Emmanuel Macron veut réformer la SNCF

Emmanuel Macron envisage une vaste réforme de la SNCF à l’horizon 2018-2019. Ce chantier – un véritable champ de mines – passera notamment, souhaite le chef de l’Etat, par la suppression rapide des régimes spéciaux de retraite, un sujet très sensible pour le personnel qui doit aussi se préparer à l’ouverture à la concurrence. C’est un véritable plan stratégique qu’a dévoilé Emmanuel Macron dans la revue interne du groupe, au milieu de l’été. Risquant de pimenter un peu plus la rentrée sociale.

L’actualité ferroviaire de l’été 2017 a été principalement marquée par les inaugurations en grande pompe des tronçons de lignes TGV vers Rennes et Bordeaux. Est donc passé inaperçu l’entretien présidentiel avec des agents SNCF, qui a été publié en juillet dans la revue interne du groupe, Les Infos Le Mag, relayé par Le Monde et qu’a consulté l’AFP. Pourtant, le président y dévoile, dans les grandes lignes, ses ambitions pour le groupe public. Sans prendre de détours.

Sur trois pages, Emmanuel Macron défend en effet un projet de transformation profonde devant les cheminots. « Nous demandons à SNCF d’aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite », déclare-t-il dans l’entretien. En échange de cette concession, il propose que l’Etat allège la dette de la SNCF et accentue les investissements publics vers l’entretien des lignes. La SNCF accuse une une dette de 44,9 milliards d’euros pour SNCF Réseau et 7,9 milliards pour SNCF Mobilités.

« Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé […]. Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer », avait-il lancé à un agent qui l’interrogeait sur le futur du groupe, rapporte Le Monde. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle. »

Emmanuel Macron souhaiterait voir une loi-cadre au mitan de l’année 2018.

Régimes spéciaux, concurrence, développement des services

Concrètement, cela passe par différentes remises en cause qui s’annoncent explosives. Dans la ligne de mire, la suppression à partir de l’an prochain des régimes spéciaux de retraite dont bénéficient historiquement les cheminots.

« Ce qui a été acquis dans les régimes passés reste acquis et vous cotisez à un nouveau régime. Je pense que c’est très important, parce que cela va redonner de la confiance dans le système », déclare M. Macron, évoquant un « top départ » de la réforme à la mi-2018 ou début 2019. « Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »

Le président aborde également un autre sujet crucial pour le groupe français : la fin du monopole de la SNCF. Deux sénateurs ont présenté mercredi une proposition de loi qu’ils espèrent voir débattue avant la fin de l’année. l’ouverture à la concurrence doit permettre d’améliorer le service offert aux voyageurs, et est « indispensable pour sauver le soldat SNCF».

« Je pense que si SNCF, avec toute la force que vous représentez, sait s’adapter, elle sera le champion (de la concurrence, ndlr), a encore déclaré Emmanuel Macron. La concurrence va aider SNCF dans les évolutions qui sont déjà en cours. »

Enfin, le chef d’Etat veut aller plus loin en ne limitant plus la SCNF à sa seule activité ferroviaire. Elle doit devenir une « entreprise d’agrégation de mobilités ». Il faut l’ouvrir, explique-t-il, aux services existants, des taxis au covoiturage, en passant par les vélos.

«Les cheminots ne tomberont pas dans le piège»

A la sortie du Conseil des ministres, ce mercredi 6 septembre, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré temporiser. « Pas d’emballement », a-t-il commenté. « Il n’y a aucune annonce particulière ni d’élément de calendrier nouveau. » Et de préciser que cette réforme des régimes spéciaux fait partie de « l’ensemble du projet de réforme des retraites », qui fera l’objet « d’une loi-cadre qui sera présentée à l’été 2018 ».

La publication n’avait pas plus reçu d’échos chez les syndicats du rail que dans les médias. Affairée à la préparation de la rentrée et des actions envisagées le 12 septembre contre le Code du travail, la CGT-Cheminot, premier syndicat à la SNCF, dénonce une « stratégie du contre-feu ».

Photo Reuters/Christian Hartmann
Article tiré de RFI . le 6 septembre 2017

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