Charte de la première dame – «Clarifier» pour ne rien changer

L’Elysée a publié, ce lundi, une charte de transparence censée clarifier le statut de Brigitte Macron. Un texte qui a notamment pour but de faire taire les controverses, sans pour autant modifier réellement le rôle de la première dame.

En avril, le candidat Macron voulait inscrire le statut de la première dame dans la Constitution. En août, le président opte pour un texte sans valeur juridique. L’Elysée a publié, ce lundi, la «charte de la transparence relative au statut du conjoint» sur son site internet. Officiellement, le document a pour but de «clarifier et rendre publics tant la mission du conjoint du chef de l’Etat que les moyens qui lui sont alloués pour la remplir». Officieusement, la mise en ligne de cette charte permet à Emmanuel Macron de tenir – au moins en apparence – sa promesse de candidat, tout en clôturant définitivement la polémique autour du statut de la première dame.

Lorsque Emmanuel Macron affirmait avec conviction sa volonté de «mettre fin à une hypocrisie française» en définissant «un cadre» pour «qu’elle ait un vrai statut et une capacité à faire», sur le plateau de TF1 le 13 avril, les oppositions semblaient bien lointaines. Et pourtant. Une élection et une loi de moralisation de la vie publique plus tard, ce sont plus de 300 000 citoyens qui signent finalement la pétition de Thierry Valette, lancée début juillet. Une initiative qui conteste l’idée «d’un statut spécifique à l’épouse du président Macron». La polémique va même jusqu’à s’inviter à l’Assemblée par le biais du député Insoumis, Ugo Bernalicis, et de sa proposition d’amendement pour qu’aucun moyen ne puisse être alloué au conjoint du président dans le budget de l’Etat.

Représenter la France

Fronde citoyenne ou pas, pas question pour Jupiter de donner l’image d’un président qui renonce. Il s’est donc adapté en optant pour une solution moins clivante : clarifier mais ne rien changer. Comme Valérie Trierweiler et toutes ces prédécesseures, Brigitte Macron ne bénéficie d’aucune rémunération, ni de budget propre. Comme Carla Bruni, elle dispose d’une petite équipe – un chef et un directeur de cabinet, un secrétariat et un service de protection. Comme Bernadette Chirac, elle est notamment chargée de représenter «la France, aux côtés du président de la République, lors des sommets et réunions internationales» ou encore d’accorder son «parrainage ou sa présence, [à] des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France». Selon une évaluation de la Cour des comptes en 2014, les frais inhérents à la première dame représentent environ 450 000 euros, pris sur les 100 millions d’euros du budget annuel de l’Elysée.

On notera qu’un effort de transparence va tout de même s’opérer. Le texte prévoit en effet qu’un «récapitulatif de l’agenda de Madame Brigitte Macron sera rendu public» ainsi qu’un «bilan [régulier] de ses actions». Que les 69% des Français qui se déclaraient opposés à un changement de statut de la première dame (sondage Ifop publié par le magazine Point de vue en mai 2016) se ra

Photo AFP/Michel Euler
Pierre Steinmetz
Article tiré de Libération  le 21 août 2017

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