Pierre Laurent – « Il y a besoin d’élever le niveau de riposte sociale»

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, est à Marseille ce jeudi à l’occasion de la rentrée des communistes des Bouches-du-Rhône.

A quelques jours de la mobilisation du 12 septembre et du grand rendez-vous politique de la fête de l’Humanité, le dirigeant politique s’exprime sur les enjeux politiques du moment et le rôle et la place des communistes.

Vous-êtes aujourd’hui à Marseille pour la rentrée des communistes des Bouches-du-Rhône, une visite qui n’a rien d’ordinaire dans le contexte actuel ?
Nous sommes dans une rentrée marquée par la riposte aux ordonnances Macron et par le besoin d’élever le plus vite possible le niveau de riposte sociale au gouvernement. Dans la tournée que j’effectue des fédérations avant la journée de mobilisation syndicale du 12 septembre, la fête de l’Humanité et les rendez-vous qui suivront, la fédération des Bouches-du-Rhône que je sais engagée était une étape naturelle. Pierre Dharréville*, a joué cet été avec les autres députés un rôle de premier plan dans la bataille parlementaire, ma venue est à la fois l’occasion d’envoyer un signal de mobilisation et prendre le pouls du débat des communistes d’une fédération importante.

Quelle doit être la place des communistes dans cette bataille contre les ordonnances Macron ?
J’espère qu’elle sera la plus active et la plus combative possible et je vois les signes de cet engagement se multiplier avec satisfaction sur tout le territoire. Cet été nos parlementaires ont été au combat à l’Assemblée nationale comme au Sénat, mais maintenant, nous sommes passés à une autre phase qui est celle à la fois de poursuivre le travail de vérité sur les ordonnances après la publication du texte par le gouvernement et puis le travail de mobilisation concrète. Les communistes sont engagés dans ce double travail de vérité et de discussion dans le pays et puis de transformation des inquiétudes existantes en mobilisation. Nous nous concentrons sur ces deux premiers rendez-vous qui vont être importants pour la suite que sont la journée de mobilisation syndicale du 12 et la fête de l’Humanité où nous savons que la jeunesse va être massivement présente. Nous voulons faire de la fête de l’Humanité, un moment de jonction entre le mouvement social et la jeunesse. Ce sont de premiers rendez-vous, car nous savons que les organisations syndicales vont en annoncer d’autres, il y aura d’autres étapes de mobilisation. J’appelle les communistes à se concentrer sur la réussite de ces premières étapes, parce qu’elles seront le tremplin indispensable pour la suite.

La fête de l’Humanité est-elle une caisse de résonance du mouvement social ?
Bien entendu c’est toujours un endroit de convergence du mouvement social sur les ordonnances, mais aussi sur les mobilisations qui continuent dans le pays pour l’emploi, pour la jeunesse sur la situation de la rentrée scolaire et universitaire, sur les contrats aidés. C’est toujours un rendez-vous de l’ensemble des forces de gauche. Il y aura dans les débats des dirigeants de la France Insoumise, des parlementaire de FI, des responsables du nouveau mouvement de Benoît Hamon, d’autres responsables écologistes d’autres formations de gauche. C’est toujours un moment d’effervescence sociale et politique qui permet non seulement d’être une caisse de résonance des luttes, mais aussi d’être un moment d’accélération des convergences et du niveau de mobilisation populaire.

Le PCF va tenir un congrès extraordinaire, il consiste a engager les communistes à se réinventer. Qu’est-ce que cela signifie ?
La perspective du congrès est prévue pour 2018. Nous voulons prendre une année de travail pour repenser notre action politique. D’abord parce que le paysage politique a changé, parce que la situation de la gauche a été bouleversée par les élections et nous y avons contribué en étant engagé dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Mais maintenant il faut sur ces bases inventer un nouvel avenir, une reconstruction. Le parti communiste est interrogé par la situation et par des résultats électoraux qui ont été contrastés avec l’élection d’un groupe à l’Assemblé nationale, mais aussi des résultats législatifs insuffisants et parfois en décalage avec la percée de certaines de nos idées dans la société. Nous voulons repenser notre action politique en passant en revue toutes les questions et en procédant à tous les changements nécessaires dans notre mode de vie, d’organisation, notre manière de communiquer pour être plus efficace sur la situation qui s’annonce. Donc la date définitive de notre congrès n’est pas encore fixé en 2018, mais tout cela commencera par une période de consultation des communistes que nous allons engager à la fête de l’Humanité et qui se conclura le 18 novembre par une assemblée nationale des responsables locaux du PCF, pour lancer définitivement la préparation du congrès et décider de sa date.

Chacun doit se sentir concerné. Nous ne devons pas craindre l’audace de nos propres changements. Nous avons de grandes capacités d’action sur le terrain, mais nous avons aussi des problèmes de lisibilité de politique nationale, il y a des choses à changer dans la manière dont nous communiquons avec la société et je pense que les communistes doivent tous s’impliquer dans ce chantier parce que le moment est venu d’inventer une nouvelle manière de projeter notre combat dans l’avenir.

Il y a aujourd’hui une difficulté à rassembler la gauche, quelle est la stratégie du PCF face à ce constat ?
L’effort de reconstruction et de rassemblement des forces de gauche va prendre un peu de temps. Aujourd’hui les forces constituées et actives s’appellent la France Insoumise et le PCF. Mais les autres forces ont été explosées, émiettées par la crise politique qui a traversé la gauche. Des millions de gens se sentent désorientés. L’effort que nous devons faire doit s’inscrire pour reconstruire une gauche majoritaire dans la durée, sans prétention hégémonique de qui que ce soit, mais plutôt en travaillant dans le durée, le respect de toutes ces forces. C’est dans cet esprit que les communistes vont s’attaquer à ce chantier du futur.

Entretien réalisé par Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 7 septembre 2017

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