Médecins sans frontières suspend ses opérations de sauvetage en Méditerranée

L’ONG évoque à la fois la menace que représentent les gardes-côtes libyens et l’attitude des autorités italiennes.

Médecins sans frontières a suspendu ses opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, samedi 12 août, en raison de la menace que représentent les gardes-côtes libyens. La veille, Tripoli avait mis en place une zone de recherche et de secours et limité l’accès des navires humanitaires aux eaux internationales situées au large de la Libye.

L’ONG Médecins sans frontières dit avoir (en italien) été alertée d’un risque pour sa sécurité par le centre opérationnel de surveillance et de sauvetage (MRCC) de Rome.

« Nous suspendons nos activités parce que nous estimons que l’attitude menaçante des gardes-côtes libyens est très sérieuse et que nous ne pouvons pas mettre nos collègues en danger.

Loris de Filippi, président de l’antenne italienne de MSF

MSF dénonce le « code de conduite » de Rome

Médecins sans frontières dénonce également l’attitude des autorités italiennes, qui l’accusent de favoriser le passage clandestin de migrants ou d’inciter les candidats au départ à tenter l’aventure. L’Italie, où doivent se dérouler des élections au début de l’année prochaine, a demandé à l’organisation caritative de signer un code de conduite, ce qu’elle a refusé de faire.

En effet, MSF rejette la présence d’un officier de police italien à bord de ses bateaux d’intervention, comme l’impose ce texte. L’ONG refuse également que ses navires assurent eux-mêmes le convoyage des migrants jusqu’à une destination sûre. Elle voudrait pouvoir rester sur zone et poursuivre sa mission.

« MSF refuse d’être associé à ce système »

Médecins sans frontières dispose en Méditerranée d’un bateau de secours, le Vox Prudence, qui est actuellement amarré dans le port de Catane, en Sicile. Il s’agit du plus gros des bateaux de secours d’ONG actifs au large des côtes libyennes. Fin mai, il avait recueilli notamment un record de 1 500 personne. L’ONG continuera cependant à assurer la logistique et l’assistance sanitaire sur l’Aquarius de SOS Méditerranée, qui se trouve actuellement dans les eaux internationale.

Au cours des six derniers mois, le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé et Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens. Selon Loris De Filippi, ces initiatives menacent les activités de MSF et empêchent l’organisation de travailler comme elle le souhaiterait.

Environ 600 000 migrants sont arrivés en Italie au cours des quatre dernières années, principalement à partir des côtes libyennes. Plus de 13 000 d’entre eux ont péri en tenant la traversée sur des embarcations de fortune ou surchargées. Selon le directeur des opérations de l’ONG, Brice de le Vingne : « MSF refuse d’être associé à un système qui vise, coûte que coûte, à interdire aux gens de chercher un lieu sûr. »

Photo AFP/Francesco Faraci
Article tiré de Franceinfo  le 12 août 2017

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