La lessiveuse Macron

EDITO – Une loi pour rétablir «la confiance» entre citoyens et politiques mais qui fait l’impasse sur l’essentiel : les liens entre pouvoir et argent tout en flirtant dangereusement avec l’antiparlementarisme; une autre qui donne les pleins pouvoirs au gouvernement pour démolir le code du travail par ordonnances… La session extraordinaire du Parlement, ouverte le 1er juillet, s’est achevée hier soir laissant un goût amer. Et pourtant ces premières décisions législatives ne sont qu’une mise en bouche des mauvais coups qui se préparent.

La construction du budget 2018, cet automne, sera en effet l’acte fondateur de ce quinquennat et le ton est déjà donné : austérité à tous les étages pour les services publics.

D’ores et déjà, les budgets sont rabotés pour la fin de l’année 2017: 4,5 milliards d’euros d’économies. Parmi ces coupes, le logement avec la suppression des aides à la pierre (qui auraient permis de construire 12 000 logements) et la baisse scandaleuse des aides : 5 euros par mois pour les allocataires de l’APL, c’est à dire les ménages les plus modestes, à partir du 1er octobre.

Des communes déjà à l’os

Les collectivités locales, qui assurent l’essentiel de l’investissement public, devront économiser 13 milliards sur le quinquennat. Une orientation qui ne peut qu’aggraver les inégalités et qu’appauvrir les services à la population alors que nombre de communes sont déjà à l’os et ne savent pas comment sera compensée la suppression de la taxe d’habitation. Dans ce contexte, on comprend mieux la fronde contre la suppression de la réserve parlementaire qui permet de soutenir des actions utiles et en toute transparence. Mais pour la République en marche, elle est le symbole du «clientélisme». En matière de clientélisme, LREM n’a pourtant pas de leçons à donner. Car ces coupes dans les budgets publics sont décidées pour compenser les cadeaux fiscaux aux plus riches. Le premier ministre l’a annoncé : les impôts vont diminuer. Pour qui ? Les assujettis à l’ISF et les détenteurs du capital. Un clientélisme assumé qui sera financé sur le dos du plus grand nombre.

Françoise Verna
Article tiré de la Marseillaise  le 10 août 2017

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