Mélenchon place «la lutte» au cœur de la rentrée

Après trois jours d’échanges, le rendez-vous de reprise des insoumis s’est achevé dimanche à Marseille sur un discours de leur leader, très offensif contre Macron.

Les insoumis déambulent dans les rues du Panier, quartier niché au centre-ville de Marseille. Ils slaloment entre les locaux et les touristes, se retrouvent sur la place du Refuge, avec des marches en guise de gradins. Le soleil cogne sur les nuques et la musique fait bouger les têtes. Sur une petite terrasse où se tasse la presse, les députés de La France insoumise répondent à la chaîne. Pas un geste de côté, tout est orchestré. Avec le même refrain dans toutes les bouches : la rentrée sera chaude. Le défilé organisé par le mouvement à Paris le 23 septembre est coché en rouge sur les agendas. Une occasion pour La France insoumise de se poser en première force d’opposition. La bande de Mélenchon se voit grande et belle. Et comme une véritable alternative.

Ce dimanche, c’est la fin de la rentrée des insoumis, qui débattent à Marseille depuis trois jours. Une opération réussie. La faculté, près de la gare Saint-Charles, a accueilli près de 3 000 personnes. L’issue de ce type de rendez-vous ne change pas : comme toujours, c’est le chef qui plante la dernière banderille. Jean-Luc Mélenchon monte sur scène à 11 h 30, sous les applaudissements. Le député vante la ville de Marseille, ouverte sur le monde et guettant «vers Alger et Tunis».

Face-à-face direct

A la fin du mois de juillet, le tribun paraissait fatigué après une année de campagne folle. Quelques semaines plus tard, il a l’air en forme. En introduction, il remercie même les chaînes d’information. Alors que la veille, un débat s’était tenu sur le thème «Faut-il dégager la presse ?». Et où les militants de La France insoumise ont répondu «Oui» en chœur.

Tout au long de son discours, Jean-Luc Mélenchon s’est adressé «au peuple», afin de lutter contre le «coup d’Etat social» et le «gouvernement des riches pour les riches». «Pas de bla-bla mais du combat», a-t-il lancé. Le tribun n’a en revanche pas abordé la manifestation du 12 septembre, organisée par les syndicats pour s’opposer à la loi travail. Il y participera avec les siens, mais sa priorité est ailleurs. C’est le rassemblement du 23 septembre qui «n’est pas réservé uniquement aux salariés». Il a invité les retraités et les jeunes à se joindre à lui pour faire tanguer l’Elysée. La France insoumise se pose ainsi au-dessus des syndicats, instaurant un face-à-face direct avec Macron qui chute chaque jour un peu plus dans les sondages. Pas sûr que la CGT apprécie cette démarche.

Bagarre lancée

Si Mélenchon laisse la porte ouverte à tout le monde, il n’a pas changé d’avis durant ses courtes vacances. Pas question de négocier avec les autres partis à gauche ou de participer à des assises. Il en a profité pour lancer une petit pique à ses anciens camarades de la rue de Solférino.«J’ai entendu que le PS voulait changer de nom, mais nous ne jouons plus à ce niveau», a-t-il tonné, sous les applaudissements. Concernant son mouvement, en pleine phase de développement, il a annoncé la tenue d’une convention nationale en novembre, en Seine-Saint-Denis. Une bonne nouvelle pour une partie des militants, aujourd’hui en plein questionnement. Mais pour le moment, l’heure est à «la lutte, la lutte, la lutte». La bagarre est lancée. Et La France insoumise a choisi de se placer au centre de la photo.

Photo de garde : Olivier Monge
Rachid Laïreche
Article tiré de Libération  le 27 avril 2017

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