Réfugiés – A nos frontières, un crime contre l’humanité

Large cercle de résistance samedi à Aix-en-Provence peu après la condamnation dénoncée de Cédric Herrou. Les nombreux militants sensibilisent sur l’inhumanité de l’accueil et les droits bafoués des étrangers.

Beaucoup de monde pour élargir le cercle de résistance qui a eu lieu samedi aux allées Provençales d’Aix.

Plusieurs militants issus d’associations citoyennes diverses y ont protesté, sans paroles, contre l’enfermement des étrangers, les conditions de cet enfermement et les expulsions quotidiennes constatées au mépris total des droits fondamentaux de la personne. Doublement solidaire, malgré les vacances, la chaleur, l’usure et la déception, ce Cercle du silence a été l’occasion d’exprimer un soutien infaillible à Cédric Herrou, quelques jours seulement après sa condamnation à 4 mois de prison avec sursis et alors que l’agriculteur accomplissait son devoir « comme les textes de la République l’y invitent à juste titre », rappelle un des membres.

Indignés, les militants ont vivement dénoncé l’appel du procureur et le jugement outrancier de la cour, qui « criminalise ainsi la solidarité envers les migrants » au nom « d’une justice politique ». La présidente de l’Association pour la solidarité avec les travailleurs immigrés (Asti), Josette Kisraki, écœurée, soumet : « C’est une menace de l’état qui s’ajoute aux reconduites aux frontières déjà insupportables sur une terre dite d’asile. »

A côté, Bernard Lagune d’Attac est aussi très en colère : « Ce qui se passe à nos frontières c’est un crime contre l’humanité, ce sont des milliers de morts, des familles entières qui échouent à nos portes avec des enfants et des bébés et on veut nous enlever la parole et juger notre sens citoyen fraternel ? »

Un non-sens unanimement déploré lors de cette mobilisation mensuelle (tous les seconds samedis du mois) depuis 2009 où, debout, muet, pancarte en mains, il s’agit de résister par son silence, face à l’inhumanité de la situation.

Nouveau procès le 13 septembre

Pour le président de la Ligue des droits de l’Homme, Philippe Sénégas, « on veut particulièrement résister aujourd’hui contre le délit de solidarité car la condamnation de Cédric Herrou est scandaleuse. Il est temps de soutenir l’aide aux réfugiés et aux exilés ! Je crois aussi que cette condamnation va aider le mouvement de résistance à l’heure où le gouvernement exacerbe la xénophobie. » Plus loin, Philippe Chouard, coordinateur du Cercle du silence, déplore également : « Bien sûr on vit très mal cette condamnation qui est une atteinte à l’humanité et à la liberté des personnes. Beaucoup de militants du collectif Agir comme du Cercle sont des aidants et/ou hébergeants. En tout, ce sont 40 familles, soit 110 personnes désœuvrées qui sont accompagnées par nos forces, dans un contexte où en plus l’Etat freine des quatre fers pour l’Aide sociale aux étrangers (ASE). »

Le 10 septembre, un nouveau Cercle du silence appellera à une autre mobilisation devant le tribunal d’Aix le 13 septembre, pour soutenir l’enseignant chercheur Jean-Pierre Mannoni, à l’occasion du délibéré de la cour. Son délit ? Avoir simplement aidé des migrants en tant que citoyen dans le cadre de ce que l’on nomme solidarité et fraternité.

Photo de garde : la Marseillaise
Houda Benallal
Article tiré de la Marseillaise  le 15 août 2017

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