L’actrice Mireille Darc est morte

Mireille Darc est décédée lundi à l’âge de 79 ans, a annoncé RTL en citant la famille de la comédienne.

Son mari, l’architecte Pascal Desprez qui partageait sa vie depuis 2002, a confirmé l’information, précisant que l’actrice était dans le coma depuis trois jours.

 

Le photographe Richard Melloul  qui a accompagné l’actrice ces dernière semaine témoigne sur RTL :  «Elle avait une passion pour la photographie que l’on partageait évidemment. Je l’ai vue il y a trois jours et après je ne voulais plus la voir parce qu’elle dormait. Elle avait un point de rendez-vous qui était incontournable dans la journée, elle se levait pour manger. Et puis, quand avant-hier elle ne s’est pas réveillée pour déjeuner, j’ai dit « c’est bizarre ». C’était le premier signe d’alerte. Mais bon, ça fait longtemps qu’on s’y attendait. L’image restera. Le personnage restera » avant d’ajouter « C‘était une femme qui avait marqué les années 70, mais je trouve qu’elle n’a pas été démodée, elle est restée actuelle, elle a toujours été moderne.C’est vrai qu’elle a marqué les années 70 mais aujourd’hui elle était toujours aussi jolie, toujours aussi moderne, je retiens de sa carrière surtout que c’est la seule femme qui a été admise dans un monde de macho. Quand on voyait Blier, Ventura, Gabin, tous ces gens-là, c’était la seule femme qui faisait partie de cette troupe et à l’époque c’était rare. Elle était très touchante, même dans ses rapports avec les gens. Elle ne se tournait que vers les autres. Quand on lui parlait d’elle, elle balayait d’un revers de la main pour ne vous parler que de vous »

 

En septembre 2016, elle avait été hospitalisée à Paris à la suite de deux hémorragies cérébrales consécutives. Atteinte depuis l’enfance d’un souffle au cœur, elle subit, en 1980, une opération à cœur ouvert, avant d’être de nouveau opérée en 2013.
Celle qui fut la compagne d’Alain Delon pendant quinze ans avait connu une traversée du désert dans les années 80, après de graves ennuis de santé.
Née Mireille Aigroz le 15 mai 1938 à Toulon, elle avait choisi son pseudonyme en référence à Jeanne d’Arc. L’actrice emblématique des années 1960 et 1970 avait tourné dans une cinquantaine de longs-métrages pour le cinéma, dont 13 avec le réalisateur Georges Lautner. Elle était également célèbre pour son rôle dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d’Yves Robert en 1972.
Délaissée par le cinéma, Mireille Darc était revenue dans les années 1990 sur le devant de la scène par la télévision, renouant avec la popularité dans des rôles de femme décidée et indépendante dans plusieurs séries. Elle avait aussi réalisé plusieurs documentaires sociétaux, comme « Pas sur la bouche », diffusé sur sur France 3 en 2011.

Le monde des médias, du cinéma et de la culture salue une femme généreuse, accessible et une grande actrice populaire :

« Une grande figure du cinéma français nous quitte. Mireille Darc était une actrice de talent, une femme de courage et d’engagement« , a notamment tweeté la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

Frédérique Bredin, Présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) salue la mémoire de l’actrice : « Egérie de Georges Lautner, il lui a offert une place magistrale dans le monde du 7e art avec 13 films tournés ensemble, dont l’inoubliable Les Barbouzes. Sex-symbol aux côtés de Pierre Richard dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d’Yves Robert, elle nous laisse dans ce film une scène devenue culte. Blonde fatale, fausse ingénue au sourire mutin, Mireille Darc a été toute sa vie une femme libre, une battante acharnée. Réalisatrice engagée sur de nombreux sujets sociétaux, « La grande sauterelle » était une des plus grandes icônes du cinéma français.« 

Jean Sagols, le réalisateur Des cœurs brûlés, dont Mireille Darc était l’héroine déclare avoir perdu « … Une amie une comédienne avec qui j’ai fait un grand parcours. C’était quelqu’un qui était dans le cœur de beaucoup de français… C’est toute une mémoire du cinéma qui disparait… A la différence d’Annie Girardot qui était populaire, elle, elle l’était sans l’être. Elle avait cette espèce de réserve qui faisait que les gens l’approchaient avec délicatesse. Elle était respectée et aimée. »

Article tiré de l’Humanité  le 28 août 2017

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