L’Union européenne, nouveau territoire de l’esclavage moderne

Le risque de travail forcé et autres servitudes a davantage augmenté dans l’UE qu’ailleurs dans le monde en 2017, selon une étude de Verisk Maplecroft, agence américaine d’analyse de risque, publiée jeudi dernier. En cause notamment, la crise des réfugiés.

C’est dans l’Union européenne que le risque d’esclavage moderne a le plus augmenté à l’échelle mondiale en 2017, selon une étude de Verisk Maplecroft publiée le 10 août et relevée par Mediapart. En rassemblant les données de 198 pays, l’agence américaine d’analyse de risque a évalué«la fermeté de leurs lois, l’efficacité de leur mise en œuvre, et la gravité de leurs violations» pour construire un index de «risque d’esclavage moderne», une notion recouvrant «l’esclavage, la servitude, le trafic de personnes et le travail forcé».

Le constat est sans appel : au sein de l’UE, 20 pays ont vu ce risque s’accroître. Selon l’étude, ces trafics seraient dopés par la crise des réfugiés, une population particulièrement vulnérable, qui touche le vieux continent. C’est surtout dans les secteurs de l’agriculture, la construction et les services que l’on observe le plus le recours au travail forcé.

Ce sont dans les pays d’entrée des migrants que les risques sont les plus importants : la Bulgarie, la Roumanie, Chypre, la Grèce, et l’Italie sont davantage exposés. Toutefois, «même les plus grosses économies ne sont pas immunes au risque d’augmentation de l’esclavage», souligne le document, pointant notamment l’augmentation de ce risque au Royaume-Uni et en Allemagne.

L’étude alerte aussi sur l’état de l’esclavage moderne aux portes de l’Europe : en Turquie, «l’afflux de réfugiés syriens et la politique restrictive de permis de travail de la Turquie ont amené des milliers de personnes à se tourner vers le travail clandestin». Ainsi, «pour évaluer les risques liés à leurs fournisseurs et leurs produits, les entreprises ne doivent plus seulement faire attention aux points d’approvisionnement dans les économies émergentes», même si les pays asiatiques, ainsi que certains pays d’Afrique subsaharienne et moyen-orientaux restent au cœur des préoccupations sur la question de l’esclavage moderne.

Photo de garde : Cosmos – François Razon
Claire Commissaire
Article tiré de Libération  le 16 août 2017

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