Hôpital public, la loi du marché

Pour combler le déficit de la Sécurité sociale, l’Etat impose aux médecins, infirmières, aides-soignants ou directeurs de nouvelles méthodes de gestion. Mais cette pression économique menace la mission même de l’hôpital public…

Productivité ! Rentabilité ! Management ! Equilibre budgétaire ! Ces règles d’or de l’entreprise privée s’appliquent désormais… à l’hôpital public. Pour combler le déficit de la Sécurité sociale (6,1 milliards d’euros cette année), l’Etat impose aux médecins, infirmières, aides-soignants ou directeurs de nouvelles méthodes de gestion.

A ce chef de service de réanimation, on demande, comme à un cadre du privé, de faire mieux avec moins de personnel et du matériel vieillissant. Ces infirmières, comme des ouvrières à la chaîne, doivent consacrer à la toilette de leurs patients un temps limité, calculé au plus juste. Le directeur de cet hôpital, tel un patron de PME, tente de convaincre les banques de lui prêter de l’argent pour ne pas mettre la clé sous la porte…

Jusqu’au suicide ou à l’erreur médicale

Cette transformation radicale ne va pas sans casse. Manifestations, grèves, services surchargés, personnel surmené et déprimé. Jusqu’au suicide ou à l’erreur médicale. Des petits hôpitaux de région jusqu’aux CHU les plus réputés, des urgences du quotidien aux services de pointe, enquête dans des établissements où la pression économique menace la mission même de l’hôpital public.

Une enquête de Julie Pichot, enquête Envoyé spécial
Article tiré de Franceinfo  le 8 septembre 2017

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