Réactions au projet de loi Hulot relatif à l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures en France

Ce mercredi 6 septembre, les collectifs Non au Pétrole et Gaz de Schiste et de Couche et l’Apel 57, ainsi que 350.org, les Amis de la Terre et Attac France ont donné une conférence de presse pour présenter leurs réactions au projet de loi Hulot « relatif à l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures », en souligner les avancées et décrypter les principales lacunes et présenter leurs revendications.

Pour Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France, « vouloir « mettre fin aux énergies fossiles », comme l’annonce Nicolas Hulot, n’est pas une option parmi d’autres, mais une condition sine qua non d’une réponse à la hauteur des défis climatiques : ceux qui s’y refusent se placent dans le camp du déni, celui de Donald Trump. Il est temps de mettre un terme à l’expansion de l’industrie des énergies fossiles et nul ne peut accepter que le projet de loi de Nicolas Hulot ne couvre pas l’ensemble de la (faible) production de pétrole et de gaz en France. A l’exemplarité affichée dans les discours aurait dû correspondre un projet de loi sans faille ; ce n’est malheureusement pas le cas ».

Isabelle Lévy, pour le collectif du pays fertois « Non au pétrole de schiste 77 », considère que « ce projet de loi prévoit d’interdire dès aujourd’hui les hydrocarbures non conventionnels, « en excluant les hydrocarbures contenus dans les couches de charbon ». Il y a donc confusion entre gaz de couche et gaz de mine. Pourtant, ce gaz de couche (ou encore CBM) n’a rien à voir avec le gaz de mine qu’on appelle le grisou. Le grisou doit absolument être capturé, il est dangereux, tandis que le gaz de couche, lui, ne présente aucun danger. Il doit donc rester, comme tous les autres hydrocarbures fossiles, dans le sol ».

Anaëlle Lantonnois, pour l’Apel 57, explique que « l’exploration du gaz de couche a commencé en 2004 en Lorraine. « La Française de l’énergie » (une entreprise australienne) explore le sous sol lorrain depuis dix ans, et toutes leurs tentatives se sont soldées par des échecs. Dans tous les pays où le gaz de couche est exploité, les impacts environnementaux sont avérés et documentés. En Lorraine comme ailleurs, le gaz de couche doit rester dans le sol ».

Juliette Renaud, chargée de campagne sur les industries extractives aux Amis de la Terre poursuit : « La loi ne dit rien de la trentaine de permis de recherche existants, qui pourront donc normalement déboucher sur autant de concessions. L’État ne veut pas toucher aux permis actuels pour une question principalement financière : la remise en cause du droit quasi-automatique des industriels à obtenir une concession après le permis de recherche donnerait lieu à de nombreux contentieux et demandes d’indemnisations. Mais juridiquement, il serait tout à fait possible de restreindre ce « droit de suite » afin de redonner à l’État la possibilité de refuser des concessions au vu des risques environnementaux et de l’urgence climatique ».

Pour Nicolas Haeringer, chargé de campagne pour 350.org, « il s’agit d’une loi à l’évidence symbolique. Or le problème, c’est que les symboles ne s’accommodent pas de demi-mesures. Les gisements actuellement exploités partout dans le monde contiennent suffisamment d’hydrocarbures pour nous faire sortir de la trajectoire d’un réchauffement de 2°C maximum. Il faut donc que le texte aille plus loin et bloque l’octroi de tout permis d’exploitation (et non uniquement de tout nouveau permis de recherche), comme préalable à une fermeture anticipée et progressive d’un certain nombre de puits d’hydrocarbures. C’est la seule manière de tenir les objectifs contenus dans l’Accord de Paris ».

Photo Wikimedia Commons
Article tiré d’ATTAC France  le 7 septembre 2017

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