L’accord avec les routiers, premier recul de Macron sur la loi Travail

Les représentants des syndicats et des patrons des routiers ont conclu ce mercredi 4 octobre au ministère des Transports un accord paraphé par le gouvernement. Il sanctuarise au niveau de la branche certaines primes menacées par le nouveau Code du travail.

L’accord est la première concession du gouvernement concernant les ordonnances de la loi Travail. Il fixe en effet au niveau de la branche professionnelle les décisions concernant les primes des routiers, par exemple celle sur l’ancienneté, les frais de déplacement, ou encore le 13e mois.

Ce sont des primes importantes qui peuvent représenter jusqu’à 20% de la paie des routiers. Ces derniers s’inquiétaient d’une possible baisse de leurs rémunérations si, comme le prévoient les ordonnances, ces primes s’étaient négociées au sein des entreprises, notamment dans les TPE et PME où la concurrence est forte.

En délogeant du champ d’application le secteur du transport, l’accord risque de créer une première brèche dans les ordonnances. La porte est dorénavant ouverte à d’autres revendications sectorielles, même si les ministres du Travail et des Transports se sont empressées d’assurer que l’ensemble de ces règles sont intégrées dans un nouvel accord de branche, pleinement compatible avec les ordonnances.

Recul face à la pression syndicale

Cet accord intervient après un mouvement social mené la semaine passée par la CGT et FO avec des barrages filtrants, et opérations escargot. A leur tour, deux autres syndicats de routiers, la CFDT et la CFTC ont menacé de paralyser la France la semaine prochaine en bloquant les routes et les stations-service.

Craignant donc une montée en puissance du mouvement, le gouvernement a préféré lâcher du lest. Un scénario qui rappelle mai 2016, où les routiers ont obtenu que le projet de loi Travail défendu par Myriam El Khomri ne modifie pas leur régime dérogatoire sur les heures supplémentaires.

Contexte social tendu

Force ouvrière vient de grossir les rangs de la mobilisation contre les ordonnances. Contraint par sa base, le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, a annoncé ce mercredi qu’il compte organiser une journée de mobilisation contre la réforme du Code du travail. Il rejoint ainsi la CGT et Sud qui ont déjà battu le pavé le 12 et 21 septembre.

Cette semaine également, la CFDT, la CGT et FO ont durci le ton contre les réformes à venir sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage. Les secrétaires généraux des trois syndicats ont lancé un avertissement au président Emmanuel Macron qui doit rencontrer les partenaires sociaux les 12 et 13 octobre, soit deux jours après la grève générale des fonctionnaires. Tous les syndicats de la fonction publique appellent en effet à une grève nationale le 10 octobre contre la baisse du pouvoir d’achat.

Photo de garde : REUTERS – Regis Duvignau
Altin Lazaj
Article tiré de RFI  le 5 octobre 2017

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