Détention de Loup Bureau en Turquie – Mobilisation civile mais silence gouvernemental

La mobilisation commence à s’organiser en France en soutien au journaliste emprisonné en Turquie, tandis que les autorités françaises n’ont pas encore réagi de manière ferme, comme le déplore son avocat, Martin Pradel.

 

Voilà treize jours que Loup Bureau a été arrêté, mis en examen et incarcéré en Turquie. Le journaliste indépendant français de 27 ans se voit accuser de « participation à un groupe terroriste » par Ankara, qui lui reproche un reportage au Kurdistan irakien daté de 2013.

En France, la mobilisation civile s’organise. Un collectif d’intellectuels français et belges a lancé un appel dans Libération face à cette accusation « totalement infondée, injustifiée, sinon absurde, tant sur le plan politique qu’idéologique » et à cette arrestation « aussi arbitraire qu’abusive, sinon indigne d’un pays civilisé ».

Une pétition, rassemblant 2 800 signatures à cette heure, ainsi qu’une page Facebook(3 000 personnes), ont rapidement été lancées, tandis que Reporters sans frontières et des syndicats de journalistes français et européens (SNJ, CFDT, EFJ ou IFJ) ont appelé à la libération immédiate de Loup Bureau.

Son avocat, Martin Pradel, confirme que le journaliste incarcéré « sait que le comité de soutien est en place mais n’a pas encore conscience de son ampleur ». Il souligne qu’« en revanche, Loup n’a pas conscience de l’inédit de sa situation. L’enjeu est colossal. Les faits dont il est accusé transforment sa situation en cas extrêmement grave. »

D’où l’urgence de la réaction du gouvernement français, qui se fait cruellement attendre. Si le ministère des Affaires étrangères a dit suivre la situation « avec la plus grande attention », celle du gouvernement se fait toujours attendre.

On aurait pu penser que, suite à la multiplication alarmante des affaires de journalistes incarcérés en Turquie (Olivier Bertrand des Jours en novembre et surtout le photographe Mathias Depardon en mai), la France serait plus prompte à réagir.

« Le consul d’Ankara veille évidemment à ce que les droits de Loup Bureau (notamment que ses conditions d’incarcération soient conformes et qu’il ait le droit à un traducteur) soient respectés. Mais pour le moment, les autorités turques font des difficultés à faciliter les contacts avec lui, reconnaît son avocat français, Martin Pradel. S’il était suspecté de faits de violence, on pourrait comprendre la nécessité de son isolement. Le seul fait de terrorisme reproché, c’est un reportage. »

Il est donc urgent de réagir. « Le communiqué officiel du quai d’Orsay est le strict minimum, regrette Martin Pradel. On l’a déjà constaté pour Mathias Depardon, il a fallu attendre que la mobilisation prenne de l’ampleur pour que la France intervienne, à un moment particulier, lors de la bascule entre les équipes de François Hollande et celles d’Emmanuel Macron. »

Pour l’avocat, la position de la France n’est pas assez autoritaire« Vis-à-vis de la Turquie, partenaire historique et interlocuteur privilégié dans la crise migratoire, il y a des réticences à se montrer ferme, notamment quand il s’agit de se positionner sur les libertés publiques. »

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