Plus de 2000 migrants évacués dans le nord de Paris

Plus de 2 000 migrants étaient évacués ce vendredi 18 août de campements sauvages installés depuis plusieurs semaines porte de La Chapelle, dans le nord de Paris. C’est la 35e opération du genre en deux ans dans la capitale.

Peu après six heures ce matin, 350 policiers rassemblaient les migrants présents, sac au dos ou petit sac de voyage avec eux, avant qu’ils ne soient évacués à bord d’une trentaine de bus. Originaires essentiellement d’Afghanistan, du Soudan, de Somalie et d’Erythrée, ces migrants sont revenus s’installer dans des campements insalubres disséminés sous l’autoroute ou le long des boulevards extérieurs aux alentours du centre, à proximité du centre humanitaire ouvert en novembre porte de la Chapelle (XVIIIe arrondissement). Plus de 2 800 personnes avaient été évacuées du même endroit le 7 juillet.

Au petit matin, les migrants, en très grande majorité des hommes entre 20 et 30 ans, patientaient dans le calme pour se soumettre au processus de filtrage mis en place par les autorités. Certains se protégeaient de la pluie avec des draps ou des sacs plastiques. « On nous a pas dit où on allait », lâche Ali, un Soudanais de 24 ans. « Je ne sais pas où je vais mais j’irai n’importe où », ajoute son compatriote Rachid, présent Porte de la Chapelle « depuis 21 jours ». « C’est très dur, surtout quand il pleut et la nuit quand il fait froid », confie-t-il.

2 000 places d’hébergement prévues

Mohammed, un Somalien de 25 ans, est, lui, plus inquiet. « On m’a dit qu’il fallait que je retourne en Allemagne », glisse-t-il. Au total, 18 gymnases de région parisienne ont été mobilisés pour les accueillir. « Plus de 2 000 places d’hébergement ont été prévues », a déclaré à l’AFP Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (Ofii).

« C’est une opération d’un nouveau genre parce que l’ensemble des personnes vont subir un contrôle de leur situation administrative et seront ensuite orientées en fonction de leur situation », a souligné le directeur de cabinet du Préfet de police, Yann Drouet. « Les primo-demandeurs d’asile seront orientés dans le dispositif national afin de poursuivre leur démarche en France. Les personnes connues dans un autre Etat membre seront prises en charge temporairement le temps que soit organisé leur retour vers cet Etat membre, qui a seul vocation à instruire leur demande d’asile. Les personnes déboutées du droit ou en situation irrégulière auront vocation à être reconduites à la frontière », ont détaillé dans un communiqué les préfectures de police et d’Ile-de-France.

Les associations préoccupées

« Nous sommes en train de réétudier le dispositif » pour « faire en sorte qu’il n’y ait plus ces lieux de focalisation mais que l’on puisse accueillir [ces migrants, ndlr] dans le dispositif national d’asile, peut-être en amont de Paris », a affirmé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sur RTL, estimant que les évacuations récurrentes depuis deux ans « montrent qu’il y a un dysfonctionnement dans le système parisien ».

Certaines associations se disent préoccupées des intentions du gouvernement qui a affiché sa volonté de distinguer réfugiés politiques et migrants économiques. « C’est très inquiétant, on se demande si ce « tri » ne va pas commencer avec cette évacuation », explique le vice-président de l’association Utopia 56, Yann Manzi. Le gouvernement a présenté mi-juillet un « plan migrants » prévoyant plus de 12 000 places d’hébergement pour les demandeurs d’asile et les réfugiés.

Dénoncé par les associations comme un « énième ajustement d’une politique sans cap », il prévoit notamment des efforts sur l’intégration et de ramener les procédures de demandes d’asile de 14 à six mois, et un durcissement des renvois pour les déboutés. Fin juillet, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il ne voulait « plus personne dans les rues, dans les bois » d’ici « la fin de l’année ». « La première bataille : loger tout le monde dignement. Je veux partout des hébergements d’urgence. Je ne veux plus de femmes et hommes dans les rues », avait-t-il dit. Un projet de loi doit également être présenté en septembre.

« Des gens arrivent tous les jours, donc le problème de l’accueil reste entier »Antoine Bazin, coordinateur pour l’association Utopia 56 à Paris
Photo AFP/Bertrand Guay
Article tiré de RFI  le 18 août 2017
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