont les fondamentaux sont :

  • le fantasme d’une « invasion » de l’Europe par une vague de migrant·e·s, qui justifie la fermeture des frontières par la crainte de « l’appel d’air », tout en entretenant une distinction entre les « bons migrant·e·s » (les « réfugié·e·s ») et « mauvais·es » (les « migrant·e·s économiques » suspectés d’envahir le marché du travail et de siphonner les aides sociales) ;
  • l’assimilation de l’action des citoyens solidaires au trafic des passeurs résonne avec l’inversion des culpabilités : les États de l’Union européenne ne seraient pas responsables de l’hécatombe en Méditerranée.

Le ministre de l’intérieur vient de se réclamer d’une opinion publique prétendument xénophobe pour justifier l’expulsion des « migrants économiques » afin de « sauver le droit d’asile ».

Le président veut organiser le tri dans des « hotspots » délocalisés dans les pays au sud de la Libye.

Il est temps de sortir de ces discours et de parler du réel. C’est pourquoi Attac soutient le projet proposé par 500 organisations d’une conférence nationale sur la politique migratoire qui se tiendra fin 2017.

Elle en débattra lors de l’université européenne des mouvements sociaux qu’elle organise à Toulouse du 23 au 27 août. Venez nombreux !

Attac appelle aussi à répondre à la demande de financement participatif lancée par Cédric Herrou pour financer les travaux d’améliorations des conditions d’hébergement des migrant·e·s qu’il reçoit chez lui.

Article tiré d’ATTAC France  le 8 août 2017

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